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Nous avons de trop gros culs pour mettre des pantalons en cuir

Écrit par Guy et Bernard Dagnies - lundi, 29 juin 1992
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Boo Radleys
30-06-1992

Fondé à Liverpool en 88, les Boo Radleys possèdent la particularité de changer de style musical suivant qu'ils enregistrent en studio ou se produisent live. Plus noisy pop que pop, malgré d'évidentes références aux Beatles, « Everythings alright together », le deuxième album, avait poussé la critique à tracer un parallèle avec la ligne de conduite de My Bloody Valentine. Mais lors de sa prestation au VK à Bruxelles, le groupe a révélé une toute autre facette de son talent : plus brut, plus rock, plus ‘noisy-rock’, le quintette échafaude un véritable mur dans la lignée des très Américains Buffalo Tom, Dinosaur Jr et Band of Susans. Martin Carr et Tim Brown nous ont expliqué les raisons profondes du dédoublement de personnalité des Boo Radleys.

Quelle est la signification du patronyme du groupe ?

Tim : C'est le héros d'un livre américain que nous avons lu à l'école. Il s'appelle Boo Radley. Le nom nous a plu. Pas à cause du personnage ou de l'histoire racontée dons le bouquin, mais parce qu'il sonnait bien à l'oreille.

Pourquoi êtes-vous devenus musiciens?

T. : Parce que la musique représentait la seule solution. Nous serions incapables de faire quelque chose d'autre, nous sommes nuls pour le reste. Au cours de notre jeunesse, lorsque nous rentrions de l'école, nous écoutions sans arrêt de la musique. En lisant des livres sur la vie des musiciens et en regardant nos idoles à la TV, nous nous sommes mis à rêver. Un rêve qui est devenu réalité. Nous souhaitons laisser des traces dans l'histoire du rock, qu'on se souvienne de Boo Radleys.

Pourtant, vous n'aimez pas les vidéos, et puis votre look...

Martin : Le look on s'en fout! C'est la raison pour laquelle nous ne voulons pas figurer sur un clip. Les vidéos, ce n'est pas notre tasse de thé. Nous tenons à rester authentiques. Pas question de faire semblant ou de se soumettre au play-back pour les besoins de la promo. Le clip permet sans doute d'améliorer son taux d'audience, mais il ne change rien à la valeur intrinsèque de la musique

Quelle est voire conception du succès alors?

M. : Les Beatles incarnent notre idéal. Comme il est impossible à atteindre, nous ne sommes jamais satisfaits. C'est un problème, mais il est positif, car il nous force à nous remettre constamment en question, nous empêche de devenir paresseux, de basculer dans l'autosatisfaction. Il nous incite à entretenir notre soif de connaître, notre faim d'explorer. Les Beatles, nous leur devons tout. Sans eux, nous n'aurions jamais été contaminés par le virus de la musique. C'est le plus grand groupe de tous les temps !

Pourquoi « Everything's alright forever » ? (NDR : le titre de leur dernier album).

T. : C'est ce que nous pensons en écoutant un disque. Après une journée d'école ou de boulot harassant, tu te détends en passant un bon disque, tu te sens mieux et tu oublies tes soucis. Mais ce titre peut aussi être ironique, car le monde ne tourne pas toujours très rond. L'interprétation varie en fonction de la sensibilité de chacun. Nous essayons cependant de toujours prendre les choses du bon côté, même lorsque nous sommes confrontés à des problèmes ou lorsque nous rencontrons des moments plus difficiles.

Croyez-vous être représentatif du label Creation ?

M. : Je ne pense pas qu’il existe un archétype du groupe ‘Creation’. Toutes les signatures qui figurent sur ce label possèdent leur propre style, Silverfish et Sweverdriver n'ont rien à voir avec nous par exemple.

Et puis, vous ne portez pas de pantalons en cuir !

T. : Plus maintenant. Ces vêtements collent mieux à la démarche de Primal Scream ou de Jesus & Mary Chain.  Nous avons de trop gros culs pour mettre ces trucs là !...

Estimez-vous appartenir au mouvement noisy ?

M. : Ceux qui nous connaissent mal imaginent que nous pratiquons de la ‘noisy pop’, alors que nous sommes plutôt tournés vers le ‘noisy rock’. En fait, en studio, nous essayons d'appliquer des normes plus pop, en voulant sonner comme les Byrds par exemple, alors que sur les planches nous adoptons une démarche fondamentalement rock, en prenant pour référence Metallica, par exemple, car nous adorons ce groupe. Et puis, il faut avouer qu'il est plus facile d'être rock sur scène que sur disque.

Est-ce la raison pour laquelle l'univers le votre album est proche de celui de My Bloody Valentine, alors que votre set dégage la même intensité que les groupes ‘noisy’ américains ?

M. : Tout à fait! A l'origine, nous avions avoué apprécier My Bloody Valentine. Cette confession a entraîné un rapprochement qui ne correspondait pas à la réalité. Nous aimons surtout les groupes américains. Ils exercent une influence primordiale sur notre musique,

Est-il exact que la ‘noisy’ est réservée la classe moyenne?

M. : C'est une idée reçue qui vise globalement Slowdive et Chapterhouse. Le public se trompe lorsqu'il imagine que nous ne devons pas nous battre pour réussir ; et que les instruments nous tombent du ciel. Au cours des dernières années nous avons dû loger dans des endroits merdiques. La vie est dure pour tout le monde !

Qu'est-ce que vous écoutez?

T. : Au cours de notre jeunesse, nous étions plutôt branchés sur des groupes comme Human League ou ABC. Mais aujourd'hui nous sommes surtout attirés par la musique américaine : Buffalo Tom, Dinosaur Jr, Smashing Pumpkins, Public Enemy, Mercury Rev... Nous n’en faisons cependant pas une fixation. Nous aimons également Led Zeppelin, Deep Purple. La musique de danse, le rap, le reggae, le jazz, le punk aussi. Même la musique classique, surtout lorsqu'elle libère toute sa puissance. C'est beau d'assister au concert d'un orchestre philharmonique…

A part les Beatles, vous ne causez pas beaucoup des autres artistes de Liverpool tels que Julian Cope, Echo & The Bunnymen, et d’une manière plus actuelle de Drive ?

M. : Les musiciens de Drive ne nous aiment pas. Mais c’est un bon groupe. Nous avons cependant récemment sympathisé avec Dan, leur ex-bassiste. Quand à Echo, c’était une musique beaucoup trop froide. Reste Julian. Il ne possède plus le même charisme d’antan. « Saint Julian » constitue la dernière chose valable qu’il ait réalisée.

Pour cette tournée, vous partagez la même affiche que les Pale Saints. Que pensez-vous de leur musique ?

T. : Leur nouvel album est meilleur que le précédent. Ils font preuve de beaucoup de calme. Nous sommes très différents, plutôt turbulents.

Article paru dans le n°4 du magazine Mofo de juin 1992.

(Merci à Christophe Godfroid)





 
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