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Blur plutôt qu’Oasis…

Écrit par Bernard Dagnies - lundi, 30 mars 1998
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Bis
31-03-1998

En 32 ans d'existence, le ‘Top of the Pops’ n'avait jamais connu un tel événement : programmer un groupe non signé. Au début 96, Bis, jeune trio écossais n'avait pas encore conclu le moindre contrat au moment de son passage télé. Depuis, la formation –constituée de Manda Rin, de John Disco et de Sci-fi Steve– a déniché un label (Wiiija, en l'occurrence), sorti quelques Eps et un premier album (« New transistor heroes »). Le groupe a aussi effectué un saut par la Belqique, au Pukkelpop, où Bis a donné une prestation remarquable au point qu'on peut considérer qu'il figure parmi les rares révélations du festival. C'est Manda, la chanteuse/claviériste et John, le bassiste, qui ont accepté de répondre à nos questions.

Ce passage à ‘Top of the Pops’ est un bon souvenir? 

J : Oui, nous nous en souviendrons encore longtemps. Beaucoup de monde nous associe, encore aujourd'hui, à l'émission. Même si depuis, nous n'y avons plus été invités...
M : Ce qui était exaltant pour nous, ce n'est pas d'y être passés alors que nous n'avions pas de contrat, mais bien d'être programmés dans cette émission légendaire, entre Take That et Gary Numan... qui est un héros de John! C'est un rêve d'enfance de pouvoir y participer. ‘Top of the Pops’ nous semble avoir toujours existé...

Lorsque vous étiez jeunes, vous regardiez souvent cette émission?

J : Oh, tu sais, Top of the Pops était programmé tous les jeudis soirs. On la regardait après avoir avalé son 4 heures. On ne l'aurait manquée pour rien au monde.

Sci-fi Steve, John Disco et Manda Rin : pourquoi tous ces surnoms?

J : Pour le plaisir, l'esthétique. Les noms de famille sont ennuyeux !
M : Et ce choix permet d'éviter qu'un tueur fou ne regarde dans l'annuaire pour rechercher notre adresse!

Qui a dessiné de la pochette de votre album? Que représentent pour vous la BD japonaise, les mangas ou ‘Dragonball’?

M : C'est moi qui me suis chargé du graphisme de la couverture, mais nous avons tous collaboré aux dessins et au montage à l'intérieur du livret. J'aime beaucoup le dessin, tandis que John et Steve préfèrent le collage et l'assemblage... Je me suis toujours beaucoup intéressée à la BD japonaise, mais elle n'est pas très populaire en Ecosse. En ce qui concerne l'art japonais, je ne l'ai découvert que récemment, et je dois avouer qu'il a quelque chose qui me fascine.
J : Nous apprécions tous la culture asiatique, japonaise en particulier. En plus, nous sommes devenus rès populaires au Japon!
M : Nous y avons vendu 100 000 albums au cours des deux premières semaines de sa sortie. C'est dingue. Nous sommes donc devenus des stars quelque part dans le monde!

Un amour pour Blur

Est-il exact que vous souhaitez devenir aussi populaires qu'Oasis et Blur réunis?

M : Et même plus importants!
J : Ce serait vraiment bien si nous pouvions convaincre les fans d'Oasis d'aimer Bis. Mais apparemment, auprès des fans d'Oasis, cela n'a pas tellement l'air de marcher.
M : De toute façon, moi, je ne suis pas une grande admiratrice d'Oasis. Et puis, ils ne sont pas très intéressants, lorsqu'ils se produisent sur scène : il n'y a rien à voir! Je préfère un concert de Blur. Ca déménage beaucoup plus. Blur est un des rares groupes que nous aimons tous les trois! En fait, nous avons des goûts musicaux différents. Nous sommes très proches de Blur, parce que leur musique change constamment. Lorsqu'ils composent de nouvelles chansons, on ne sait jamais à quoi s'attendre. Elles peuvent être rapides, lentes. Alex et Graham peuvent aussi suppléer Daman au chant. Et cette formule s'apparente très fort à celle de Bis. Oasis, on sait exactement à quoi leur prochain single va ressembler : toujours le même rythme. Ce n'est pas le cas chez Blur.
J : Ouais, et Radiohead aussi est bien plus attachant que le groupe des frères Gallagher...
M : Il y existe beaucoup de groupes plus passionnants qu'Oasis. J'ai l'impression que les gens se sentent obligés d'acheter leur album pour être dans le coup. En ce qui nous concerne, nous voudrions réussir, mais tout en conservant le contrôle de notre création, de notre avenir. La plupart des formations qui deviennent très importantes sont souvent dépassées par les événements. Elles prennent leurs distances vis à vis de leurs fans. L’idéal pour nous, ce serait de rester proches de notre public.

Que représentent pour vous les influences qu'on vous prête comme X-Ray Spex ou les B52's?

M : X-Ray Spex? Je les ai seulement découverts lorsque des magazines nous ont comparé avec eux et finalement, j’avoue qu'ils me plaisent beaucoup. Leur album est remarquable. Et dans ces conditions, si nous sommes souvent comparés à ce groupe, c'est plutôt bien.
J : Les B52's n'étaient pas non plus un groupe ordinaire. Ils avaient quelque chose d'unique, le public n'était pas trop habitué à leur style. C’est sans doute ce qui les a rendus célèbres.
M : ils n'ont pas peur de montrer qu'ils sont heureux. Beaucoup de groupes ont peur de sourire sur les photos, de peur de ne pas avoir l'air cool. Je suppose aussi que les mélodies au clavier ont quelque chose de commun avec nous. Et puis peut-être aussi cette joie qui transpire de leur musique? Hors de ce contexte, la chanteuse des B52's ne serait sûrement pas très heureuse si on comparait ma voix et la sienne! Ce serait d'ailleurs abusif ! Pourtant, j'adorerais chanter comme elle, mais je ne sais pas, question de timbre! Et puis, il y a plus de mordant dans mes inflexions, non ?

Sur votre album, deux chansons (« Everybody thinks » et « Dinosaur germs ») sont particulièrement marquées par le ska. Comment avez-vous pu être influencés par cette musique qui était en vogue alors que... vous veniez à peine de naître?

J : Les Specials et Madness sont mes groupes préférés! Ce sont des formations sur lesquelles nous pouvons nous appuyer, parce que leur musique était rafraîchissante et leurs prestations live toujours délirantes. A 2 ou 3 ans, j'avais déjà leurs disques! Et j'ai continué à les écouter jusqu'à mes douze ans.

L’école forcément !

Pourquoi la plupart des vos textes concernent-ils l'école, les drogues et le vandalisme?

M : John, comme moi, n'a que 20 ans, et Steven à peine 21. La plupart de notre vécu, c'est l'école où nous avons passé plus de 10 ans. Et puis, l'école est forcément un épisode de la vie qu'on n'oublie pas. Les autres sujets que tu cites : la violence? Je ne sais pas vraiment... La drogue? Je suis tout à fait contre...

N'est-il pas paradoxal d'afficher un look très juvénile, alors qu'au moins l'un d'entre vous pense que l'enfance était horrible? 

J : Le commun des mortels pense que dès tes 18 ans, tu dois devenir un adulte, te comporter comme un adulte et penser comme un adulte. Il est utopique de changer d'apparence et d'état d'esprit, à cet âge-là. Nous n'avons pas honte de chanter les plaisirs de la jeunesse, même si en général, il n’est pas courant de se focaliser sur ce type de sujet. Nous décrivons ce qui nous rend heureux ou tristes, et puisque nous avons souvent été heureux pendant notre jeunesse, nous en parlons. La jeunesse nous inspire plus que l'amour, par exemple, parce que là, nous ne savons pas très bien de quoi parler!

(Merci à Jean-Baptiste Ducrotois)

Article paru dans le n°51 de mars 1998 su magazine Mofo





 
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