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La complicité, c’est de maintenir notre vie de couple en dehors de la scène…

Écrit par Stéphane Reignier - jeudi, 27 avril 2017
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Faon Faon
23-02-2017

C’est dans une annexe de la Cense de Rigaux, à Frasnes-lez-Anvaing, petit bourg situé entre Ath et de Tournai, que votre serviteur et Faon Faon ont pris rendez-vous, ce jeudi 23 février.
Rien à voir avec un quelconque cervidé ! Quoique. Derrière ce patronyme cocasse, se cache Fanny Van Hammée et Olympia Boule, dont les visages de poupon me font quand même penser à deux belles biches.
En 2015, elles remportent le concours ‘Du F dans le texte’ ; ce qui va lancer leur carrière musicale. S’ensuit une ribambelle de concerts et de passages en boucle sur les ondes radiophoniques, en Belgique.
Il y a deux ans déjà, votre serviteur avait déjà pu déceler tout le potentiel qui sommeillait en elles, lors d’un show, plus amateur, accordé au LaSemo.
Aguerries depuis à la mécanique du ‘live’, elles ont donné, ce soir, un concert haut en couleur qui restera ancré dans les annales.
Il est approximativement 23 heures lorsque les filles m’accordent un peu de leur précieux temps. Encore ruisselantes de transpiration et la respiration haletante, elles vont se livrer au jeu des questions/réponses tout en soulignant le caractère intéressant de l’entretien. De quoi prendre, bien évidemment, cette réaction comme un sacré compliment !
Avant de commencer l’interview, elles remercient Musiczine d’avoir été un des premiers médias à s’intéresser à elles !

Votre première rencontre remonte à octobre 2008 lors d’une jam dans un bar d’Ixelles (le Chapitre) organisée pour l’anniversaire de Fanny ; et au cours de laquelle une affinité artistique est née. Pourtant, l’aventure de Faon Faon proprement dite n’a véritablement commencée qu’en 2014… Au vu du succès qui est le vôtre aujourd’hui, on est quand même en droit de penser qu’il est dommage d’avoir attendu aussi longtemps…

Fanny : Effectivement, nous nous sommes vues, fortuitement et pour la première fois, lors de cette jam. Et nous nous sommes retrouvées dans le cadre de l’activité professionnelle que j’exerçais à l’époque, en qualité de styliste. Olympia, quant à elle, embrassait une carrière de mannequin. Nous avons évolué toutes les deux dans la sphère de l’image et de la mode ! Nous assistions aux concerts respectifs de nos projets musicaux individuels. Et avec pas mal d’entrain. Mais, jamais, nous n’avions évoqué l’idée d’en concrétiser un en commun.

Deux nanas délurées qui chantent en français, on doit souvent vous comparer au duo Brigitte ! Alors que quatre mecs qui font du rock, rares sont les comparaisons avec les Beatles. Est-ce que cette situation vous énerve ?

Fanny : Non, elle ne nous énerve pas ; et à vrai dire, nous n’entretenons pas spécialement davantage cette ambivalence.
Olympia : Il faut rester sérieux deux minutes (elle semble s’emballer)! On ne va pas cracher sur deux femmes qui ont réussi à imposer un style ! Mais, j’estime très réducteur de comparer Faon Faon aux Brigitte. On chante en français, oui. Et alors ? En plus, les duos sont légion aujourd’hui ! Est-ce la résultante de la crise profonde que traverse la musique ? J’espère tout simplement que lorsque notre répertoire s’étoffera, cette comparaison s’effacera progressivement.

Les textes sont interprétés dans la langue de Voltaire. Pourtant, vous les abordez sous l’angle d’une certaine culture anglo-saxonne. Vous misez ainsi davantage sur le son que va procurer le mot plutôt que le message qui y est véhiculé. Est-il est plus difficile de faire sonner les mots en français qu’en anglais ?

Fanny : Chanter en français est un exercice particulièrement excitant ! Réussir à allier le son et le sens est souvent compliqué ! Comme tu l’as très bien décrit, ce qui nous emballe au départ dans le projet, ce sont les sons. Le français contient une bible de mots qui résonnent parfois de manière directe et crue ! Il s’agit de notre langue maternelle et il est de notre responsabilité de pouvoir faire concilier ces deux concepts. Pour y parvenir, il est nécessaire de se poser les bonnes questions. De quoi allons-nous parler ? Quel message souhaitons-nous transmettre ? Comment sera-t-il perçu ? Le public va-t-il le comprendre correctement ?
Olympia : En fait, il s’agit d’un véritable chalenge en soi ! Les artistes ont tendance à narrer l’histoire de manière assez conventionnelle. Nous essayons de sortir des sentiers battus ! Ici, je considère plutôt notre projet comme un tableau surréaliste !

L’une est électro, l’autre est tribale. Si vous deviez étiqueter votre musique, comment la définiriez-vous ?

Olympia : Je crois que nous cataloguer ainsi est une erreur ! Nous sommes chacune un mix des deux ! J’ai plus d’affinité avec les instruments percussifs, c’est vrai ! Fanny, quant à elle, a toujours élaboré ses maquettes sur un PC. Elle est très réceptive aux beats africains. En résumé, Faon Faon raconte une histoire récréative, émotionnelle et colorée sur fond de rythmiques et de mélodies.
Fanny : Notre musique est une invitation au voyage. Elle doit porter et nourrir, non seulement notre imaginaire, mais celui de notre public également. Tout cela, le temps d’une chanson.

Dans quel état d’esprit étiez-vous, lorsque vous avez entamé votre projet ? S’agissait-il uniquement de faire un peu de musique en dilettante ou aviez-vous déjà l’intention de devenir pros ?

Olympia : Fanny venait de perdre son job et moi, je jouais au sein d’un groupe qui était en train de s’effilocher. Franchement, faire de la musique était devenu pour nous un exutoire purement récréatif. Au fil du temps, nous commencions, l’air de rien, à étoffer un répertoire. Le public qui écoute notre CD, chante lorsque nous nous produisons sur scène ou rencontre un intérêt pour notre travail, crédibilise la carrière que nous nous efforçons de mener depuis le début. On ne peut pas y rester insensible. Il faut savoir que la mécanique de l’industrie du disque induit une pression constante. On ne crache évidemment pas dessus. Sans elle, nous ne pourrions pas exister. Mais, nous voulons à tout prix éviter qu’elle ne dénature notre joie de vivre et notre fraîcheur. C’est très compliqué au final, parce que c’est cette même mécanique qui impactera notre sphère musicale, les thèmes que nous allons aborder et inévitablement notre vision des choses. Grâce aux profits engendrés, nous pourrions obtenir plus de moyens et nous entourer d’un panel de collaborateurs toujours plus important. Mais, inutile de se précipiter ! Là, aujourd’hui, nous sommes occupés de prendre le recul nécessaire afin de voir si toute cette histoire a encore du sens pour nous ! C’est en quelque sorte le moment de la récréation !

Les événements se sont précipités pour vous ! En 2015, vous remportez le concours ‘Du F dans le texte’. Ce qui a dessiné, en quelque sorte, votre carrière musicale. Auriez-vous pu continuer à exister sans cette ouverture médiatique ?

Fanny : Jamais ! Encore, un grand merci à la Fédération Wallonie-Bruxelles et au Conseil de la Musique ! Ce concours nous a ouvert toutes les portes ! La bourse décrochée a permis le pressage de l’Ep. Se retrouver en demi finale était une surprise. Gagner a été complètement jouissif ! L’ouverture médiatique nous a permis de nous produire dans de beaux festivals comme le LaSemo ou encore Beautés Soniques. Dire qu’avant cette belle aventure, nous devions sans cesse bricoler à l’aide de bouts de ficelles…

Vous vous êtes produites en supporting act de Puggy et Jain. Une bonne expérience ?

Fanny : C’est quelque chose de très excitant ! Il y a parfois une trentaine de personnes qui oeuvrent en coulisse pour que le spectacle soit une réussite. C’est très impressionnant ! Assurer de telles premières parties est une aubaine sur le plan professionnel ! Et te permet de jauger le projet par rapport aux groupes que tu accompagnes. Mais aussi te positionner par rapport à la réceptivité d’un public qui n’est pas à priori là pour t’entendre toi en tant que tel.

Derrière, cet Ep, on retrouve du beau monde comme Anthony Sinatra et Rémy Lebbos. Quelle leçon retirez-vous de ces collaborations ?

Fanny : Nous avons rencontré Anthony Sinatra fortuitement ! A vrai dire, c’est Nicolas Renard (Manager), un ami d’Olympia, qui nous a mis en relation. Dans le milieu, il bénéficie de beaucoup de crédit ! Nous savions qu’il était capable de produire un Ep qui soit à la fois pop, frais et entraînant. 

Olympia : Concernant Rémy, l’histoire est toute autre. Nous avions déniché un ingé son, mais nous n’étions pas totalement convaincues du résultat. Un jour, par hasard, je me suis retrouvée à table, lors d’un dîner privé, en compagnie des anciens gars de Mineral. A cette occasion, j’ai entendu Lebbos parler de David Bowie. Il tenait un discours particulièrement engagé. Lorsque je lui ai parlé de notre projet, il s’est enthousiasmé rapidement. Nous avons donc enregistré dans son studio. Au-delà de l’échange humain, il a très vite cerné nos aspirations. Ce mec possède des oreilles de fou ! Il est très professionnel. Il bosse jusqu’à la perfection. Du coup, le mixage a pris nettement plus de temps que la production ! Mais peu importe puisque c’était bénéfique. Il est important de faire mûrir les choses.

C’est bien Cécile Kojima qui a réalisé l’artwork ?

Olympia : Tu est bien renseigné dis donc ! C’est une de mes plus fidèles amies ! On se connaît depuis l’âge de six ans. Elle est d’origine japonaise et je dois avouer que je développe depuis toujours une fascination profonde pour sa culture. Et son défunt père n’y est pas étranger. Cécile et moi avons suivi des études d’art appliqué, ensemble. J’ai toujours été fan de son travail. Elle développe une mécanique autour du papier découpé. Fanny est assez vite tombée sous le charme également. La collaboration s’est produite naturellement. C’est non seulement une artiste, mais aussi une plasticienne expérimentée, directrice artistique et graphiste. Réaliser la pochette de notre Ep autour d’un visuel sorti de notre imagination, était un challenge profondément ancré en nous. Philippe Braquenier, photographe, a aussi accompli un travail d’exception qui mérite d’être souligné.

En mars 2016, sur les planches de la Rotonde, vous étiez accompagnées d’un troisième larron. Il portait de grosses chaussures, des chaussettes retroussées et était vêtu d’un pantalon trop court. Ce garçon apportait vraiment un petit plus, d’un point de vue scénique et artistique. Pour quelle raison avez-vous décidé de l’engager ? Et pourquoi, n’a-t-il pas participé au set, aujourd’hui ?

Fanny : Oui, effectivement. Il s’agissait de Simon Malotaux (NDR : Le Colisée). Nous ressentions, à cette époque, le besoin d’élargir notre champ musical. L’expérience était vraiment sympathique. Rémi Rotsaert (NDR : Dalton Telegramme) s’est également prêté au jeu, en se consacrant à la gratte. Ce qui nous convient le mieux pour le moment, c’est ce duo bien spécifique. Même si pour être franche, tout gérer à deux n’est pas toujours facile. J’ajouterai que lorsque tu pratiques de l’électro, tu dois impérativement te caler sur les sons que la machine produit et ainsi, tu perds le coté organique de la musique. Pour communiquer davantage de rondeurs dans le répertoire, nous intégrons des chansons qui ont un certain groove et dans lesquelles le public peut interagir facilement, comme « La montagne », par exemple.
Olympia : Perso, j’ai un point de vue nettement plus terre à terre. C’est un métier difficile ! Il devient très compliqué de gagner sa vie par le biais de la musique. Un groupe comme Boulevard des Airs implique dix membres sur scène. Ils parviennent à subsister financièrement parce qu’ils remplissent des salles ; et puis grâce aux morceaux qui tournent en boucle à la radio. Nous n’en sommes pas encore là, malheureusement ! Mais, notre show fonctionne plutôt bien tel qu’il est et ce serait dommage de tout remettre en cause aujourd’hui.

En ‘live’, vous donnez l’impression que la musique ne suffit pas a elle-même. Est-ce la raison pour laquelle la chorégraphie y occupe une place importante ?

Fanny : Nous adorons danser toutes les deux ! C’est tout à fait naturel ! J’ai toujours adoré bouger, mais pas sur une scène (rires). Il m’a fallu pas mal de temps avant de pouvoir franchir ce pas ! L’idée était de réaliser un show à l’ancienne, en portant des costumes faits main et en proposant des chorégraphies mortelles, du style Claude François et ses Clodettes. Un spectacle à la fois ludique et jouissif !
Olympia : Claude François puisait sa source d’inspiration chez James Brown. La filiation américaine est très présente ! Nous voulions à tout prix garder notre propre identité. Lorsque tu as assisté à notre concert, à la Rotonde, en première partie d’Antoine Hénaut, j’étais assise derrière la batterie. Je suis consciente que le public a ressenti une certaine frustration parce que nous ne nous étions pas suffisamment ouverts à lui. La demande était manifeste ! Encore une fois, il n’est pas aisé de devoir gérer, à deux, non seulement la partie technique et l’instrumentation, mais aussi le visuel. En ce qui me concerne, j’ai de la chance d’avoir pu faire de la danse et des ateliers de performance. Je crois beaucoup au bienfait de la kinesthésie. Si tes gestes parviennent à véhiculer une énergie et un sentiment de bien-être, le public repartira pleinement satisfait. C’est le rôle et la responsabilité de l’artiste !

En parlant de visuel, les fringues sont-elles vraiment artisanales ?

Fanny : Nous avons imprimé la pochette de l’album en nous inspirant des vêtements choisis ce soir. C’est une manière ludique de communiquer ! Tout est fait maison effectivement, mais toujours avec le cœur et l’envie !

Pourquoi cette tresse sur la pochette du disque que l’on retrouve également dans le clip ?

Olympia : Au départ, il s’agissait juste d’un délire visuel ! Puis, cette farce nous a échappée et nous y avons trouvé du sens. Dès lors, on l’a gardée. La tresse, c’est tellement fashion (rires) !

Sur scène, vous affichez une vraie complicité. Aucune ne semble prendre le pouvoir. Cette magie fonctionne-t-elle aussi dans le processus de création ?

Olympia : La complicité, c’est de maintenir notre vie de couple en dehors de la scène (rires). Je dois t’avouer qu’il y a des hauts et des bas ! Une femme, c’est ‘casse burnes’ par définition (rires).
Fanny : Je crois que dans tous les duos, ce phénomène est récurent ! J’aime me comparer à un couple avec enfants. Parce nous ne sommes plus dans la configuration du couple tranquille. Non ! Il y a un enfant et cette situation suppose des contraintes par définition. Comment va-t-on l’habiller ? Dans quelle école va-t-on le scolariser ? Qui seront ses professeurs ? Et j’en passe ! Cet enfant, c’est Faon Faon. C’est une véritable expérience de vie ! Olympia est certes différente, mais nous restons fortement complémentaires. Mais, parfois ces énergies s’opposent ! Il paraît que c’était pareil chez Simon et Garfunkel (rires).

Vous abordez vos thématiques tantôt au premier degré comme pour « Mariage », alors que sur d’autres, il existe un vrai/faux second degré où l’imaginaire est davantage mis en exergue. Et ici, je pense surtout à « Faon sous la douche ». Dans quel style vous sentez-vous le plus à l’aise, finalement ?

Fanny : C’est une excellente question ! Pourquoi choisir au fond ? Cette chanson est davantage une blague potache ! L’humain est très complexe ! Pour reprendre un adage populaire, il y a des jours avec et des jours sans ! J’aurais tendance à dire que nous avons exploré et exploité une palette d’émotions par et pour nos compositions, sans la moindre volonté de les orienter vers telle ou telle direction ! C’est un phénomène très naturel dans la manière d’aborder le processus de création. Peut-être qu’un jour, cette chanson paraîtra décousue. Peut-être qu’aussi, nous estimerons qu’il est temps de s’autocensurer. Aujourd’hui, nous nous sentons nous-mêmes dans ce style ! Et c’est l’essentiel !

Vous abordez un peu naïvement la fonte des glaces dans « Eskimo ». Les enjeux environnementaux vous préoccupent à ce point ?

Olympia : Evidemment ! J’aimerais tant parfois être une activiste ! « Eskimo » était au départ une impro que j’avais gardée au fond d’un tiroir sans vraiment m’y intéresser ! C’est Fanny qui a insisté afin que nous exploitions cette chanson ! Nous avons donc choisi d’y poser un texte. Rien n’était calculé ! La thématique s’est imposée naturellement au fur et à mesure de la composition. Comme une évidence en quelque sorte ! J’ai étudié l’ethnomusicologique, l’anthropologie m’intéresse donc ! Tout ce qui a trait aux cultures minoritaires en voie de disparition aussi ! Donc oui, nous aimons la nature, nous en avons besoin, c’est notre source première. L’être humain a besoin de son calme et de la sérénité qu’elle apporte. Il est important de lui accorder un minimum d’attention afin de préserver cette grande dame qui est en souffrance aujourd’hui. Je considère la planète comme un corps et aujourd’hui, l’humanité toute entière est en train de lui inoculer le cancer. Elle meurt peu à peu ! C’est triste, mais tu as les cartes en main et tu peux tout à fait choisir ton camp !

Pensez-vous que vos chansons puissent prendre une dimension différente selon l’endroit où vous les jouez ? En filigrane, existe-t-il une musique pour chaque heure et chaque humeur ?

Fanny : C’est une très bonne question ! Il y a effectivement la magie du moment en live ! Le succès d’un concert dépend d’une série de facteurs externes tels que la réceptivité du public, la taille de la salle, etc. Je suis très satisfaite de notre prestation de ce soir ! Tout y était ! L’ambiance, l’acoustique et le fait que les gens chantonnaient nos chansons aussi. Du coup, ce feed-back renvoie en nous des ondes positives !
Olympia : C’est une question qui amène la notion de voyage. Lorsque tu es seul chez toi, tu as envie d’écouter des chansons en fonction de l’humeur du moment. En concert, la donne est différente ! Tu as, devant toi, un parterre d’humeurs fort différentes. La manière dont tu les agencer va complètement bouleverser ta propre vision des choses ! Durant quarante-cinq minutes, nous allons transporter le public vers des contrées lointaines. Un condensé émotionnel. Notre inspiration dépend de ce que l’on vit et on la retranscrit à travers nos compos !

Vous êtes toutes les deux des adeptes de ce que l’on pourrait appeler de musique alternative en utilisant des structures, des sons et une identité fort différents des grands formats radios. Paradoxalement, vos chansons restent assez pop et très proche du formatage radio. Est-ce une option envisageable pour l’avenir ?

Fanny : Nous aimons la musique alternative ! Nous vouons aussi une admiration sans faille pour ceux et celles qui font de la pop ! Prends par exemple, « Weekend » des Daft Punk. Cette musique est juste parfaite et intelligemment construite ! Si nous nous inscrivons plus dans le format pop, certaines de nos sonorités sont parfois issues de petits morceaux underground qui mûrissent doucement. On peut dire qu’ils viennent de loin (rires).
Olympia : « Gravité » est un morceau qui reste hors format. Il existe un semblant de structure couplet/refrain, induisant une idée de trajectoire faussement toute tracée. Les outils dont on se sert influencent énormément la finalité de la musique ! Si nous n’utilisions que des grattes, le contexte musical que nous proposerions serait tout autre, évidemment !

« Mariel » est une chanson sur l’enfance que l’on a envie de prolonger, car elle est synonyme de rêve et de pureté. Justement avez-vous l’impression d’être devenues adultes avec un regard d’enfant ou d’être restées enfant avec une contemplation d’adulte ?

Fanny : C’est très joli, ce que tu viens de dire ! Emotionnellement, il y a pas mal de choses chez moi qui se sont cristallisées. Mon passé y est pour quelque chose ! « Mariel », n’est pas qu’une chanson sur l’enfance, à mon sens. Elle véhicule un message très fort.
Olympia : Il faut entendre « Mariel » comme un témoignage du passage des étapes de la vie de l’être humain. Le temps passe inexorablement. Qui n’a jamais eu envie de le stopper, de retourner dans le passé et retrouver cette sphère sécurisante qui caractérise l’enfance ? Ce que j’aime chez eux, c’est leur capacité à rester hors du temps ! L’adulte a cette fâcheuse tendance à accorder de l’importance à des éléments qui n’en valent pas la peine !





 
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