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La religion ? Un prétexte pour entretenir la guerre qui sévit en Irlande du nord…

Écrit par Christophe Godfroid - samedi, 29 juin 1996
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Hothouse Flowers
30-04-1993

Les Hothouse Flowers sont des lrlandais on ne peut plus ‘roots’. Il est vrai qu'en portant des noms comme O’Maonlai ou O'Braonain, vos origines deviennent vite suspectes. Puisant son inspiration dans le riche héritage de la verte Eirinn, le groupe perpétue, avec fierté et passion, la tradition gaélo-celtique.

A partir de cet instant, les clichés sont faciles : on pourrait parler de la Guinness, des jolies rousses voire du trèfle à 4 feuilles mais dans ce cas-ci, il vaut mieux les éviter. Hothouse Flowers n'est pas une formation folklorique faisant résonner les binious sur les bords du Connemara ou dans la vallée de Cork. Ses inclinations musicales passent par la soul et le rhythm'n'blues. Leurs compositions véhiculent un côté religieux voire mystique, très proche des négro-spirituals et du gospel made in Harlem.

Définitivement black. Pour en parler, avec en toile de fond le 3ème album « Songs From The Rain », le batteur Jerry Fehily et le saxophoniste Leo Barnes.

Quelqu'un a dit un jour que les Irlandais étaient les Noirs d'Europe. Votre point de vue?

Leo Barnes : Exact. Les Irlandais se rattachent toujours à leurs racines, à l'instar des Noirs américains qui n'ont jamais oublié l'Afrique. De plus, la musique irlandaise a influencé la musique américaine et vice-versa. Dès lors, ce n'est pas surprenant qu'il y ait des points communs entre les 2 cultures. Comme les Noirs, les Irlandais ont beaucoup souffert au cours de leur histoire. Aujourd'hui, c'est davantage l'Eglise que l'Angleterre qui nous opprime. Elle est intolérante. La plupart de nos concitoyens ont voté oui à Maastricht, ils espèrent ainsi que l'Europe, et non l'Angleterre, apportera une solution aux problèmes économiques, sociaux et religieux de notre pays bien que la religion, pour en parler, ne soit qu’un prétexte pour entretenir la guerre qui sévit en Irlande du nord…

D'un point de vue musical aussi, Hothouse Flowers affiche un côté black. C'est évident sur votre nouvel album.

Jerry Fehily : Hothouse Flowers n'est pas un groupe folk traditionnel, à vrai dire. Sur le nouvel album, il n'y a ni accordéon, ni violon. Nos influences musicales sont diverses : elles vont du rock pur et dur au rhythm'n'blues, en passant par la soul music. Personnellement, j’aime bien un truc comme Chick Corea... Quant aux textes, ils ne font jamais allusion à l'Irlande. Liam (O'Maonlai) s’inspire d'expériences personnelles, relatives à sa vie et non au pays. Pas de message d'ordre politique ou social.

Ce qui frappe chez vous, c'est aussi votre dimension religieuse voire mystique. L'influence du gospel et du negro-spiritual?

L.B. : Rejoins ma secte, si tu veux. Donne-moi d'abord ton argent puis tu vivras une expérience mystique... (rires) Non, religieux n'est pas le terme adéquat. Je parlerais plutôt de spiritualité. Nos concerts sont des messes où on ne célèbre qu'une chose : le rock'n'roll!
J.F. : Deux morceaux de « Songs From The Rain » ont été enregistrés à Woodstock, dans une ancienne église transformée en studio d'enregistrement. Peut-être qu'inconsciemment, le lieu nous a inspirés.

Apparemment, vous développez votre style sans tenir compte de nouveaux courants musicaux, comme le grunge.

J. F. : J’estime qu'un morceau comme « Spirit Of The Land » est un peu grungy, même s'il n'y a pas de guitares saturées. Si tu t'étais trouvé à proximité des amplis, la 1ère fois où on l'a joué, tu aurais été impressionné par sa force. Dans l'ensemble, il y a davantage de guitares sur le nouvel album que sur « Home », le précédent.

Il y a un titre sur l'album, « One Tongue », qui prône l'emploi d'un langage universel. Le gaélique, par exemple ?

J. F. : Notre langue maternelle, à Léo et à moi, c'est l'anglais, à la différence de Liam et de Fiachna (O'Braonain) qui ont été élevés dans les 2 langues irlandaises : l'anglais et le gaélique. Fiachna parle aussi le français. C'est utopique de croire, bien sûr, que tout le monde puisse un jour parler la même langue, car il y a trop d'ethnies et de cultures différentes sur terre. C'est avant tout un état d'esprit : cette chanson plaide en faveur de la tolérance, de l'acceptation des différences et de la compréhension entre les peuples.

(Article paru dans le n° 12 d’avril 1993 du Magazine Mofo)





 
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