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‘Smells like teen spirit’ est une chanson des Pixies

Écrit par Geoffroy Klompkes - vendredi, 31 décembre 1993
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James
31-12-1993

Après s’être égaré du côté de Simple Minds, les James sont de retour. Et leur nouvel opus, "Laid", atteste une sérénité enfin retrouvée. Conversation en compagnie du chanteur Tim Booth et Jim Glennie, le bassiste.

Jim : Les mauvaises critiques qu'on a essuyées pour "Seven" nous ont affectés. Ce serait difficile de dire le contraire.
Tim : On nous a accusés de sortir "Seven" pour vendre un max de disques, d’enregistrer volontairement un album commercial. On essaie de ne plus trop y prêter attention. On savait qu'on se ferait descendre. Parce qu'on avait eu une très bonne presse, depuis huit ans. On sentait que le retour de flammes devait arriver. Une fois qu'on a du succès, c’est inévitable. Et on se doutait aussi, qu'après "Seven", les réactions seraient meilleures. La première fois qu'on vient nous voir en concert, les gens sont estomaqués, car les disques ne les ont pas préparés au spectacle. La deuxième, ils sont déçus, parce qu'ils attendent trop. Et la troisième, ils nous aiment de nouveau. Un cheminement normal. Si tu te rends dans un restaurant où tu t’attends à manger quelque chose de dégueulasse et qu'ils te servent un bon repas, tu seras très heureux. Mais si tu vas dans un grand restaurant où tu as toujours très bien mangé et que ce n'est pas aussi bon que d'habitude, tu te plaindras. Nous on savait que l'album après "Seven" serait différent. Mais si on a reçu de mauvaises critiques, c'était essentiellement en Angleterre ; on en a eu des favorables dans d'autres pays. En Allemagne, par exemple. D'ailleurs, en Allemagne, la maison de disques n'aime pas "Laid", jugé trop calme.

Vous semblez plus heureux sur "Laid" ...

T. : Cest vrai. J'étais assez déprimé, du temps de "Seven". Mais il y a une certaine tristesse dans "Laid" ; la tristesse est toujours meilleure que la déprime. La déprime, c'est une absence de sentiments, c'en est la négation même. Alors que la tristesse est un sentiment dont il ne faut pas avoir peur si on ose le ressentir.

Andy, le trompettiste, a quitté le groupe?

T. : Andy avait accepté de rester avec nous jusqu'à la fin de la tournée "Seven". Il a donc quitté le groupe l'été dernier. La première tournée qu'on a effectuée ensuite était celle, acoustique, en première partie de Neil Young. On a donc réarrangé nos chansons ‘électriques’ et Andy ne nous a pas manqués puisqu'il ne les avait jamais jouées dans leur version acoustique. Et cette tournée nous a incités à composer des chansons plus calmes, qui figurent sur cet album. "Laid" est né de ces circonstances particulières. Le résultat aurait sans doute été très différent si on avait tourné en compagnie d’un groupe de heavy-metal.

Et comment s'est déroulé le travail auprès de Brian Eno ?

T. : Il aimait bien "Seven". On lui a demandé de nous produire et il a accepté. Il est venu nous voir à un de nos concerts acoustiques et il a travaillé en fonction de ce concept. Il nous a encouragés dans cette voie. Mais une chanson comme "Sometimes" était déjà écrite avant son arrivée. Il a écouté nos séances d'improvisations et il a dit : ‘Ca c'est bien! Vous pourriez essayer de le refaire ?’

Dans "Out to get you" qui ouvre l'album, tu dis que tu as besoin d'un contact humain. Symbolique?

T. : Oui... On avait pensé à plusieurs solutions différentes, pour le tracklising. On savait que c'était un choix étrange pour la maison de disques qui veut toujours commencer un album par le single, pour éblouir l'auditeur d'emblée. Nous, on trouvait qu’"Out to get you" permettait à l'auditeur de se concentrer, pour mieux ‘entrer’ dans l’album.
J. : On n'avait jamais passé autant de temps à réfléchir à l'ordre des morceaux. Avant, on s'en foutait un peu, genre: ‘On commence par celui-ci? Allez oui...’
T. : De quoi avertir le mélomane que l'album est plus profond, qu'il ne sera pas ‘facile’.

On dit que vous êtes sur le point de décrocher un succès international. Cette situation vous effraie ?

T. : On est très populaires en Angleterre, depuis près de 4 ans. Au début, le succès nous effrayait beaucoup, même avant qu’il n'arrive. C’est terrible quand tes voisins, ta famille commencent à te demander des autographes. Il est plus facile d'être une star dans un autre pays. Il est important de pouvoir rentrer chez soi, enlever ses lunettes de soleil et redevenir ‘Mr. Normal’. Maintenant on est immunisés, si ça se produit ailleurs, cela ne nous fera plus peur.

Penses-tu toujours que le succès émane uniquement de la musique ?

T. : La musique joue évidemment un rôle, mais c'est avant tout une question d'attitude, d'image, il faut être là au bon endroit et au bon moment. Pour moi, les Pixies auraient dû être énormes et "Smells Like Teen Spirit" est une chanson des Pixies. Mais ils n'avaient pas Kurt Cobain et de bons clips. Si j’ai un tel point de vue, c’est parce que je suis anglais et que la presse de mon pays est essentiellement basée sur la mode. Il faut être très photogénique ! Regarde Suede. On peut se permettre de le dire car on a bénéficié de huit ans de bonne presse et une année de mauvaise. Si actuellement, il n'y a pas de grande musique en Grande-Bretagne, c'est parce que les Anglais ne sont braqués que sur les mauvais aspects.

A vos concerts, forcément, tout le monde attend "Sit Down". Embarrassant ?

T. : On a accordé un concert, la semaine passée, au Portugal. On a commencé par "Born of Frustration" et embrayé par "Sit Down". Les gens chantaient encore quand la chanson était terminée. Une sorte de grande célébration. Et puis, on a joué les nouveaux morceaux et ils ne savaient pas comment réagir. Ils attendaient cette grande fête que nous déclenchions auparavant, lors de nos concerts. Nos nouvelles compos essaient plutôt de créer une atmosphère.

(Article paru dans le n°18 du magazine Mofo de décembre 1993)

 





 
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