Les Nuits Plasma 2017 : la programmation (update 23/10/2017)

L’édition 2017 des Nuits Plasma se déroulera ...Lire la suite...

Texas a manifestement encore des planches…

Texas
Forest National
Bruxelles
14-11-2017
A ...Lire la suite...

Un espace pour rêver…

Écrit par Philippe Blackmarquis - lundi, 11 août 2014
Image
Luminance
11-08-2014

Quel bonheur de voir des artistes issus de la nouvelle génération puiser leurs inspiration dans les 70’s et les 80’s afin de remettre cette époque au goût du jour, tout en créant un concept totalement neuf. A l'instar de Gesaffelstein, Led Er Est et autres KVB, David-Alexandre Parquier (aka DA), celui qui se cache derrière le projet bruxellois Luminance, propose une musique rappelant clairement la new wave. Pensez à Depeche Mode, John Foxx ou OMD. Après avoir publié un premier Ep intitulé ‘The Light Is Ours’, distribué sous forme de cassette en 2013 et diffusé via Internet, DA a mis le turbo cette année en présentant pas moins de 3 sorties : un nouvel Ep (‘Icons & Dead Fears’), un 7” (‘Obsession/Viper Smile’), que votre serviteur considère pour l’instant comme le  single de l'année, et un split Ep que partage Acapulco City Hunters (‘The Cold Rush’). L'occasion était donc idéale de rencontrer ce musicien très prometteur… en sirotant une bonne bière à la terrasse du Plattesteen...

Les premiers souvenirs musicaux de DA remontent à son enfance vécue à Paris. Il était alors fasciné par le ‘Carmina Burana’ de Carl Orff. « J'étais très réceptif à cette œuvre ; mais aussi emporté par sa puissance, un véritable mastodonte pour un gamin de 5-6 ans ».

Et il n’en a que six lorsqu’il entre au Conservatoire, pour y apprendre à jouer de la contrebasse, formation qu'il honorera jusqu'à son terme. Huit années plus tard, il découvre des musiques plus obscures, et notamment Marilyn Manson. Il s’intéresse d’abord à la basse, puis se tourne vers la guitare et les synthés.

A 18 printemps, il découvre Soror Dolorosa, un groupe français de rock gothique ; et à travers lui, un nouveau pan de la musique 'dark' : le postpunk, la new wave et l'EBM. Son premier projet, très orienté 'black metal', il le baptise Taliesin. Une allusion au ‘Book of Taliesyn’ de Deep Purple ? « Non, le mot 'Taliesin' se réfère à un dieu barde dans la mythologie celte. Je n’ai découvert l'album de Deep Purple que plus tard, et je le considère aujourd’hui comme un de mes préférés... » Après avoir réalisé quelques démos, le combo se sépare (NDR : en octobre prochain, il renaîtra de ses cendres, afin d’accorder un concert unique à la Flèche d'Or de Paris...)

En 2009, DA débarque à Bruxelles et approfondit son intérêt pour la musique des années 80. Il est alors âgé de 20 ans. Les grosses productions 'mainstream', il les connaît déjà depuis pas mal de temps : Sandra, Kim Wilde, Dead Or Alive et l'italo-disco en général. Mais il s'intéresse surtout et de plus en plus à la new wave 'synthétique', que ce soit OMD, Human League, Depeche Mode, etc. Il apprécie moins la Minimal Synth (aussi appelée Minimal Wave, en référence au label new-yorkais). « Je déteste les bidouillages électroniques sans âme. J'apprécie lorsqu’il il y a du relief, de l'émotion, et des moments où tout explose. J'aime emprunter les codes de cette musique mais pour les transformer en quelque chose de dynamique, de foisonnant. »

De même, DA avoue ne pas être un fétichiste des synthés 'vintage'. « Ce qui m'intéresse, c'est le son, peu importe qu'il ait été produit par un clavier vintage ou par un 'plug-in' sur ordi. Je joue pas mal sur mes claviers pour rechercher des idées, mais lorsque je passe à la production, c'est principalement sur l'ordinateur. Encore une fois, je ne suis pas fan du bidouillage. Je préfère les sonorités simples ; mais le plus important, c'est la composition : il faut qu'elle puisse se suffire à elle-même. Comme dans les premiers albums d'OMD... »

Mais venons-en aux productions de Luminance. Le premier Ep, ‘The Light Is Ours’, a tout d'abord été mis en ligne sur Soundcloud et distribué sur une cassette autoproduite. Ensuite, le label texan d’Austin, Young Cubs, en a gravé 300 exemplaires. Enfin, DA vient de le publier sur un vinyle limité à 200 spécimens, à nouveau en autoproduction... Le contenu de cet essai, on le connaît bien maintenant : ce sont 6 perles de musique Synth-Pop éthérée, des plages très accessibles, mais en même temps extrêmement riches en textures sonores. Dans la chanson ‘Les Loups’, DA enrichit même le cadre électronique de sa musique en intégrant des éléments plus organiques, comme la guitare.

Le second Extended Play, ‘Icons & Dead Fears’ est paru il y a quelques mois, mais il est déjà épuisé. Il s’inscrit dans la même lignée mais marque aussi une évolution vers des sons plus bruts, intégrant de légères touches d’EBM voire de Krautrock. « 'Walk' constitue, pour l’instant, le titre le plus représentatif de Luminance », précise DA. On perçoit également l’influence d'Agent Side Grinder, dans ‘R / W / M’, une formation suédoise que DA apprécie au plus haut point.

Mais la 'bombe' incontestable de cet Ep est née de sa rencontre avec Nathalia Bruno, l'ex-chanteuse de Phosphor (aujourd'hui chez Leave The Planet et M!R!M). Pour la plage ‘Obsession’. Elle marie à la perfection l'univers sonore de DA et l'émotion sombre et gothique suscitée par la voix de Nathalia Bruno. Une pure merveille... qui a d'ailleurs éveillé l’intérêt de Weyrd Son Records, le perspicace label bruxellois. Il a ainsi décidé de publier ‘Obsession’, sous la forme d'un superbe vinyle 7 pouces.

On épinglera également la sortie d’une cassette 'split' partagée entre Luminance et Acapulco City Hunters, intitulée ‘The Cold Rush’, éditée sur le label gantois Wool-E Tapes Records. Les cinq titres de Luminance y figurent, « Plus EBM, plus 'rentre dedans' », indique DA. 

Quand on demande à DA quels sont les thèmes abordés dans ses compos, il distingue deux périodes. Tout au long du premier Ep, il a clairement privilégié la nostalgie et la glorification du passé. « J'ai toujours été passionné par les grandes mythologies et les civilisations anciennes ; et, plus récemment, par les années 50, 60, 70 et 80. L’histoire, comme les rêves d'ailleurs, constituent un refuge par rapport à l’indifférence manifestée par la société contemporaine ; mais aussi un terrain de découverte de mes origines, des fondements de l'existence. »

Sur le second Ep, DA a décidé de poser un pied dans le présent. « J'ai dû apprendre à vivre dans le monde actuel, par instinct de survie. Sur ce disque, je me montre donc un peu plus critique par rapport à la civilisation moderne en la confrontant au passé et en essayant de panser mes blessures grâce à la matière onirique.»

Et quid des projets pour l'avenir ? « Je travaille déjà sur un nouvel enregistrement de Luminance, qui sera sans doute un elpee. Il devrait sortir, d’ici la fin de l'année. Ce sera un retour aux sonorités plus organiques. Donc moins brutes et moins squelettiques. Plus proches du premier Ep. Revenir aux paysages sonores brumeux, aux atmosphères profondes, marécageuses, épiques... Je n'y peux rien : mon coeur reste irrésistiblement attaché aux musiques éthérées, qui offrent un espace pour rêver... »

Pour écouter et acheter les albums de Luminance :

         EP « The Light Is Ours » : http://luminannce.bandcamp.com/album/the-light-is-ours

         EP « Icons And Dead Fears » : http://luminannce.bandcamp.com/album/icons-dead-fears

         7'' « Obsession / Viper Smile » : http://weyrdsonrecords.bandcamp.com/album/obsession-viper-smile-7

         Split EP « The Cold Rush » avec Acapulco City Hunters : http://luminannce.bandcamp.com/album/the-cold-rush-luminance-acapulco-city-hunters-split

Luminance logo by Anaïs Mims





 
MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement