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Je suis quelqu’un de bien plus triste et désabusé qu'engagé…

Écrit par Vincent Devos - samedi, 14 avril 2012
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Elvy
14-04-2012

La voix haut-perchée, au timbre si particulier, une guitare ou un piano pour l’accompagner, Elvy est un ‘singer/songwriter from Belgium’ tel qu’il se définit lui-même. En publiant ‘The Home and the World’, son troisième opus, sorti en mars 2012, Lionel Vanhaute alias Elvy n’en est pas à son coup d’essai. L’artiste folk/rock avait déjà sorti un premier album intitulé ‘Farwest’, début 2004. Vient ensuite ‘Home recordings’, un recueil de 24 morceaux composés entre 2005 et 2010, tout au long duquel Elvy nous dévoile un univers teinté d’un subtil mélange de douceur, de tendresse et de mélancolie.

Ce qui frappe à la première écoute de ‘The Home and the World’, c’est cette voix en ‘falsetto’ dispensée un peu à la manière de Neil Young, version acoustique. Elvy commente : « J’ai appris à chanter vers 17 ans. Je suis né en 1980. 1997 est l’année d’‘Ok Computer’. Ainsi, j’ai été, en partie, marqué par Thom Yorke. Neil Young dont j’apprécie les premiers albums acoustiques, constitue également une référence. Je ne sais si c’est ma voix naturelle, elle est venue ainsi. »

Bien que francophone de Belgique, Elvy chante en anglais. Il justifie ce choix : « La culture anglophone, par son omniprésence, est également devenue la nôtre. Nous avons donc une double culture et il est aussi légitime de s’en référer autant à l’une qu’à l’autre. C’est une question de penchant. Certains adeptes d’identité culturelle le regrettent, mais je pense que nous ne pourrons pas revenir en arrière et que cette situation nous donne au final une plus grande richesse intellectuelle. »

Elvy n’est pas uniquement un chanteur-compositeur doué. C’est également un multi-instrumentiste talentueux. En effet, il joue de la guitare, de la basse et du clavier. Tous les autres instruments entendus sur ses albums, comme la batterie et les violons, sont en fait des instruments virtuels interprétés au clavier. ‘The Home and the World’ comporte par ailleurs deux morceaux instrumentaux. Elvy s’en explique « J’ai toujours aimé la musique instrumentale, que ce soit la musique classique, le post-rock ou même la musique de film. En composant, il arrive parfois que les doigts jouent des accords sur la guitare et que le chant n’arrive pas à s’intégrer. On sent qu’on tient un truc instrumental et que mettre de la voix n’aboutirait à rien. C’est ce qui s’est passé pour ces deux morceaux ».

A l’écoute de la plupart des compos, à l’instar de ‘Sandflower’ et de ‘The Storm’, on remarque l’omniprésence de la guitare acoustique, le plus souvent jouée en picking. Elvy nous confie : « Je n’ai pas de maîtres dans le sens ou j’ai longtemps été mauvais en picking. J’ai appris seul, parce qu’il le fallait bien pour étendre les possibilités. J’aurais voulu être aussi doué que Ron Sexsmith ou Leonard Cohen ». Excepté une base de solfège acquise auprès d’un professeur, Elvy a vite abandonné le classique pour s’adonner à la musique folk, sans être un féru de jazz pour autant. Et d’ajouter : « J’apprécie certains arrangements mais le swing n’est pas trop mon truc. »

Le jeune trentenaire n’a pour le moment plus de lien avec une quelconque maison de production (NDLR : autrefois, il relevait de l’écurie JauneOrange). Au contraire, faute de label, il a choisi la voie de l’autoproduction. Ainsi, quarante-sept morceaux issus de ses trois albums sont téléchargeables sur son site elvy.bandcamp.com. Elvy concède : « Je n’ai que très peu de chansons en réserve car, bizarrement, je valide tout ce que je fais. Au lieu de composer trente chansons à la va-vite et en garder douze, j’en écris douze que je peaufine jusqu’à ce qu’elles puissent être utilisables. J’ai bien sûr des chutes mais elles ne représentent qu’un quart des 47 morceaux sur bandcamp. » Cependant, pour l’artiste bruxellois, les chansons non publiées peuvent toujours être réutilisées, réarrangées, désossées pour reprendre un refrain, un accord voire un son.

S’il s’est déjà produit au Botanique et à l’AB, ce sont cependant les petites salles où Elvy partage son univers particulier, notamment lors de showcases ou de concerts privés ou en tant que support artist. Cet admirateur de Léo Ferré et de Salvador Allende plaide pour une vision artistique globale, ce dont on peut prendre la mesure en parcourant la rubrique ‘extra’ de son site internet elvy.be . Il confesse cependant : « Il y a certainement un engagement dans ces chansons mais il n'est présent que comme part de moi-même. Je n'ai pas l'envie de composer des morceaux dont l'essence même est la lutte sociale. Je suis quelqu’un de bien plus triste et désabusé qu'engagé. »

Elvy s’est construit progressivement un monde à part dans le milieu de la chanson folk. Ses mélodies légères, éthérées et sa voix aérienne et délicate forment un tout indissociable, qui devrait plaire à ceux qui sont à la recherche d’une atmosphère paisible telle que celle qui se dégage de chansons comme ‘Childhood’, ‘Landfall’ et ‘Unwise’.

Elvy, un artiste à découvrir d’urgence pour les amateurs du genre.

 





 
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