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II est plus facile d'être inspiré par ce que tu n'es pas.

Écrit par Grégory Escouflaire - vendredi, 31 décembre 2004
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Mclusky
31-12-2004
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McLusky : trois types qui font du punk-rock sans trop se prendre la tête, mais sans non plus passer pour des couillons. Des guitares qui crissent et des refrains qui crispent. L'un des groupes les plus explosifs de ces dernières années. En plus, ils savent trousser de sacrées mélodies. " Les Pixies, les Nirvana du pauvre " ? Balivernes : McLusky est le secret le mieux gardé d'Angleterre. Ils nous expliquent tout, ici, maintenant. Sans langue de bois. Et en maniant un humour qui frise la mauvaise foi. " Fuck McLusky " ? C'est eux qui le disent, mais on leur pardonne.

Je vois que vous avez un nouveau batteur... Que s'est-il passé avec l'ancien ?

Andy Falkous (chanteur, guitariste) : On l'a viré pour des raisons personnelles, mais tant que la musique reste bonne, qu'est-ce que ça peut foutre ? Il ne voulait plus jouer du rock, voilà tout. Il essayait d'incorporer des trucs 'dance' dans notre musique, et ça ne marchait qu'une fois sur un million… Ce type est vraiment bizarre : le genre de gars qui, s'il est malheureux, reste dans son coin et ne dit rien. Nous aurions du le virer déjà avant… Mais il n'est pas facile de virer quelqu'un. On n'est pas dans un groupe pour jouer aux méchants.

Vous n'êtes donc plus très amis ?

A.F. : Pas vraiment, non ! Je ne l'ai plus vu depuis longtemps, mais je n'ai plus envie de revoir sa face de rat. En ce qui me concerne, il a essayé de nous baiser, et ça je ne peux pas lui pardonner. Même s'il avait une super coupe de cheveux.

Cette histoire a-t-elle interféré dans la réalisation de ce nouvel album ?

A.F. : Après l'avoir viré, tout est rentré dans l'ordre, et on a commencé l'enregistrement en décembre dernier. C'était de nouveau une expérience amusante. Nous nous sommes bien marrés. Même si ce n'est pas vraiment ce qu'on peut appeler un album " gai ", sur lequel tu peux danser avec les gosses dans ton jardin… Mais il a été composé par trois types heureux, même s'il est plein de rage. La colère est en nous : on ne peut rien y faire. On ne s'assied pas en se disant 'Et maintenant mettons-nous en colère ! ! !' : on joue de la musique, et elle sonne ainsi. On n'est pas du genre méchant… Sauf quand Newcastle perd un match.

D'ailleurs on retrouve sur cet album des refrains plus pop.

A.F. : C'est exact, même si c'est bien plus compliqué qu'on imagine : les paroles, elles, restent plutôt obscures et sarcastiques ! Mais peut-être qu'elles nous aideront à élargir notre public. Cet album est plus éclectique. " Do Dallas " était plus carré, plus violent.

Tu parles des textes : comme d'habitude, on n'y comprend pas grand chose… Et ces titres à rallonge… Rien qu'avec ça, vous essayez déjà de transmettre quelque chose ?

A.F. : Pour être honnête, la grande différence entre McLusky et la plupart des autres groupes, c'est qu'avec eux tu ne dois même pas réfléchir quand tu lis leurs titres de chansons. Je ne suis pas en train de dire que tu dois être diplômé en sciences cognitives pour piger nos paroles et nos titres, mais la plupart des albums de rock n'ont pas de titre ou bien les chansons s'appellent " Going Home ", " Winter ", " Daddy "…. C'est n'importe quoi ! Et puis nos textes ne sont pas si difficiles à capter : c'est du littéral. Et c'est plutôt marrant. Peut-être que certains sont prétentieux, mais peu importe : être dans un groupe, c'est prétentieux. Ce n'est pas comme si c'était hyper naturel…

C'est drôle en effet. Vous pratiquez avec aisance l'humour à l'anglaise, ce bon vieux " non sense " cher aux Monty Python…

Jon Chapple (bassiste, chanteur) : Grandir en Angleterre sans avoir été influencé par les Monty Python est presque impossible.

A.F. : Parfois ça peut paraître un peu abscons, mais il serait malhonnête de notre part d'y changer quoi que ce soit pour devenir plus populaires. Je pense de toute façon que tu peux apprécier nos chansons sous différents angles, que tu sois un gosse qui aime pogoter, que tu nous apprécies pour les paroles, que tu aimes les deux, que tu préfères les mélodies ou bien que t'aies perdu ton portefeuille et que tu te retrouves par hasard à l'un de nos concerts… Tout peut arriver, mon vieux !

Vous arrivez à garder un parfait équilibre entre ironie et sérieux. Est-ce pour vous un comportement naturel ?

A.F. : Tout dépend du moment : tu ne peux pas être constamment sarcastique. T'as des mecs qui ne disent jamais rien d'intéressant parce qu'ils sont trop occupés à vouloir tout le temps être cyniques. Je pense qu'il faut avant tout se rendre compte que faire partie d'un groupe, c'est en fin de compte complètement ridicule. Même si c'est important pour certaines personnes, ça ne veut pas dire grand-chose… Il faut rester conscient de la futilité du truc, plutôt que de croire que t'es le centre de l'univers parce que tu joues de la guitare.

" Fuck This Band " va dans ce sens ?

A.F. : C'est presque un avertissement que tu te donnes à toi-même. Si te foutre des autres t'amuses, tu dois également savoir te foutre de ta propre personne. C'est comme un mécanisme d'autodéfense, si tu vois ce que je veux dire ! (rires)

C'est sans doute plus facile à concevoir quand on est entouré de groupes comme Starsailor ou The Darkness, non ?

A.F. : C'est clair qu'il est plus facile d'avoir de l'inspiration quand t'es entouré de toute cette merde ! Si nous étions entourés de groupes comme The Fall, les Pixies ou Fugazi, ce serait déjà vachement plus difficile ! Il est plus facile d'être inspiré par ce que tu n'es pas.

Quelle est la pire critique qu'on pourrait émettre à votre égard ?

A.F. : Qu'on soit des côtelettes pleines de sauce tomate servie avec une soupe par Gina Lollobrigida dans une station stellaire si lointaine que même mentionner son nom équivaudrait à mourir par manque d'oxygène. (ils se marrent comme des baleines)

? ! ? Euh !… On n'a pas encore parlé de ce type, là, comment déjà ?, Steve Albini… Pourquoi avoir choisi de travailler à nouveau avec lui ?

A.F. : Parce que c'est un putain de producteur, voilà tout ! Son studio est dément. Son équipe est sympa. On ne pouvait pas imaginer travailler avec quelqu'un d'autre. Mais ça pourrait changer dans le futur… Ou non.

J.C. : La vérité, c'est qu'il nous a dit : " Si vous ne revenez pas, je vous retrouverai et je vous tuerai ! "

A.F. : Il a kidnappé ma mère et pété ses jambes avec un marteau en gueulant : 'Si vous ne rappliquez pas tout de suite, je vais vous transformer en cendrier humain !' Et tu sais quoi ? Avec le regard qu'il avait, je l'ai cru jusqu'au bout… Ce type est un malade !

A vrai dire tout le monde enregistre aujourd'hui avec Steve Albini… D'ailleurs on se demande si c'est vrai ou si ce n'est pas juste comme un " label déposé " : t'achètes son nom, pour l'imprimer sur un sticker que tu colles ensuite sur ton disque. Et les ventes explosent.

J.C. : C'est uniquement la raison pour laquelle on a fait appel à lui.

A.F. : Plus sérieusement, c'est un vrai problème… Parfois tu fais des interviews, mais les journalistes, en fin de compte, ne veulent pas t'interviewer : ils veulent interviewer Steve Albini. La réputation du bonhomme importe plus que le disque. C'est vraiment débile, mais les gens ont besoin de ce genre de références. Comme quand on parle de nous et des Pixies… Fuck that ! Mais il y a une raison à cela : on a fait une chanson qui sonnait un peu comme les Pixies, et depuis on nous bourre le mou avec cette histoire… Mais les gens ont besoin d'un cadre de référence, parce qu'il est difficile de parler d'un disque. Ok, d'accord ! Mais une chose est certaine : Steve Albini n'a pas composé les chansons de ce disque ! ! !

L'année dernière vous avez sorti un maxi comportant un inédit intitulé " Undress For Success "… Pensez-vous que votre musique est " inadaptée au succès " ?

A.F. : Un plus large public serait fantastique, même si je pense qu'on ne sera jamais un groupe de masse, à cause de la musique que l'on joue… On est pourtant sacrément bons ! (rires)

Seriez-vous prêts, par exemple, à faire des compromis dans ce sens ?

A.F. : Notre musique ne changera pas d'un iota, point barre. Même si notre attitude signifie ne jamais rencontrer de succès… A vrai dire on s'en tape. Et puis de toute manière, aussi ridicule que cela puisse paraître, il y a plein de kids en Grande-Bretagne qui ont découvert à travers notre musique les Pixies, Gang of Four, The Fall, Shellac,… Et ça c'est déjà une victoire, parce que ce sont vraiment des bons groupes, qui méritent d'être plus connus.

Le garage-punk revival de ces trois dernières années vous a quand même pavé la voie vers davantage de reconnaissance, non ?

A.F. : Un petit peu. " Do Dallas " est sorti juste au moment où notre aventure commençait à prendre une plus grande envergure. Mais pour être honnête, tout ce revival, c'est du pipeau. Ce n'est pas bien méchant. Juste du rock'n'roll bien traditionnel joué par des types aux coupes de cheveux intéressantes. Rien de très spécial… Je pense qu'on est un peu en dehors de toute cette mode, et qu'on n'y sera jamais vraiment intégrés. Mais encore une fois, qu'est-ce que ça peut bien foutre ?

Dernière question, toujours la plus stupide : quel est, en tant que groupe, votre vœu le plus cher ?

A.F. : D'enfermer Witney Houston dans une tour, avec des citrons comme seul moyen de subsistance. A chaque heure pile, elle devrait pousser un " Laaa ! " ou un " I ! ! ! ", et puis la fermer, jusqu'à l'heure suivante, où elle crierait un autre truc : " Will ! "… " All… ! "… " Ways ! "….. " Love ! "….. " Youuuu ! ! ! ". (Ah ! Ils rient de bon cœur, les salauds !).





 
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