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Vouloir c’est pouvoir…

Écrit par Bernard Dagnies - lundi, 27 décembre 2010
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Kiss & Drive
20-12-2010

Elle a gagné l’édition 2010 du Concours Circuit. Haut la main. Qui ? Elisabetta Spada, alias Kiss & Drive. Elle est italienne, mais s’est établie en Belgique, il y a 6 ans. La musique ? C’est une passion qui vit en elle depuis qu’elle est toute petite. Mais avant de pouvoir s’y consacrer pleinement, elle a longtemps rongé son frein. Elle s’explique…

« Quand j’étais enfant, la musique était déjà en moi. Toute petite, je dansais et chantais. J’imitais Maria Callas. A l’âge de 12 ans, je souhaitais apprendre à jouer du saxophone. Mais ma mère n’a pas voulu. Elle justifiait son veto par ma trop grande distraction à l’école. Pour elle, il ne fallait pas que j’ajoute une activité supplémentaire susceptible d’accentuer cette tendance à la dissipation. Sa décision a été pour moi une grande frustration. Mais à un certain moment de mon existence, j’ai eu l’opportunité de prendre mon destin en main ; car il était évident que c’était la musique qui me parlait et me permettait d’exprimer un tas de sentiments profondément enfouis en moi. Elle devenait même totalement libératrice… » Gagner le Concours Circuit a donc conforté sa décision. Elle ajoute : « J’avoue que personnellement, cette victoire légitime ma détermination à quitter le Parlement. C’est arrivé au bon moment. J’ai le sentiment d’avoir opéré le bon choix. Et cet événement va me rendre plus forte encore par rapport aux personnes qui s’inquiètent de mon sort ou me posent des tas de questions sur mon avenir, craignant que ce soit trop risqué d’abandonner mon job, doutant de ma réussite ou me louant pour mon courage. Un peu de courage, oui, mais aussi du réalisme. Car ce que j’entreprends, j’essaie toujours de le réaliser du mieux que je peux. Or, pour l’instant, mes chansons touchent les gens. Aussi, c’est dans cet esprit que je vais continuer à travailler. Aujourd’hui, c’est mon dernier jour de prestation. Je dois vider mon bureau. C’est un moment un peu particulier, surtout après avoir bossé ici pendant 5 ans… » Un pause-carrière, je suppose... La réponse fuse : « Non, je quitte mon emploi. Parce que je n’étais pas fonctionnaire. Donc, je n’ai pas le droit de prendre une pause-carrière. Mon contrat se terminait à la fin de l’année, et je l’ai laissé s’achever, sans le renouveler. Et puis on verra. Si je ne parviens pas à vivre de ma musique, je trouverai bien des petits boulots complémentaires. J’ai toujours le temps d’y penser… »

Avant de se lancer dans une carrière (presque) individuelle, Elisabetta à participé à l’aventure Hands Up Boys, en compagnie de Cloé Defossez. Les deux filles sont toujours très amies, mais Elisa n’a pas encore eu l’occasion d’aller voir la nouvelle formule du groupe de Cloé. « En fait, le groupe a surtout joué à l’extérieur de Bruxelles ; et pour moi, c’était assez difficile de me déplacer, car j’était engagé dans les éliminatoires du Concours. » Kiss & Drive, un drôle de patronyme. Et un choix qui méritait une explication. « C’est un nom très évocateur pour moi. En fait, je me suis inspiré d’une inscription figurant sur un panneau installé en face de l’aéroport de Zaventem. Je voyage beaucoup. Je rentre régulièrement en Italie, pour voir ma famille. J’ai trouvé la combinaison des deux termes plutôt amusante. Une connexion entre l’amour et l’aéroport au sein d’un endroit institutionnel. Pas dans un bistrot ou quelque chose du style. Et comme je vis en Belgique, je ne voulais pas utiliser mon nom de famille. Il est naturellement italien ; et comme mon projet est en anglais, c’était préférable. Et puis j’aimais bien la formule : ‘Kiss & Dive’. Un nom destiné à devenir celui de mon parcours artistique. Pour cacher mon identité derrière mes chansons. En outre, on peut lui attribuer un tas de significations : ‘Embrasser et puis conduire. Embrasser en conduisant’ ». C’est dangereux ! « Oui, c’est dangereux ! Et toutes les fantaisies qu’on peut imaginer dans cette association de mots… » Parallèlement à ce projet, Elisabetta milite également chez Bend It. Les deux projets ont-ils compatibles ? Elle s’explique. « Oui, j’y joue encore. Et je compte même mener les deux carrières en même temps. Parce que les deux groupes attirent des publics très différents. Enfin, aussi, en fonction de la facilité ou la difficulté de se déplacer. Ainsi que l’éventail de concerts proposés. Car Bend It est un big band de 6 musiciens. Chez Kiss & Drive, je suis seule ou accompagnée par Raphaël Dodement, au piano. Ce qui nous permet de décrocher plus de dates. Et puis de bénéficier d’une plus grande liberté pour voyager. L’organisation au sein d’une formation nombreuse est plus difficile. Donc on se produit moins souvent en ‘live’. Maintenant, on verra si Kiss & Drive exige plus de temps disponible. Alors, je devrai peut-être mettre Bend It un peu de côté, pour ne pas freiner leur progression. Pourtant, j’aime bien ce concept. Leur son. L’intensité musicale libérée. Elle est très énergisante. Une expérience très distrayante aussi, car il y a une chouette ambiance dans le groupe. D’autant plus que mon esprit et également marqué par la soul. J’aime beaucoup la danse. Le rock’nroll, les années 60, la danse de couple… »

Le répertoire de Kiss & Drive est partagé, pour l’instant, entre covers et compos personnelles. Vu les circonstances et l’opportunité d’enregistrer un album, il faut croire qu’Elisabetta va se mettre à en écrire de nouvelles. Elle paraît surprise de la question. « Oui, bien sûr. Mais, j’ai éliminé progressivement les reprises de mon répertoire. Début 2010, il était équitablement partagé. Puis, au fil du temps, je l’ai étoffé de nouveaux morceaux et j’ai éliminé les reprises. Je n’en ai conservé qu’une seule, celle de Kylie Minogue (NDR : ‘It’s in your eyes’). Et c’est tout. Mon set s’étale, pour l’instant, entre 45 minutes et 1 heure » Mais sera-ce suffisant pour enregistrer un long playing, car très souvent, à l’issue des sessions, un tri est nécessaire pour n’en conserver que la quintessence. Il ne faut pas oublier que parfois, un titre qui passe bien en ‘live’, coince sur disque. Elle réfléchit : « Je n’y avais pas pensé. Tu poses des questions judicieuses. Ca m’interpelle… »

Sur scène, Elisabetta jongle avec ses pédales pour créer des boucles (NDR : ou des loops, si vous préférez). Qui lui a donc donné l’idée de se produire avec une telle machine ? Dominique A ? Elle rétorque : « Non, j’avoue, je ne le connais pas. Je dis la vérité. Je n’ai jamais entendu qu’une seule chanson, celle qu’il interprète en compagnie de Katerine. Il y a six ans que je suis en Belgique, et ici on n’écoute pas autant de chanson française, qu’en France. Car là-bas, il existe une loi qui impose aux radios de diffuser un quota de musique du terroir. Je ne sais plus exactement. 40 ou 50% de la programmation ; et j’avoue que je ne suis pas très branchée sur la chanson française. Camille, oui, je connais. Je possède plusieurs de ses albums. Une de mes amies aussi. Et puis, j’avais vu une de ses vidéos au cours de laquelle elle avait recours aux boucles. A cette époque, elle les créait pour ses vocaux. Aujourd’hui, elle est accompagnée de collaborateurs qui font du beatbox. En direct. J’ai également assisté à un concert de Cibelle. Une Brésilienne. Elle se sert également de cette machine. Donc, j’ai voulu aussi m’y mettre, parce que cette technologie permet d’apporter un plus, quand tu es seule. De ne pas seulement se contenter de chansons calmes et sentimentales, mais également rythmées. Ah oui, il y a aussi Anaïs, une autre Française qui a recours à ce système. Dominique A ? Tu es la seconde personne à me parler de lui, mais je n’ai jamais assisté à un de ses concerts… »

Elisabetta reconnaît pour influences majeures Aretha Franklin, Camille et puis les artistes folks anglo-saxons ; et en particulier Damien Rice. Etonnant qu’on n’y rencontre pas d’artistes italiens… « J’aime beaucoup Mina et toute la production de la musique italienne des années 60. Bien sûr les années 80 et 90 ont également leur richesse, mais les 60’s, c’est une époque au cours de laquelle l’esprit mélodique de la musique italienne était au sommet de son art. Des artistes que j’écoutais quand j’étais plus jeune et que mes amis ou ma famille appréciaient. Des chansons qui m’ont marquée. Mais comme il y a six ans que j’ai quitté mon pays natal, je ne suis plus très informée de ce qu’il s’y passe. » Bon c’est vrai que la scène musicale italienne se résume le plus souvent aux variétés, à l’opéra et au metal. Quant à la pop rock, elle est plus qu’alternative. Enfin, il me semble… Elisabetta argumente : « Elle existe. Mais elle n’est pas très florissante. Elle ne dispose pas d’espace. C’est un public de niche. Et le mot est faible. Il communique uniquement via internet. Mais tu sais, l’Italie est un pays où la télévision est un média incontournable. C’est un grand catalyseur d’opinion. Et évidemment, les courants alternatifs ne passent pas à la TV. Ils restent donc marginaux… » On en arrive donc à Damien Rice. « J’ai toujours apprécié les chansons guitare/voix. J’ai appris à en jouer seule. Il était plus facile pour moi d’imiter ou de reproduire des accords à l’aide de cet instrument. Mais j’aime aussi reprendre de belles chansons qui n’ont rien avoir avec ce style. Les compos de Damien me touchent beaucoup. Elles sont dépouillées, mais uniques en leur genre. Pas purement folk. Car elles évoluent dans un style particulier. Simple mais aussi très riche… »

Sur internet, on peut voir un clip vidéo de Kiss & Drive, intitulé ‘Le blues de la poule’. On y aperçoit une mascotte. Qu’est-elle devenue ? Elisabetta répond après avoir pouffé de rire « Je l’emmène partout, mais je suis un peu confuse, car j’ai oublié de la faire monter sur le podium du Botanique. Elle me soutenait, mais elle est restée cachée dans mon sac. ‘Le blues de la poule’ ? Je ne le joue presque plus… »

 





 
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