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Écrit par Danny Van Hemelen - samedi, 31 décembre 1994
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BB King
31-12-1994

On pourrait écrire cinquante millions de choses à propos de BB King. Déjà parce qu'il n'est pas courant qu'un musicien âgé de 64 ans (NDR : à l'époque, il en a 69 aujourd'hui) soit courtisé par un groupe aussi célèbre et représentatif auprès du public jeune que U2. La formation irlandaise l’avait sollicité pour participer à l'enregistrement du titre "When love comes to town" pour l'album "Rattle & Hum" et l’a aussi invité à participer à la tournée qui a suivi (trois mois comme invité spécial). Toute une série d’événements que la bande à Bono estimait comme un honneur pour eux. D'abord un brin d'histoire pour rappeler que BB King est considéré comme le roi du blues. Il a enregistré son premier long playing en 1949 et en a publié plus de cinquante autres depuis. Il a accordé plusieurs milliers de concerts dans le monde entier (jusqu'au Ghana, Tchad et Libéria) et figure (ou figurait) parmi les influences majeures d’artistes comme Eric Clapton ou Jimi Hendrix. Il a eu droit à son étoile dans la célèbre ‘Hollywood Walk Of Fame’, entre celle de Milton Berle et Vivian Leigh. Ce BB King sort un box de 4 compact-discs retraçant son histoire et proposant quelques titres inédits. Ce qui méritait bien une interview!

Apprendre: fondamental !

Tu as apporté ta collaboration à une multitude de gens : Carole King, Gary Moore, Steve Marriott, Paulinho da Costa, Vernon Reid, Stevie Wonder ou encore U2. Est-ce le signe d’une recherche continue de ‘mise à jour’ de ta part?

La musique bouge et d'ailleurs pas uniquement le blues. J'aime bien travailler en compagnie d’autres personnes. Je suis assez sélectif mais j'apprécie le procédé. Je suis conscient que ce type d'expérience t’enrichit. Pour moi, c'est le cas. Ce qui me permet d'apprendre davantage. C'est fondamental. J'ai encore besoin d'éprouver le sentiment de découvrir. C'est très important et agréable pour un type de mon âge.

Qu'as-tu retiré de ta collaboration avec U2, par exemple?

Enormément. Ces gens sont très doués et vraiment très forts. Ils voulaient que j'accepte de me produire avec eux et j'ai eu raison d’accepter. "When love cames ta town" est une des meilleures chansons sur lesquelles j'ai joué. C’est peut-être bizarre, mais cette collaboration m'a aussi servi à me faire connaître auprès du jeune public noir ! Les jeunes noirs écoutent bien plus U2 que du blues comme j'en joue. Il m'est arrivé régulièrement depuis quelques temps d'être reconnu par des jeunes noirs qui s'écrient : ‘Yeah; regarde, c'est le gars qui a joué avec U2!’. C'est amusant et drôlement gratifiant pour moi. Je suis à chaque fois fier d'entendre ces réflexions !

Le blues a-t-il gardé, selon toi, la signification sociale propre aux noirs américains?

Les temps ont changé. Le blues est toujours présent mais il côtoie d'autres musiques. Les jeunes noirs font et écoutent beaucoup de rap, y compris du rap joué par des blancs. Et c'est fort bien ainsi. Il est vrai que le blues est par essence une musique liée aux noirs mais peu importe la couleur du musicien qui en joue, finalement. L'important est que la musique soit bonne et le reste me paraît accessoire. Evidemment, je pense que le blues a ouvert des tas de débouchés. Quand j'entends certaines chansons interprétées par des gens comme Prince, j’y retrouve certains éléments du blues. Perso, le blues est comme un tronc à partir duquel des tas de branches diverses se sont développées. Plus j'écoute de la musique, plus j'en suis persuadé.

Manger quand on n'a pas faim

Comment garde-t-on une certaine fraîcheur dans la créativité, lorsqu'on défend un même genre musical depuis près de 50 ans et qu'on est devenu le personnage le plus représentatif de ce style?

Pas trop un problème pour moi. J'ai envie de jouer, j'ai envie d'enregistrer, c'est tout simple. Je suis toujours très motivé et je viens jouer dès qu'on réclame ma présence. J'ai toujours autant envie de partager le bonheur que je ressens lorsque je suis sur scène. C'est ce qui alimente mon jeu, mon travail. Au niveau de l'écriture plus particulièrement, je me contente de ne rien brusquer. L’inspiration doit arriver naturellement. Tu ne fais rien de spécial, tu ne penses à rien de précis et puis une idée survient... Ecrire un album revient à rassembler une série d'événements ainsi. Un album est une suite d'idées, de moments d'inspiration. Se forcer à écrire c'est comme s'obliger à manger quelque chose quand on n'a pas faim. Cela ne te goûte pas.

En tant que ‘patriarche’, tu es intéressé par ta succession? Crois-tu qu'il existe des talents pour prendre la relève ?

Et comment! Je connais beaucoup de très, très bons musiciens. Je viens même de travailler en Australie avec un gamin de douze ans dont le jeu est extraordinaire. On va beaucoup en entendre parler. Il s’appelle Nathan Cavaleri. A son âge, il joue bien mieux que des tas de gens bien plus confirmés. Les jeunes d'aujourd'hui vivent bien plus avec la musique. La technologie le permet ; tiens, déjà rien que ces petits appareils, ces walkmans, qu'on se met en poche et qui permettent d'écouter de la musique partout, c’est super! Aujourd'hui, cette nouvelle génération a accès à la musique et à la technologie. Cela porte ses fruits.

(Article paru dans le n°29 du magazine Mofo de décembre 1994)

 





 
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