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En français dans le texte…

Écrit par Philippe Blackmarquis - mercredi, 24 octobre 2012
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Dernière Volonté
12-10-2012

Le succès aussi fulgurant que surprenant du hit de Lescop, « La Forêt », a braqué les projecteurs des médias sur un genre de musique, la 'French new-wave'. Se réclamant de Daho et Taxi Girl, ce genre puise dans les sonorités synthétiques des années 80 et les combine à un chant dans la langue de Molière, avant de plonger le tout dans des ambiances mélancoliques, voire sombres. Mais il existe un groupe, actif depuis plus de 10 ans, qui peut d'une certaine manière (mais pas uniquement) être rattaché à ce mouvement, c'est Dernière Volonté, le projet du Français Geoffroy Delacroix, dit ‘ Geoffroy D’. Nous avons eu l'occasion de le rencontrer avant le concert qu'il a donné au Magasin 4, à Bruxelles, le 12 octobre dernier.

Créé en 1998, Dernière Volonté était à l’origine un projet de musique ‘dark ambient’, très bruitiste, caractérisé par un côté martial. Geoffrey raconte « Quand tu es jeune, tu commences par du bruit parce que c'est tout ce que tu sais faire, surtout quand tu n'es pas musicien. Puis tu structures un peu plus ta production et tu te rends compte que tu peux créer des mélodies ; mais ce processus vient au fil du temps. Plus tu avances, plus tes compos sont construites. Ce qui ne veut pas dire qu'elles soient meilleures. Souvent, au départ, la musique est énergique, mais c'est un bordel sans nom ; puis elle devient mélodieuse, mais chiante et surtout perd toute son énergie. Donc j'essaie de trouver le bon équilibre entre les deux. En vieillissant, j'essaie de me rapprocher de mes influences. »

Précisément, côté références, on pense de suite à Taxi Girl. « Taxi Girl est en effet une influence très importante pour moi. J’ai découvert ‘Mannequin’ et ‘Les Yeux des Amants’, quand j'avais 8 ou 9 ans. Si je chante en français, je crois que c'est grâce à eux. » Mais Geoffroy cite également Soft Cell, Kraftwerk, Test Dept, Laibach et Suicide, comme sources d’inspiration. Sans oublier Dominique A. Surtout les premiers albums, jusqu'à ‘L'Horizon’.

Petit à petit, Geoffroy prend confiance dans ses compositions chantées dans sa langue maternelle. En publiant ‘Les Blessures de l'Ombre’ en 2003 et ‘Devant le Miroir’ en 2006, il confirme sa nouvelle direction, basée sur l’électro-pop. Le côté martial est cependant toujours présent dans les paroles, la musique et les aspects visuels du groupe.

Cette fascination pour ce profil martial étonne quand on connaît la douceur et la finesse de la personnalité de l'artiste. « Je ne suis pas militariste. En fait, je suis né dans une famille qui a vécu la guerre... Il y a dans cet univers une esthétique que je trouve très forte. C'est aussi sexuel... C'était aussi lié à la vie que je menais... Le combat de tous les jours. On est dans une société de plus en plus dure... et sans aucun avenir. Les gens sont de plus en plus agressifs, comme des soldats individualistes. Déjà à l'époque c'était troublant et aujourd'hui, c'est de plus en plus flagrant. »

On l'a compris : Geoffroy utilise une métaphore, celle de l'homme comme soldat dans l'ère moderne. « Ce n'est pas la guerre en tant que telle qui me fascine, c'est plutôt le bourbier de l'âme humaine. Je n'ai jamais chanté la conquête guerrière, ce que j'aime c'est la description du côté perdu de cette âme humaine... »

Lorsqu’on évoque Lescop et le renouveau de la French new-wave, Geoffroy se réjouit mais souligne quand même quelques similarités entre la musique de Lescop et la sienne. « Quand j'écoute ‘La Forêt’, j'ai l'impression d'entendre une de mes chansons. Il y a peut-être des coïncidences, mais j'ai constaté que le texte ressemblait beaucoup à ‘Cran D'Arrêt’, sur l'album ‘Devant Le Miroir’. Dans celle de Lescop, il y a des phrases qui sont presque similaires. » Comme Lescop viendra dans quelques semaines au Botanique, nous aurons l'occasion de lui poser la question... « En tout cas, il est important, Lescop, parce qu'il représente une alternative à toutes ces groupes français qui chantent en anglais et rivalisent de conneries. Je ne suis pas fan mais il incarne un concept intelligent et fort. Enfin un artiste qui chante en français et réussit à passer au-delà de la variété stupide. »

Geoffroy va même plus loin. «  Nous avons une langue extraordinaire, qui marche dans tous les pays. Il y a 40 ans, Yves Montand réalisait un carton à Broadway. Il n'y pas de raison que cette situation ne se reproduise pas. Le premier groupe électro-punk au monde, en 1976-77, c'était Métal Urbain et il s’exprimait en français! Leur premier disque a très bien marché en Angleterre et s'est exporté aux Etats-Unis. Le leader des Dead Kennedys en est un fan absolu et il a influencé les Jesus & The Marychain. Ce sont des Français qui chantent en français!  »

Au moment de clôturer cet article, je me souviens des dernières paroles de Geoffroy lors de son interview. Je lui avais demandé quelle était sa vision de la musique. Sa réponse est claire et sans équivoque : « Le plus important, c'est le fond. Dans toutes les formes d'art, c'est ce que tu as dans le cœur qui compte, ta vérité, ton émotion pure. Les groupes qui m'ont fait vibrer, c'est des mecs qui avaient quelque chose à dire, qui étaient tourmentés par leur passion. Tous les autres, à côté, ce sont des copieurs qui torchent des textes idiots. Il y en a quelques uns qui valent le coup ; le reste, pour moi, c'est du plastique... »

Merci à Geoffroy D, Michel Kirby et au Magasin 4.

(Photo : Xavier Marquis)

 





 
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