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Tout feu tout flamme!

Écrit par Bernard Dagnies - jeudi, 25 mars 2010
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Blood Red Shoes
21-01-2010

Le second album de Blood Red Shoes est paru ce 1er mars 2010. Et il s’intitule « Fire Like This ». Réputé pour ses prestations incendiaires, le duo de Brighton est réduit à un couple. A l’instar des Kills et des White Stripes. Steven Ansell se charge de la batterie et Laura-Mary Carter, la guitare. Ils se partagent les parties vocales. Steven et Laura-Mary (NDR : très belle fille !) se sont prêtés volontiers au feu des questions allumé par Musiczine…

Apparemment, vous êtes passionnés par le cinéma. Votre nouvel album s’intitule « Fire Like this », une référence, je suppose, au film de David Lynch, « Twin Peaks ». Est-ce que ce long métrage constitue un symbole pour vous ?

S. : En partie. Mais c’est une des raisons pour laquelle nous avons choisi ce titre. Il en existe cependant 25 autres. Le feu, c’est comme une passion créatrice. De la création et en même temps de la destruction. De l’excitation et du danger, aussi.
L-M. : Cette notion est illustrée par l’image reproduite sur la pochette ; une sensation de fièvre lorsqu’on se brûle les mains…

Vous aimez, semble-t-il, également les films d’horreur et les thrillers. ‘Jack l’éventreur’ et les histoires de vampires, je suppose. Bref, où il y a du sang, des couteaux, de la terreur et des meurtres. Etes-vous des disciples des Cramps ?

L-M. : A une certaine époque, j’étais vraiment une fan. Au fil du temps j’ai un peu décroché (NDR : Lux Interior est décédé l’an dernier)
S. : Ce qui m’a toujours plu chez eux, c’est leur attitude malsaine, sordide, agressive, un peu perverse…

Que représente le mouvement ‘Riot Grrrrl’ pour Laura ? Et je pense plus particulièrement à des groupes comme Blake Babes, Breeders ou Babes In Toyland ? 

L-M. : Notre démarche n’a jamais été politique, ni féministe. Nous sommes davantage orientés vers la recherche des émotions.
S. : Bikini Kill était vraiment féministe. On est plus proche d’un Babes In Toyland. Un peu dans l’esprit ‘fuck you’.
L-M. : Leur attitude était vraiment punk ; mais je ne pense pas qu’elles se tracassaient beaucoup pour les lyrics. Elles privilégiaient le feeling…

Vous avez déclaré que vous véhiculiez une énergie destructrice en vous. Prôneriez-vous le nihilisme ?

S. : (rires). Mais non ! Par contre on pourrait trouver une explication dans le style du jeu de guitare, car notre inspiration vient du punk, du hardcore US des eighties ; et puis de groupes comme les Stooges, Nirvana ou encore Babes In Toyland. C’est notre musique qui libère cette énergie agressive et destructrice. Briser, fracasser, sont des actes cruciaux du concert. Et puis, nous sommes aussi prédateurs, parce que nous sabotons nos propres chansons. Certaines de nos mélodies sont contagieuses, accrocheuses, accessibles même ; mais nous ne voulons jamais qu’elles sombrent dans la facilité. Et c’est alors qu’intervient le carnage à la guitare. Et qu’on rentre dedans. On ne veut pas la perfection. C’est un peu comme si on voulait foutre la merde…

Oui mais pensez-vous que vous pourrez reproduire une telle énergie, en ‘live’, toute votre vie ?

M-L. : Ce n’est pas possible !
S. : L’être humain n’est pas capable de produire ce flux d’énergie éternellement. Mais comment fait-il Iggy Pop ? Je me vois mal tenir le coup aussi longtemps que lui, à ce régime…
M-L. : Il n’est pas si vieux !
S. : J’aimerais bien, à 60 ans, pouvoir continuer à faire du rock sur scène. Il faut donc l’imiter et continuer à boire…

Mais dans l’histoire du rock’n roll, quelle grande chanson symbolise le mieux Blood Red Shoes, le « Fire » de Jimi Hendrix, d’Arthur Brown, « I’m on fire » de Bruce Springsteen ou encore le « Light my fire » des Doors ?

S. : « I’m on fire » de Bruce Springsteeen ». Très évocateur pour moi. C’est une chanson à la fois belle et triste. Quand j’avais 7 ou 8 ans je voulais devenir Bruce Springsteen. Mon père était un fan et écoutait beaucoup sa musique. Dont le fameux « Born in the USA ». Cette chanson est sans doute mon premier souvenir d’enfance. Quand au « Fire » de Jimi Hendrix », son impact est plus émotionnel…

Mais au sein du couple, qui est l’eau et qui est le feu ? (rires et hésitations)

S. : Qui est froid et humide et qui est bouillant et dangereux ? On est un peu les deux. En fait quand je suis le feu elle est l’eau et inversement. Car on réagit chaque fois l’un à l’autre…

Mike Crossey se consacre à nouveau de la production. Apparemment, il est devenu un ami. Se chargera-t-il encore de la mise en forme des prochains albums ?

S. : C’est devenu un ami, c’est vrai. Il fait partie de notre cercle. Mais nous ne savons pas encore si nous allons poursuivre l’aventure ensemble.
L-M. : Ce n’est pas impossible. Mais rien n’a été décidé encore à ce sujet.
S. : Nous n’avons même pas encore écrit de nouvelles chansons. Il comprend bien la situation, d’autant plus que dans le passé, il n’a jamais accompli ce boulot pour deux albums d’un même artiste. Et il en a assuré des tonnes.
L-M. : La porte reste néanmoins ouverte…

Quelle est la différence majeure entre « Box of Secrets » et « Fire like this » ?

L-M. : L’écriture. On l’a améliorée. Puis on a acquis une certaine expérience depuis la sortie du premier. On a appris à devenir un groupe. On s’est bonifié au niveau des arrangements, des compos, de la maîtrise de nos instruments. C’est là que se situe la différence principale.
S. : C’est surtout notre compréhension de la musique qui a changé. Et ce nouvel album reflète très bien notre progression. Il y a plus de variation dans la chanson, dans les sonorités. Nos voix se sont également améliorées.
L-M. : Pour cet album, on a été beaucoup plus attentif aux détails.
S. : Lors du premier, c’était comme si on avait enregistré des chansons en ‘live’. Tandis que pour celui-ci on a accordé davantage d’attention aux atmosphères, au feeling, à la capture des émotions…

Etes-vous ouverts aux autres styles musicaux ?

 S. : Oui, je l’ai déjà déclaré, nous sommes en pleine phase d’expérimentation. Nous cherchons à faire reculer les limites du genre, en incorporant de nouvelles idées. Maintenant, on n’enregistrera jamais un disque de reggae, ni de ‘fucking’ world music impliquant quarante drummers africains. Juste pour le fun. Ce serait stupide. Cela ne correspond pas à notre démarche.
L-M. : L’art musical consiste à absorber d’autres éléments…
S. : Mais nous on crée de nouvelles sensations, de nouvelles émotions. Elles viennent de manière naturelle. On ne peut pas tout contrôler. On ne se pose pas la question de savoir si c’est différent. Il faut laisser la musique arriver à maturation. Elle doit évoluer naturellement et on doit simplement s’appliquer à devenir meilleur musicien. A ce que l’album sonne mieux. Tu dois laisser grandir la musique dans son propre espace. On n’appartient pas à ces groupes qui pour se démarquer des autres, ajoutent un petit truc, mettent des chœurs, par exemple. Ca, c’est du calcul. Nous on ne calcule pas.

Apparemment, vous improvisez constamment. Rien n’est préétabli ? Est-ce le même processus en ‘live’ ?

L-M : Tout à fait !
S. : Une compo est davantage le résultat d’un accident ou d’un événement fortuit. On déconne ou on bricole, et puis c’est le hasard qui guide nos choix.
L-M. : Rien n’a jamais été balisé. Nous ne sommes pas déterministes.  

Parlons un peu de votre nouvel album. J’ai remarqué la présence d’un violoncelle sur « Follow the line » ; et puis il y a ces ‘wow wow’ qui me rappellent quelque part Siouxsie & The Banshees. Tout comme lors de l’hymnique « One empty chair ». Des coïncidences ?

L-M. : Nous avons partagé la même affiche.
S. : Je connais très peu son répertoire, mais elle est vachement cool.
L-M. : Au sein de mon premier groupe, on disait que je chantais comme elle…

« Don’t ask » et « Colours fade » sont les deux chansons les plus pop de l’album. Soit la première et la dernière du cd. Vous envisagez de les sortir en singles ?

S. : Oui.
L-M. : Le premier morceau est déjà sorti en single et le second est prévu pour le printemps.
S. : Enfin, c’est plus que probable, mais rien n’a encore été décidé.

« When we wake » est une méditation sombre sur la mort. Que représente la mort pour vous. La fin ? Une nouvelle vie ? Croyez-vous à la lumière après la mort ? A un dieu ? Aux esprits ?

S. : Putain, c’est une question vachement profonde !
L-M. : Je ne crois pas en Dieu, mais je pense qu’il existe quelque chose après la mort. Je prie, mais pas de manière consciente. Je ne crois pas à l’influence divine. Ni à un quelconque sauveur. J’ai suivi une éducation dans un milieu catholique. Et on m’a enfoncé tous ces principes dans le crâne. Maintenant, je crois qu’il existe un état de conscience après la mort ; mais lequel ?

Vous ne disposez pas seulement de la musique comme corde à votre art. Vous vous intéressez également à l’art sous toutes ses formes. Dont la photo. A l’instar de PJ Harvey, vous avez ainsi posé nus. Partagez-vous le même concept ?

S. et M-L. (en chœur) : Wow !
S. : Justement j’en parlais hier à Laura hier soir, lorsqu’elle se déshabillait.
L-M. : Oui, on parlait de l’opportunité pour les pop stars de poser nus.
S. : Cette démarche peut être artistique, mais aussi commerciale, et une manière détournée de vendre son produit. On ne joue pas à poils sur scène ! Dans le monde musical, la nudité est plus commerciale qu’artistique. Il y a bien un album des Pixies dont la pochette est vraiment arty ; mais en ce qui concerne PJ Harvey, sa nudité était surtout destinée à promouvoir son album.
L-M. : C’est une véritable icône, mais elle est bizarre. Et puis tellement maigre.
S. : La nudité peut être artistique, mais la majorité du temps, elle ne l’est pas.

J’ai lu un article marrant racontant qu’à l’instar de Peaches, porter une fausse barbe était un phantasme pour Laura. Vous partagez les mêmes obsessions que la Canadienne ? (fou rire !)

L-M. : Et m****, qui a écrit un truc pareil ?
S. : Tu vois, on fait des tas d’interviews, on boit un coup de trop, on rigole et puis on raconte des conneries…

(Merci à Vincent Devos)

 





 
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