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Bach plutôt que Beethoven…

Écrit par Bernard Dagnies - mercredi, 10 novembre 2010
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JOY
10-11-2010

Printemps 2007, alors que Venus va fêter son dixième anniversaires d’existence, à l’AB, Marc Huyghens annonce, via le website du groupe, la fin de l’aventure Venus. Aussi, le concert du 23 mars à l'AB se transforme en grande fête d'adieu, une grande fête au cours de laquelle de nombreux invités vont venir rendre un dernier hommage à Venus. Ce concert sera immortalisé par un double album, tout simplement intitulé « Venus », incluant, outre l'enregistrement du concert, une compilation des meilleures compos de la formation. Mais la suite est moins rose. Marc ne parvient pas à rebondir et s’enfonce dans l’alcool. Désintoxiqué il décide de monter un nouveau projet. En compagnie de sa compagne, Françoise Vidick, une vocaliste qui avait déjà bossé pour, en autres, Zap Mama et dEUS. Ils sentent la nécessité de compléter le line up et posent leur choix sur la violoncelliste Anja Naucler, ex-Manou Gallo, une connaissance de Françoise. Une virtuose qui a suivi une formation classique à Göteborg et au Conservatoire de Bruxelles. JOY est choisi pour patronyme ; et pourtant on ne peut pas dire que leur musique transpire la joie. Le trio a enregistré l’album, un an avant sa sortie. Puis se rôde en tournée. Un opus éponyme, partagé en 9 titres. Un disque beau et mélancolique à la fois (voir aussi chronique de l’album) Cette interview a été réalisée par e-mail. Marc a donc répondu aux questions, parfois embarrassantes, que votre serviteur lui a posées ; et je vous en propose le contenu, auquel j’ai parfois ajouté quelques remarques, entre parenthèses, en les précédant de l’abréviation ‘NDR :’…

Une question bateau, pour commencer, mais comme je n’ai reçu qu’un exemplaire cartonné promo, je n’ai guère de renseignements sur les sessions d’enregistrements. Quand se sont-elles déroulées. Où. Qui a produit l’album ? Y avait-il des invités ? Si oui, qui et qu’ont-ils fait ?

Les enregistrements ont commencé un an avant la sortie de l’album. Ils ont duré en tout 25 jours. Toutes les parties instrumentales ont été enregistrées au studio Pyramide à Beersel. Les voix ont été enregistrées au studio de Jean-Pierre Onraedt (ex-TC Matic). Le mix s’est fait au studio Dada à Schaerbeek par Christine Verschorren, et le mastering au studio Jet. C’est JOY qui a produit l’album. Le seul morceau sur lequel jouent des invités (un quatuor à cordes) a été écarté de l’album.

Tu as souhaité également sortir le disque sous la forme du vinyle. Une raison particulière ? Pas peur de te planter financièrement, sachant que c’est quand même onéreux ? Es-tu collectionneur toi-même ?

La fabrication des vinyles coûte en fait à peine plus cher que celle des CD. C’est par pur plaisir et parce que les amateurs de vinyles restent très nombreux que l’album sort dans ce format. Et aussi parce que la pochette a été conçue pour ça.

Dans le compte-rendu que j’avais écrit, lors du passage de JOY à Tournai, j’avais évoqué de vagues comparaisons avec le timbre vocal Guy Chadwick. Or sur le disque, il est plus éthéré. Il est naturel ou alors il a été retravaillé lors du mixing ?

La seule comparaison qui me semble la plus juste est celle qu’on a faite avec le chanteur de James... (NDR : parfois côté inflexions, mais certainement pas pour le timbre : Jeremy **–fan devant l’absolu de la bande à Tim Booth est ravi que l’on reparle de la formation mancunienne, une formation qu’il estime injustement méconnue et pourtant qui demeure une référence incontournable– le confirme). Les voix n’ont absolument pas été retravaillées. Elles sont comme l’album. C’est-à-dire très sèches et naturelles.

Pour l’instant JOY est un trio. Pas l’intention d’élargir le groupe à un sextet, en ajoutant 3 violons, par exemple, de manière à être soutenu par un quatuor à cordes ?

Absolument pas. La nature minimaliste du groupe impose de composer et de jouer à 3. C’est tout l’intérêt de notre démarche. Ce qui ne nous empêchera pas un jour de collaborer avec d’autres musiciens dans des cas précis. Car plus une musique est simple, épurée, plus il est facile d’y faire intervenir d’autres musiciens.

JOY, le patronyme du groupe, vous l’avez choisi en fonction d’un parfum onéreux créé par Jean Patou. Mais quand on prononce le mot JOY, on pense aussi à Joy Division, Band of Holy Joy, à ‘Ode of Joy’, la neuvième de Beethoven. Oui, il y en a d’autres, mais ces références-ci me semblent les plus évidentes, et auraient aussi pu constituer d’autres bonnes sources d’inspiration pour choisir ce nom. Qu’en penses-tu ?

Le nom du groupe a été choisi par opposition à la noirceur des textes que j’écris. Beethoven ? Je ne l’aime pas. Je lui préfère de loin Bach et la musique baroque en général. Joy Division ? Ils ne m’ont jamais attiré jusqu’au jour où Dominique A m’en a parlé. Depuis, j’ai écouté leurs albums, vu le film qu’en a tiré Anton Corbijn, et j’en suis devenu fan. Comme on est fan du Velvet. Et de ces groupes qui réinventent la musique avec une quasi absence de virtuosité.

Il y a des références au sacré et à la Bible dans tes compos. Et puis il y a cette croix, sur la pochette, même réalisée à l’aide d’un bouchon de Liège. Es-tu branché sur les textes bibliques ? L’Ancien Testament ? Les Evangiles ?

Je suis athée. Mais il y a sur l’album 2 chansons qui ont un lien avec la religion. « Long Way Around The Sea » qui est une allégorie sur le voyage des Rois Mages, mais surtout un hommage à Low, et « Sword » qui est une chanson sur quelque chose que j’estime absurde : la croyance religieuse.

On trouve également des références au Moyen-âge, dans tes lyrics. En particulier sur « Empire » et « Sword » (*). Féru d’histoire ?

Désolé, mais il n’y a pas la moindre référence au Moyen-âge… « Empire » est une chanson sur les dégâts immenses causés par les hommes dont la quête de pouvoir est synonyme de réussite.

Sur « Empire », justement, les accords angoissants de violoncelle (très thriller !) me font un peu penser aux débuts de dEUS. Et en particulier ceux de « Worst Case Scenario », à la fin du morceau. Objection ? Et sur « Endless song », la construction mélodique est assez proche du Muse, dans sa période la plus symphonique. Est-ce parce que vous puisez aux mêmes sources de la musique ‘dite’ classique ?

Je n’ai vraiment pas l’impression de faire une musique qui ait un quelconque rapport avec les 2 groupes que tu cites. Mais chacun est libre de faire les comparaisons qu’il veut !

(NDR : Coïncidence, mais j’imagine que les comparaisons ne sont pas toujours les bienvenues, même si elles sont inconscientes ; parmi les groupes et artistes dont Venus a partagé l'affiche en tournée, figuraient notamment Muse et dEUS… en outre, Françoise a, à une certaine époque, assuré les backing vocaux, chez la bande à Tom Barman)

(*)
Empire

Nous sommes morts et avons payé
Pour tous les mensonges que vous avez proférés
Vous nous avez incités à vivre en enfer
Alors que la paix était entre vos mains
Vous les Princes, Seigneurs et Rois
Aux ailes argentées de chevaliers
Le partage est un mot que vous détestez
Tout comme nos enfants que vous avez ignorés
Tout ce temps, tout ce temps, tout ce temps
Bientôt vous serez étendus
A côté d’un million de tombes
Et tant de femmes et d’hommes
Vous fixeront à nouveau
Les Empires que vous avez construits
Pour vos propres enfants
S’effondreront enfin un jour
Cela prendra du temps, cela prendra
Beaucoup de temps, beaucoup de temps, beaucoup de temps

Glaive

Oh mon Seigneur
Est-ce ce que vous souhaitez voir
Des gens à genoux
Oh mon Seigneur
Est-ce ainsi que tu veux que nous soyons
Des ombres traînant des péchés
Oh mon Seigneur
Esprit de houx
Des glaives de houx
Vous ont rendu aveugle
Nous prions tous quand vous trichez
Mais vous haïssez la façon dont nous chantons
Oh mon Seigneur
Ne sommes-nous pas les semences
Que vous avez semées
Et qui seront bientôt fauchées
Oh mon Seigneur
Esprit de houx
Des glaives de houx
Vous rendent aveugles
Nous prions tous quand vous trichez
Mais vous haïssez la façon dont nous chantons (Merci à Vincent Devos)

** Jeremy Dagnies qui a écrit pour diverses publications, et notamment pour le magazine Mofo, jusqu’en 2001.





 
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