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Electro/Hip Hop
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Texas a manifestement encore des planches…

Texas
Forest National
Bruxelles
14-11-2017
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Etat des lieux

Écrit par Jeremy & Bernard Dagnies - dimanche, 28 février 1999
Image
Garbage
28-02-1999

Remplir Forest National après avoir seulement sorti deux albums, n’est pas à la portée de tout le monde. C’est pourtant la performance que vient de réussir Garbage. Faut dire que depuis quatre ans, le quatuor a beaucoup tourné, sans jamais oublier la Belgique. Et que malgré son succès, il n’a pas attrapé la grosse tête. Ce qui explique, sans doute pourquoi, il attire la sympathie, aussi bien du public que des médias. Leur simplicité et leur gentillesse sont plus que légendaires. Il serait d’ailleurs malheureux de ne pouvoir se forger une opinion, lorsqu’on a la chance de les rencontrer pour la quatrième fois. Pas le temps, cette fois, de parler de la pluie et du beau temps. Quinze minutes nous étaient imparties. Butch Vig et Steve Marker ont donc fait le maximum pour nous dispenser une interview à la fois riche et intense…

Dans quel état d’esprit êtes-vous quelques heures avant d’accorder un concert dans une des plus grandes salles de Belgique?

S.M. : C'est incroyable. Lorsque nous avons commencé à booker la tournée, c’est un des premiers endroits à avoir été sold out! Nous devons compter une foule de fans, ici, en Belgique.

N'avez-vous pas parfois peur d'être dépassé par la situation? Comment faites-vous pour garder la tête froide?

B.V. : Ce n'est pas facile du tout (rires). Heureusement, nous avons de la bouteille. Nous ne sommes pas forcément plus malins, mais nous avons en tout cas cette faculté de pouvoir garder les pieds sur terre, quand les événements se précipitent autour de nous. Et nous l’avons démontré tout au long des nombreux concerts que nous avons accordés, ainsi que lors de la sortie de notre premier album qui a cartonné un peu partout dans le monde... Des expériences auxquelles nous avons pris beaucoup de plaisir. Le groupe a ainsi pu rester très soudé, et je crois que cette ‘union sacrée’ explique notre calme au sein de la tourmente…

Vous avez beaucoup eu recours à la technologie sur votre dernier album. N'avez-vous pas peur de perdre l'élément humain dans vos chansons? Et qu'à brève échéance, les hommes cèdent leur place à des machines?

S.M. : Ce serait cool que nous puissions nous asseoir en attendant que les machines fassent tout le boulot, non? Imagine un peu que lors de l’enregistrement de notre prochain album, toute la programmation soit mémorisée sur ordinateur ; mais que lors du bug de l'an 2000, au réveillon de 99, nous perdions toutes les données, parce que toutes les machines se seraient crashées. Nous serions alors obligés de sortir un album folk, avec des guitares acoustiques (rires). Du bluegrass... de la country, parce que nous n'aurions plus accès à nos synthés...

Vous n'avez jamais joué ‘unplugged’ pour MTV?

B.V. : Ils ne nous l'ont jamais demandé. Mais nous en serions capables. Nous avons donné quelques concerts acoustiques. Avec des guitares sèches, une batterie jazz et ce genre de matériel. A Portland dans l'Oregon, notamment, devant près de 10 000 personnes. Bien sûr, nous étions plus nerveux sur scène, mais nos chansons n'ont cependant rien perdu de ce traitement.

Parfois, ça fait du bien, de jouer en acoustique?

B.V. : Oui, c'est agréable. Et puis, l'essence même de la chanson est toujours présente. Juste les guitares et la voix de Shirley.

Il y a une cover de Big Star sur le single, vous en êtes de grands fans?

S.M. : Oui, mais « Thirteen » est la seule chanson que nous n’ayons jamais jouée d'eux. C’est un grand groupe. Alex Chilton s’est toujours montré à la hauteur, aussi bien au sein des Box Tops, de Big Star qu’en solo. C'est une chanson que Shirley a toujours voulu interpréter, parce qu'elle trouvait que le texte pouvait prendre une signification différente, s'il était chanté par une femme. Peut-être que nous la chanterons ce soir, je ne sais pas encore. (NDR : ils l’ont interprétée !)

Si vous aimez Big Star, vous devez alors également apprécier Teenage Fan Club et les Posies?

S.M. : Oui, surtout les chansons des Posies.

Sur votre nouvel album, Shirley a écrit l’essentiel des textes, mais ils semblent faire référence à la vie de Butch. C'est vrai? Si oui, pourquoi?

S.M. : Tu penses vraiment que les textes ont un rapport avec la vie de Butch, alors qu'ils ont été écrits par Shirley, c'est ça? Qu'est-ce que tu en dis, Butch?
B.V. :
(Apparemment ennuyé) Lorsque Shirley nous a rejoints, les lyrics se rapportaient à des épisodes qui nous concernaient. « Version 2.0 » inaugure ses premiers textes pour Garbage. Elle en est d’ailleurs responsable à 95%. Je crois qu’aujourd’hui, Shirley se sent mieux quand elle écrit. Ils peuvent être interprétés de différentes manières selon les auditeurs. C'est vrai que certains donnent l’impression d’avoir l'air d'être écrits par un voyeur, quelqu'un qui porte un regard sur des événements qui lui sont extérieurs ; mais cette façon d'écrire relève de son interprétation personnelle. A part ça, je ne peux pas t'en dire plus (rires).

Dans la chanson « Temptation waits », Shirley clame : ‘Je suis un vampire qui attend son heure…’ Partagez-vous une même perspective gothique que celle des Cramps?

S.M. : Les Cramps? Haaaa... Nous aimons les Cramps! Mais personne ne nous a jamais posé cette question. C'est peut-être de là que nous tirons notre nom. Va savoir!
B.V. :
Ils ont toujours véhiculé cette espèce de vibration psychobilly, ce truc un peu fou. Nous possédons un de leurs clips : ils jouent dans une espèce d'asile d’aliénés, en Californie, et au bout d'un certain temps, tu ne peux plus faire la différence entre le groupe et les patients. C'est assez surréaliste. Là où je discerne un parallèle entre eux et nous c'est que Shirley a cette faculté de pouvoir se glisser dans la peau d'un personnage ; ce que ce groupe new-yorkais faisait très bien. Surtout Lux Interior.

Et ce côté gothique, alors?

S.M. : Disons que c'est un peu plus ‘tongue in cheek’, un peu ironique. Certains journalistes nous accusent parfois d'être gothiques. On a un peu de mal à les comprendre. On ne se déguise pas en croque-morts, on ne reprend pas de vielles chansons de Cure, de Siouxsie & The Banshees ou de Bauhaus. Peut-être que cette image vient de la manière dont Shirley interprète un personnage gothique. Enfin  intrinsèquement, nous sommes peut-être un peu gothiques. Mais alors un peu.

« Special » est un hommage à Chrissie Hynde des Pretenders. Que représentent les Pretenders pour vous?

B.V. : Leur premier album est absolument génial. Grand groupe, grandes chansons, Honeyman-Scott était un tout bon guitariste. La semaine dernière, nous avons joué à Wembley, c'était sold out. Chrissie Hynde nous a rejoints sur scène pour chanter « Only Happy When It Rains ». Pour nous tous, cette rencontre restera inoubliable. C’était incroyable ! Le simple fait d'entendre sa voix, et de voir comment elle a pu soulever l’enthousiasme de milliers de gens, m’a donné la chair de poule... Coup de bol, on avait mis le son bien clair, et quand on l’a réécoutée, après dans le bus, tout le monde était sur le cul. A ce jour, c’est déjà un des grands moments de notre tournée. Elle est une de nos idoles. Shirley adore sa façon de chanter, et quand elle joue de la guitare, elle a un de ces looks. Elle a toujours été un ‘role-model’ pour nous. En plus, nous avons pu discuter avec elle après le concert. Elle est vraiment gentille, très marrante et intelligente.

C'est vrai que vous avez dû payer votre place quand vous avez joué chez vous, à Madison, parce que tout le monde avait demandé une exonération?

S.M. : Nous avons dû payer notre place?
B.V. :
Non, nous avons reçu des tickets gratuits. En fait, c’était la première fois que nous jouions au Dane County Coliseum, qui est une des plus grandes salles de concert du coin. Je crois que sur la guest-list, il y avait à peu près 500 personnes. Tout le monde voulait obtenir un backstage. Cette situation a failli tourner à l'émeute. Comme le public était chaud, nous en avons profité pour tourner quelques plans de foule. C’était vraiment très intense. Après le concert, nous sommes allés dans un bar qui est un peu notre QG officieux, et là aussi c'était la folie. C'est amusant de jouer chez soi, en sachant que tous tes fans de la première heure seront présents pour t'encourager...

Garbage figurait sur une compile intitulée « Women of the 90's ». Imagine qu’il y en ait une autre qui sorte sous titre « Boys of the 90's », vous y figurerez aussi?

S.M. : J'espère! Nous ne sommes ni vraiment un boy band, ni vraiment un girl band. Nous sommes un peu des deux. Les deux perspectives sont présentes au sein de Garbage. J'espère effectivement que nous figurerons sur ces deux compilations.

Jérémy & Bernard Dagnies.

(Merci à Didier Stiers)

Version originale de l’article paru dans le n°70 du Magazine Mofo de février 99

 





 
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