The Machine That Made Us

Flotation Toy Warning
Pop/Rock
Talitres / V2
A ce jour, ...Lire la suite...

Un goût de gris pour Flox…

Alias Flox, Florian Gratton a publié son nouvel album, ...Lire la suite...

Aujourd’hui, le rock est plus lisse, plus produit, mais dans le mauvais sens du terme…

Écrit par Didier Deroissart et Malorie Moneaux - vendredi, 17 juin 2016
Image
Gonzo
19-09-2015

Gonzo est un groupe éphémère réunissant le Montois Baptiste Lalieux (Saule), Geoffroy Heyne (A Mute), Simon Bériaux (Hibou, Le Yeti), Vincent Lontie (Fugu Mango, Bikinians) et Nicolas Vandeweyer (Eleven). Suivant la bio, la formation pratiquerait une musique à la croisée des chemins de Weezer, Bloodhound Gang, Beastie Boys et The Presidents of The United States of America. Avant le concert accordé à l'Alhambra de Mons, Geoffrey et Baptiste on accepté de répondre aux questions de Musiczine. En toute décontraction…

Pourquoi avoir baptisé votre groupe Gonzo ? Est-ce une référence au Muppet Show ou au porno ? (Rires)

J : Du porno ? Nous n’en avons pas seulement consommé au cours de notre jeunesse ! Et puis, nous sommes encore jeunes ! Il faut le souligner. Non, en fait, Gonzo, c’est bien inspiré du délire Muppet, l’homme-canon. Ensuite, on s’est rendu compte qu’il avait plusieurs significations et que toutes nous collaient un peu à la peau.
B : En italien, le terme se traduit par ‘stupide’. Et il nous parle.

Vous avez prévu d’inviter Charlie ?

B : Ce n’est pas dans le cahier des charges. Mais comme il est assez ouvert d’esprit, ce n’est pas exclu qu’il vienne ajouter son grain de folie, dans Gonzo. Nous sommes tous les deux  spontanés. Donc si un jour on l’appelle, il est très susceptible d’accepter.

Vous êtes tous impliqués dans d’autres projets. Alors Gonzo, est-ce une aventure dite ‘éphémère’ ou durable ? Avez-vous l’intention de lui consacrer un long playing ?

Geoffroy (Jo) : Oui, dans le courant de l’année prochaine ; on va s’y mettre tout doucement. A mon avis, on va commencer à enregistrer l’été prochain, mais de toute façon, cet album ne paraîtra pas avant 2017.
Baptiste : Parce que nous avons tous des projets en chantier. Perso, celui de Saule débouchera bientôt sur un nouveau cd.

Votre Ep recèle 5 plages. Comment s’est déroulée l’écriture des morceaux. Et dans quelle ambiance ?

J : Pour déconner, on a accordé un concert de reprises pour des potes, alors qu’à l’époque on jouait du punk. Ensemble. On s’est vraiment bien éclaté. Puis on en a conclu qu’on recommencerait bien l’expérience. Et puis on a fondé Gonzo. Baptiste s’était pété la jambe ; donc il avait eu du temps pour composer presque tous les titres qui figurent aujourd’hui dans notre répertoire. On a lancé le projet, puis le cours des événements a repris ses droits. On a fait quelques dates, ensuite on a tourné la page. Cet épisode remonte d’ailleurs à plusieurs années.
B : Il y a sept ans qu’on a enregistré ces titres. A l’origine, ils n’étaient pas du tout destinés à se retrouver sur iTunes. C’était plus une démo qui n’avait aucun objectif commercial. On avait enregistré ces morceaux pour nous. Et lorsque l’agenda a commencé à se remplir, notre manager nous a conseillé de le sortir. Or le son était garage. On l’avait enregistré en prise directe, ‘rough’. Et en fait, tous ceux en compagnie desquels on bossait, ainsi que notre attaché de presse, nous ont rassurés par leur argumentation. Il s’agissait de notre son, il était super et il fallait le reproduire tel quel. On a juste masterisé. Mais le plus curieux, c’est de voir cet Ep sortir après tant d’années…
J : On a enregistré en prise directe !
B : On a ainsi pu conserver l’énergie du groupe.
J : Tout est allé tellement vite. On n’a pas trop pris le temps de réfléchir ; et finalement le résultat traduit bien nos prestations sur scène, aussi.

J’ai lu, dans une interview, que tu avais l’intention d’inviter Giacomo de Romano Nervoso, lors des sessions d’enregistrement de ce futur elpee ?

B : Giacomo, je l’ai déjà croisé à deux ou trois reprises, et je l’apprécie. J’aime son attitude rock’n’roll, sincère et brute de décoffrage. Notre manager nous a rapporté que Romano souhaitait que nous partions en tournée avec son groupe. Mais je dois enchaîner par un autre projet, un conte musical, que j’ai écrit pour Mons 2015. Et donc le timing ne collait pas. Un journaliste m’a demandé si j’avais l’intention de poursuivre cette aventure de super-groupe, en engageant des musicos issus d’horizons divers. Et puis, quel artiste je souhaitais inviter en studio, pour chanter avec moi. J’ai immédiatement pensé à Giacomo.
J : Le délire est toujours aussi anti-conventionnel. 

Quand on vient d’univers musicaux différents, comment faire prendre la mayonnaise ?

B : C’est le fameux ‘un peu de tout’ à la belge. Il y a des tas d’influences un peu différentes. Et même du punk. On partage tous un dénominateur commun, c’est celui d’avoir joué beaucoup de rock et de continuer à l’apprécier. Le punk/rock tout particulièrement. Gonzo, c’est un peu un mélange de tout ça. Certains titres sont un peu plus reggae, d’autres davantage acoustiques. Notre répertoire recèle deux morceaux country ; et pourtant, au départ, la country n’était pas du tout notre truc.
J : Que ce soit de la country ou du reggae, on cherche simplement à s’éclater. On y injecte une dose de punk, on mélange, et hop c’est parti…
B : Honnêtement, je n’ai pas de recette. Je pense que chez Gonzo, elle appartient à tout le monde. Il n’y a pas de patron. Chacun ramène vraiment sa personnalité, contrairement à Saule où je suis plus au front. Ici, il existe une vraie énergie collective. C’est assez chouette de vivre ces moments, de s’observer quand on joue. Aujourd’hui on a accordé un set plus court, mais Jo, normalement, défend sa chanson. Nous somme trois ‘lead vocalists’. Il n’y a pas vraiment une recette. Aussi quand on se produit un dimanche à 17 heures, sur une énorme scène, devant public très familial, et que celui-ci adore ; et bien, on a le droit d’être satisfait. Car le ‘live’, c’est un mix entre la sincérité, la générosité et l’aspect festif.
J : C’est ainsi qu’on l’a également imaginé. Et on l’a créé pour s’amuser, se marrer même. Notre attitude le montre. La réaction du public également. C’est communicatif.

En live, lorsque vous interprétez « Girls », vous invitez les filles à grimper sur le podium. Est-ce par délire ou est-ce voulu ?  

B : On n’a jamais pécho une meuf.
J : Que veux tu dire par ‘c’est voulu’ ? 

Intentionnel ! Lorsque vous vous être produits dans le cadre du BSF, sur l’estrade, vous en avez invité une belle fournée ; mais il y avait de tout : des belles, des moches, des vieilles, des jeunes.

J : Et ce soir, tu as maté un peu ?

Bof, il y avait de tout aussi.

J : Il y avait de la caille.
B : En fait, le morceau parle d’un gars qui se dit ‘Mais pourquoi quand je marche dans la rue, il n’y a aucune nana qui me regarde ?’ J’ai écrit les paroles en pensant à ces donzelles qui te toisent un peu ainsi en disant ‘Mais à quoi tu ressembleras quand t’auras septante ans, toi qui crâne devant nous ?’
J : Tu vois, même sur scène, elles ne nous regardent pas.
B : Oui, même sur scène. Je leur tourne le dos, déjà. C’est un peu un morceau humoristique qui traite de ce sujet. Il est vrai qu’on aime bien faire monter des filles sur les planches.
J : C’est sympa et en même temps génial, d’inviter plein de monde sur l’estrade. Que ce soit des filles ou des mecs. C’est idéal pour mettre l’ambiance. Tu sens les planches qui vibrent. Et il y a toujours un moment dans le morceau au cours duquel ils s’excitent tous. Ils ne savent pas trop à quoi s’attendre, et au départ, il y en a qui ne bougent pas en se disant certainement, ‘Mais qu’est-ce que j’ai fait, pourquoi suis-je monté sur le podium ?’ Mais d’autres ne veulent plus en redescendre.

Toujours dans le cadre du BSF, lorsque vous avez interprété « Gay », une partie de la foule n’a vraiment pas apprécié…

B : Je pense que cette chanson est mal comprise. C’est intéressant que tu nous en parles, parce que notre attaché de presse est homo et au début, il a cru qu’on se foutait de la gueule des gays. Or, le message est totalement contraire. En fait, il raconte l’histoire d’un mec qui en a marre d’être jugé sur sa sexualité. Il l’assume. C’est une chanson pro-gay et pas du tout anti-gay. Mais comme on la chante en anglais sur de gros riffs de grattes, elle n’est pas facile à décrypter. 
J : Elle a été mieux appréhendée lors de notre set accordé à Spa, car Baptiste l’a commentée préalablement. Du coup, le public était plus enthousiaste. Lorsque tu ne prépares pas le terrain, tu favorises les amalgames…

Vous adaptez le « Killing in the name » de Rage Against The Machine ; et franchement la version déchire. C’est un titre fétiche ?

B : Nous préparions la tournée des festivals d’été et il nous manquait quelques morceaux. J’avais encore en magasin deux ou trois compos qu’on n’avait pas encore intégrées dans le répertoire. Et on en a conclu qu’il serait chouette d’y insérer une cover, mais pas qui ressemble à l’originale. Sinon, elle n’aurait aucun intérêt. Et c’est lors d’une répète, qu’on a décidé d’attaquer une reprise de Rage Against the Machine, mais en version folk, country et bluegrass. A l’aide de nos grattes en délire. Et comme on a trouvé le résultat sympa, on a décidé le conserver. Et il est vrai que sa transposition ‘live’ marche plutôt bien.

Jo, pendant « Mister Woodman », tu es victime de ta timidité ou c’est de la comédie ?

B : Tu évoques son attitude, lorsqu’il chante sur la reprise de NOXF ?
J : Oui je suis timide. En fait, je ne suis pas chanteur. Mais ce choix relève du délire de Gonzo. On a pensé qu’il serait intéressant d’insérer un passage complètement dingue aux claviers, de plus de 10 minutes, pendant que je distribue des pralines. Puis on a décidé de passer à l’acte. Génial, on va le faire. Et on l’a fait. Au début, je chiais dans mon froc ; et puis finalement, j’y ai pris goût.
B : C’est un moment qu’on adore car on y casse toutes les conventions. Le batteur devient chanteur. Une sorte de crooner à la Sinatra sur un morceau punk pur et dur. Le claviériste exécute un solo de trois notes, les mêmes pendant une minute. Dans notre local, la formule nous faisait bien rire ; aussi, on voulait voir si elle allait avoir le même effet sur le public, en live. Et il a adoré ! Jo se pointe et distribue des bonbons comme si c’était Saint-Nicolas.

Vous avez l’intention de vous produire à l’étranger ?

B : Oui, on a l’ambition de dépasser nos frontières.
J : Bertrand a des contacts en France. Il y a manifestement de l’intérêt. Mais pour l’instant, il est préférable de calmer les ardeurs, au vu du contrat…

Partants donc pour vous produire ‘unplugged’ ?

B : À ce jour, on n’a accordé qu’un seul set dans le style. Mais si on grave un album, on devra accorder des des showcases. Donc en version acoustique. Et il ne devrait y avoir aucun problème, car nos compositions sont basées sur  les harmonies vocales. On devra les adapter, mais je suis convaincu que le résultat sera probant.  

Lors de votre concert, j’ai constaté l’absence de Vincent. Qui l’a remplacé ?  

J : Au départ, il était convenu que certains membres du groupe étaient interchangeables. Il ne faut pas oublier que Gonzo est, à la base, un side project. Certains sont plus difficiles à remplacer que d’autres. Mais Vincent a un agenda particulièrement chargé. Il a donc décidé d’écoler un petit jeune, Max. Il a parfaitement rempli son rôle et il devrait continuer cet intérim, car le projet est en constante évolution...

Baptiste, ton jeu de guitare semble marqué par la country et le bluegrass ?

B : Absolument. Mais il existe des tas d’autres styles musicaux qui m’inspirent. J’aime l’aspect rugueux, direct, ‘plug and play’ de la country et du bluegrass. J’ai assisté à plusieurs shows de Bob Log. C’est le genre de mec qui débarque sur le podium, coiffé d’une espèce de casque d’aviateur. Il dispose d’une grosse caisse, d’une gratte et d’un bottleneck et il commence à jouer du blues hyper speed. C’est un ovni. J’adore ce type d’extraterrestre, parce qu’il injecte un feeling un peu punk là-dedans. Un côté ‘je me plug et j’y vais’. Le son est dégueu ; mais en même temps, c’est ce qui fait sa force.

Quel soin apportez-vous au sens mélodique ?

B : La mélodie, c’est ce qui est le plus important pour moi, quand j’écris une chanson. Je baigne dans la musique depuis longtemps ; et pourtant, lors de projets précédents, il m’est déjà arrivé de proposer des morceaux dont la mélodie n’était pas top. Ce que me reprochaient certains collaborateurs. Il a fallu que je prenne du recul, mais finalement, je l’ai reconnu. La mélodie, c’est le b.a.-ba d’une chanson. Et chez Gonzo, on accorde beaucoup d’importance au sens mélodique.
J : Une bonne chanson, on doit pouvoir la jouer à la sèche. Gonzo, c’est du punk/rock, ça rentre dedans, mais le répertoire est constitué avant tout de chansons.

Apparemment, les States vous inspirent ? Mais êtes vous davantage ‘années punk’ ou ‘années grunge’ ?

J : On est ‘années punk’, mais à l’époque du grunge. C’est-à-dire le skate à roulettes, Bad Religion, NOFX, Pennywise. Le punk qui rentrait… Green Day, c’est la même époque que Nirvana. Perso, je n’aimais pas le grunge. Aujourd’hui, j’ai changé d’avis. Mais ce n’était pas mes premières influences.
B : Oui, c’est vraiment le rock des années 90. On parlait tout à l’heure de Weezer. J’appréciais beaucoup les Presidents of The United Sates. Des trucs plus durs aussi. Deftones, Korn, … et ce type de groupes qui nous ont marqués très fort dans les nineties. Et il est vrai qu’aujourd’hui –on l’a déjà répété lors des interviews, mais c’est un constat– le rock est plus lisse, plus produit, mais dans le mauvais sens du terme. Il a perdu ce côté énergique et crade qui nous plait. Même les artistes qu’on adorait à l’époque, ont fini par sophistiquer leur son.

Plutôt Nirvana ou Pearl Jam ?

B : Je suis fasciné par le personnage d’Eddie Vedder. Nirvana était –je pense– à l’époque, un phénomène de mode. Mais après avoir vu le documentaire vraiment fabuleux consacré à Kurt Cobain, et en me replongeant dans la discographie de ce groupe, je me suis rendu compte qu’il y avait des trucs de dingue. Et d’un point de vue musical. Ta question est difficile. Finalement, les deux formations méritent autant de crédit. Aussi bien pour la face spirituelle d’Eddie Vedder que celle spontanée et crade de Nirvana.

 

 





 
MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement