Une collaboration entre Musiczine et Jazzaround

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Texas a manifestement encore des planches…

Texas
Forest National
Bruxelles
14-11-2017
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Masters on a private joke

Écrit par JoWell - mardi, 08 juillet 2008
Image
Elvis’ Ghettoblaster
08-07-2008

Elvis' Ghettoblaster est un groupe issu de la région de Bruxelles. Une formation responsable d’un nouvel album. Mortel ! Son titre ? « Love is a Schizophrenic Hungry Monster ». Si vous habitez la capitale, vous ne pouvez passer à côté de cette affiche jaune illustrée par un poste de radio. C’est aussi l’image reproduite au recto de la pochette. Elvis' Ghettoblaster c’est également un groupe dont les prestations ‘live’ sont accordées à l’arrache et avec les tripes. De joyeux drilles qui ne se prennent pas au sérieux. Pourtant, ils injectent dans leur musique toute leur passion et toute leur énergie. Une manière de démontrer leur sincérité. Cette interview a presque été volée au peu de temps libre dont ils disposent. Ce qui ne les a pas empêchés de répondre aux questions en leur âme et conscience.

Alors première question, Elvis' GhettoBlaster pourquoi ? Et pourquoi pas Jonnhy Radio Cassette d’abord ?

Julien : C’est une longue histoire… Une ‘private joke’.
Enzo : Le nom du groupe est un hommage à Elvis Presley et au hip hop, mais aussi aux ghettoblasters, des radios souvent énormes que trimballaient les breakdancers. Aux débuts de l’aventure je me chargeais des bruitages et des collages à l’aide d’un ghettoblaster et Greg (notre chanteur) y ajoutait le chant en imitant Elvis. Le nom du groupe s’est ainsi imposé,  même si les gens l’écorchent ou l’oublient quinze secondes après l’avoir entendu.
John: C’est surtout qu’Elvis est meilleur que Johnny et c’est un ghettoblaster est indémodable !

J’ai la berlue ou quoi ? Le booklet mentionne un line-up de 4 musiciens et vous ne vous produisez que sous la forme d’un trio, sur scène ? Quel est le schizo dans le groupe qui se paie un dédoublement de personnalité ?

Julien : C’est moi ! Non, je rigole. En fait, c’est moins marrant…
Enzo : Nous avons composé l’album à quatre. On s’apprêtait à le sortir en novembre de l’année passée mais notre chanteur est tombé malade. Il ne pourra plus participer aux concerts avant 2009. On a un peu réfléchi sur la suite des événements. On ne souhaitait pas repousser la sortie du disque à 2009. Le projet aurait perdu de sa fraîcheur, et musicalement on serait passé à autre chose. Le choix n’a pas été facile à opérer, mais on a décidé de continuer à trois. Maintenant nous partageons tous les vocaux ; d’ailleurs nous avons reçu de bons échos de cette nouvelle formule. Nous ambitionnons même de devenir les Beach Boys du rock garage.
Julien : La formule marche plutôt bien, même s’il a fallu deux ou trois concerts pour s’y habituer.

Sinon les événements se bousculent pour vous. On voit vos affiches un peu partout chez les disquaires et celles de vos concerts sont bien mises en évidence. Le bouche à oreille marche bien aussi. Que vous manque-t-il pour passer à la radio ?

John : De bonnes chansons…
Julien : Qu’on soit vêtus de jeans slims, chaussés de souliers pointus et coiffés comme George Michael à l’époque de « Wham ! ». Plus sérieusement, on n’entre apparemment pas dans le moule ; c’est du moins les échos que nous avons reçus.
Enzo : Nos morceaux sont surtout diffusés sur les radios libres et universitaires. En ce qui concerne les grosses stations comme Pure FM ou feu Mint, c’est plus compliqué. Chez Pure, des animateurs comme Jacques de Pierpont ou Sylvestre Defontaine nous programment régulièrement dans leurs émissions respectives. Mais pour passer en journée, c’est une autre paire de manches. Comme disait IAM, reste underground…
Julien : Si tu as l’esprit d’observation, le rock crasseux ne passe plus trop sur antenne, pour l’instant. Ce qui marche ? C’est le rock de stade ultra produit générateur de grands hymnes héroïques ou bien alors le folk. Personnellement, j’ai vraiment l’impression qu’on est revenu à l’époque des groupes de garçons coiffeurs. C’est « The final Countdown » d’Europe, les panties léopard en moins… Je crois que certaines radios n’osent plus sélectionner de musique un peu plus barrée… On n’est plus en 1998… De plus, le marché en Belgique est très petit. Tout le monde se connaît ; et ce sont souvent les mêmes qui trustent les temps d’antenne…

J’ai assisté à un de vos sets sur les planches. Quelle pèche ! C’est encoure plus puissant que sur le disque ! Vous vous bridez en studio ou vous ne vous imposez pas les mêmes limites en ‘live’ ?

Enzo : Dans tous les cas, le studio c’est une autre manière de travailler. La palette de sons utilisés est plus riche et il y a plus d’arrangements. Un concert rencontre une autre dynamique, c’est vrai. C’est plus vivant. Et cet esprit n’est pas toujours facile à restituer sur disque. Pour le prochain peut-être…
John : Ce sont deux aspects complètement différents ; et le traitement est donc distinct. Mais nous en sommes conscients. Et puis sur scène, tu bénéficies de la présence du public qu’il n’est pas possible d’inviter en studio... on devrait y penser à l’avenir.
Julien : Non. Mais c’est très compliqué de restituer sur disque, l’énergie ‘live’… Et puis on ne disposait pas des moyens techniques pour enregistrer tout en une seule prise. Tous ensemble dans la même pièce. Ce qui aurait été plus rock and roll… Il n’y a que « Stoner » qui a été réalisé dans ces conditions. Pour le reste, c’était de manière classique, instrument par instrument. Le résultat de ce type d’enregistrement est souvent un peu plus sage. Mais bon, c’est quand même pas de la variété hein ?

« Love is a Schizophrenic Hungry Monster » constitue votre deuxième album. Eprouvez-vous davantage de fierté à son égard que vis-à-vis du premier ?

Julien : Largement plus que pour le premier. Il n’était qu’à moitié réussi. Une expérience de jeunesse avec laquelle on a fait nos armes.
Enzo : Le premier a des côtés attachants. On l’a enregistré alors que le groupe existait depuis deux ans. C’est notre première expérience en studio et on l’a enregistré dans des conditions un peu chaotiques. L’ingé son fumait trop de pétards et notre producteur de l’époque épousait un mode de vie rock’n’roll. J’ai mixé l’album avec lui en une journée et une nuit, à l’arrache sur des bandes huit pistes qu’on avait saturées pour obtenir des sons plus chauds. C’est pas vraiment la meilleure manière de procéder… Résultat, il est partagé entre des bonnes choses et d’autres totalement ratées qui me font encore rire aujourd’hui. Entre le premier album et le second, on a tous participé à d’autres projets musicaux et on a acquis des connaissances techniques qui nous ont permis de ne pas faire deux fois les mêmes conneries. Donc, artistiquement, on a réalisé notre projet en concoctant ce  « Love, etc. ». Christine Verschorren (Ghinzu, Kris Dane et quelques autres) a également apporté son concours. Elle a mixé l’album de main de maître. Au fil du temps, tu finis toujours par te dire qu’un morceau aurait pu sonner mieux ou plus audacieux… Mais faut pas se fixer là-dessus et essayer de continuer à avancer artistiquement.
Julien : Pour « Love is a Schizophrenic Hungry Monster », je suis convaincu qu’on pourra le reprendre en main dans dix ans et se regarder sans honte dans une glace en se disant : ‘On a fait un bon album de rock’. Et puis on a dû se battre presque seuls pendant deux ans pour mener le projet à son terme. Ce qui rend son aboutissement encore plus jubilatoire…

Vous changez constamment de label. Vous vous engueulez avec tout le monde ou quoi ?

Julien : Non, mais c’est dur de dénicher un label qui veuille vraiment travailler sur ton disque.
Enzo : Celui de  notre premier album s’appelait Magnet Records. C’était une structure bruxelloise montée par Jean-Pol Van Ham, un type très branché sur la musique et particulièrement enthousiaste. A l’époque il a signé une dizaine de groupes en même temps. Mais il ne parvenait plus à suivre l’ensemble de son écurie. C’était un peu trop pour un seul homme. Conséquence : les albums étaient quasi ignorés et ne bénéficiaient d’aucune promo. Sortir le premier album a été un parcours du combattant, car Magnet commençait à péricliter. Un peu plus tard Jean Pol a revu le cadre de ses activités. Il a commencé à bosser avec Vaya Con Dios et il a construit un studio à Louvain. Signer des groupes n’est plus sa priorité. Pour le deuxième d’Elvis, on n’avait donc plus de label. On a essayé de trouver un deal pour l’album en Belgique et à l’étranger mais nos recherches n’ont pas abouties. Vu qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, on a décidé de s’en charger personnellement.
Julien : Pour nous, on préfère une petite structure qui se bat vraiment pour nous qu’un gros truc au sein duquel tu n’es qu’un groupe parmi 50 autres.

Le paquet d’effets electro tout le long de l’album est franchement succulent. D’où proviennent tous ces sons ?

Julien : C’est Enzo qui les a imaginés dans sa cave, en buvant du vin sarde… !
Enzo : J’ai toujours aimé triturer les sons et cette technique a toujours été une composante importante du groupe. Je suis fan de reggae et de hip hop. Ce sont des genres qui utilisent beaucoup l’électronique. Il était donc naturel que je les injecte dans les morceaux…

Comment se déroule le processus de composition chez Elvis ? Chacun vient y mettre son grain de sel ou vous composez en tribu ?

Enzo : Le processus de base est collectif : quelqu’un amène une idée et le groupe la retravaille.
John : Chacun amène des idées et les autres viennent greffer les leurs. C’est ainsi depuis le début.
Julien : La plupart du temps on crée les morceaux ensemble. Quelquefois, les idées démarrent lors de chipotages en répet’…
Enzo : Dès que la structure du titre est fixée, on enregistre pour voir comment la compo sonne. Si c’est bon, je m’amuse à ajouter des sons et d’autres instruments, histoire de voir où on peut ‘amener’ le titre.

La durée assez courte des morceaux, c’est un peu dans l’esprit punk-rock, non ?

Julien : Tout à fait ! On est de grand partisans du format 2 minutes 30 ou 3 minutes. C’est l’essence même du rock non ?
Enzo : On est tous des fans de punk rock et puis notre musique passe mieux si elle est concise.
John : Oui, essayer d'aller à l'essentiel ! Avant on jouait un morceau qui pouvait durer 10 minutes. La structure n'était pas figée et on se laissait aller.
Julien : Il faut qu’une chanson soit directe et pas trop longue, sinon le public se lasse. Tu imagines un morceau d’Elvis’ Ghettoblaster long de 7 minutes ? Quelle horreur ! Les gens prendraient leurs jambes à leur cou. C’est trop bruyant…

En adoptant un format aussi court, ne craignez-vous pas justement de réduire l’univers qui gravite autour de vous ? Des morceaux de 25 minutes à la Mars Volta sont dans vos cordes. Ce genre de délire peut marquer les esprits, non ?

Enzo : Comme John te disait, à l'époque où on était quatre, on disposait d’un très long morceau qui dépassait souvent le quart d'heure. Cette longue transe bruitiste, très ‘free’, était devenue assez chouette à jouer. On pourrait y revenir un jour. Pour les chansons courtes, c'est une critique qui revient souvent, mais on est des inconditionnels de la maxime ‘less is more’

L’elpee recèle quelques petites perles. Et je pense à « Stoner » ou « Fears » par exemple, deux titres qui sentent le souffre et la damnation. Le coté ‘dark’ colle bien à votre image. Envisagez-vous de poursuivre dans cette voie ?

Julien : A une certaine époque on assumait moins ce côté un peu plus ‘sombre’, peut être un peu cliché… Nous apprécions la perspective du deuxième degré, voire même, carrément du quinzième…
Enzo : Il est probable qu’il existe une tendance dépressive dans ce groupe. J’imagine qu’on continuera à réaliser des choses légères et d’autres moins. Même si au sein de chaque morceau on injecte une petite dose d’humour !
John : On verra …

Comment voyez-vous l’avenir ?

John : Je pense qu'on peut encore faire un très bon album
Julien : Difficile à dire aujourd’hui. On va d’abord le défendre… Et puis voir si on en a un troisième dans le ventre.

Et comment le concevez-vous dans votre esprit ?

Enzo : A une certaine époque, on a tous espéré pouvoir vivre de notre art. On en est un peu revenus.
John : Personnellement, je verrais bien un deal signé auprès d’un label qui s'occupe de tout ce qui est administratif... et nous on se concentre sur ce qui nous intéresse...
Julien :
Franchement, si lorsque nous avons entamé l’aventure Elvis, on m’avait dit que je vivrais tout ce que j’y ai déjà vécu, j’aurais signé à deux mains. Même si on a aussi traversé des moments très difficiles.

La scène belge éprouve d'énormes difficultés pour faire décoller les projets. Vous avez tenté d’ouvrir d’autres horizons ?

Julien : Pour t’exporter, tu dois avoir déjà vendu pas mal d’albums dans ton propre pays... C’est le problème. Mais on est en contact avec la France…
Enzo : Julien et moi-même avons participé à l’organisation des soirées Rock&Brol, des soirées éclectiques où le rock croise l’électro qui croise le hip hop qui croise le reggae. En plus on invite des groupes qu’on aime bien. John John Bretzel (notre bassiste) milite chez Austin Lace depuis de nombreuses années. J’ai aussi vécu une bonne partie du parcours d’Austin Lace (NDR : il vient de cesser sa collaboration). J’ai également pris part à d’autres projets comme Hallo Kosmo (du hip hop en allemand) et je m’amuse à assurer le rôle de dj, de temps en temps. Notre chanteur, Greg, est également impliqué au sein d’autres projets : Mr Mo In Jojoland et Albern Borges. J’ai brièvement participé à ce dernier. Il est toujours enrichissant de multiplier les collaborations artistiques. Elles te permettent de progresser tout en nourrissant ta propre muse. Mais attention à l’indigestion !

Quels sont vos prochains concerts ??

Julien : Dour, Bucolique Festival, Botanique en octobre,… le mieux est de consulter notre page Myspace http://www.myspace.com/elvisghettoblaster

Une dernière question en Private Joke comme vous en savourez : qui est ce photographe qui  réalise vos clichés tout pourris ?

Enzo : Un cas désespéré. Un type bizarre passionné par la taille des déjections des dinosaures.
John : Silvio, un dealer d'Etterbeek !
Julien : Ouais, c’est lui qui fournit Enzo en vin du terroir…  

(photo : Silvio Cassano)





 
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