Une collaboration entre Musiczine et Jazzaround

Né en 1995, Jazzaround a longtemps été le ...Lire la suite...

Garciaphone, mangeur de rêve…

C’est ce 10 novembre que paraît le deuxième ...Lire la suite...

La boucle est bouclée…

Écrit par Stéphane Reignier - samedi, 09 mai 2015
Image
Nicola Testa
09-05-2015

C’est dans le cadre de la promotion de son nouvel album, sorti fin mars 2015, que Nicola Testa a accordé cette interview à Musiczine. Ne parvenant pas à aligner nos agendas respectifs, c’est par téléphone que ce sympathique entretien s’est donc réalisé.

Nicola, l’accueil critique de ton premier LP, « No more Rainbows », est excellent. Une réaction ?

Je suis évidemment très content des échos plutôt favorables des médias et du public à propos de cette sortie. Je ne m’attendais honnêtement pas à un tel engouement.

Tu as travaillé en compagnie d’Antoine Gaillet (Julien Doré, M83, Talisco, François & The Atlas Mountains, ...), déjà considéré comme une pointure dans le milieu. Es-tu parvenu à gérer facilement la pression inhérente à sa présence ?

Au début, j’étais impressionné ! Nous ne nous connaissions pas. Il a écouté mes démos. Je me suis penché sur le travail qu’il a réalisé. Nous nous sommes ensuite rencontrés à Paris, un après-midi, dans son studio d’enregistrement. Nous avons beaucoup dialogué au sujet de nos attentes respectives. Nous nous sommes rapidement trouvés des points communs dans le domaine de la musique, même si nous nous ne partageons pas exactement les mêmes goûts dans ce domaine. Ensuite, je suis arrivé en studio avec des bandes et un matos sous le bras.

L’elpee reflète un univers très contrasté. Il est à la fois très lumineux et très sombre. Comment s’est-il construit ? Avais-tu un postulat de départ précis ou alors les sessions se sont-elles déroulées naturellement ?

De manière très instinctive. Ensuite, il est clair qu’on est amené à prendre une certaine direction. C’est obligatoire ! Ce disque, je l’ai voulu varié, mais cohérent. Antoine Gaillet en a produit la quasi-totalité. Nous avons œuvré de concert afin de trouver un son qui me corresponde totalement. La suite s’est ensuite mise en place naturellement. C’était une expérience très enrichissante !

Es-tu sensible à la critique ?

On ne peut pas être totalement insensible à la critique, mais j’essaie, dans la mesure du possible, de n’y accorder que peu d’attention. On ne peut évidemment pas plaire à tout le monde ! Cela fait partie du jeu ! Je fais ce qui me plait et le public s’y retrouve. Ceux qui n’aiment pas, tant pis ! Il faut être content de soi. A partir du moment où on est fier du travail accompli, la critique devient accessoire.

On a l’impression que tes influences sont assez rétro et se nourrissent aux années 80... Tu confirmes ?

Il s’agit d’une tendance qui se généralise actuellement, dans le milieu de la pop. Mais l’album va au-delà car il propose une palette de couleurs variées : il y a des sonorités techno, rock et folk aussi. Je ne voulais rien m’interdire. Je souhaitais construire des chansons en laissant le plus possible d’ouverture. Il est la résultante de tous ces paramètres… Mais, tout en gardant à l’esprit cette culture musicale qui m’est propre.

L’elpee s’ouvre par « Rainbow » et se termine par « No more Rainbows ». Pourquoi ne pas avoir choisi de terminer ton disque par une note positive ?

L’idée était de transformer un message négatif en force. Finalement, je ne sais pas si la notre est vraiment négative parce qu’il y a quand même de l’espoir dans cette chanson. Il s’agirait plutôt d’une boucle. Lorsqu’on arrive en fin de parcours, il suffit d’appuyer sur le bouton ‘repeat’ et de recommencer par « Rainbow ». La boucle est bouclée !

La pochette est plutôt conceptuelle. Les couleurs sont brouillées et partent dans tous les sens. Pourquoi ne pas avoir opéré le choix du portrait classique ?

Sa réalisation a été confiée à d’Eric Croes. Elle représente la propre vision du disque de cet artiste. Nous avons discuté et élaboré plusieurs projets. Celui-ci s’est imposé de lui-même. L’idée était de traduire une forme de dissimulation. Il y a moi, d’une part, et tout ce qu’il y a autour de la musique, d’autre part. Toutes ces émotions prennent parfois le dessus ! Je souhaitais qu’elle incarne davantage une vision de ce que représente le disque qu’un simple portrait linéaire.

Ton LP « Wanderland » était davantage centré sur toi-même alors que celui-ci l’est plus sur les autres. Exact ?

Je souhaitais écrire des histoires qui me touchent et concernent tout le monde. Ecrire pour soi est un concept qui vous enferme dans les mêmes thématiques. Cela commençait à devenir inintéressant ! On a vite fait le tour de la question ! Le fait de décrire, en se servant de mes mots, des émotions et des histoires qui appartiennent aux autres était un défi. Je désirais évoluer comme auteur aussi.

Entre le premier long playing et celui-ci, quatre années se sont écoulées… Est-ce le temps nécessaire à la maturation ?

Je ne sais pas si cinq ans constituent le temps nécessaire… C’est en tout cas, le temps qu’il m’a fallu pour réaliser cet album. C’était un long travail. Il y tout un tas de processus en amont, à savoir la recherche de fonds, d’un producteur, … Entre-temps, j’ai aussi continué à faire du théâtre. Au final, je ne sais pas si c’est moi qui a eu besoin de temps ou alors si ce sont les choses qui ont besoin de temps pour se faire.

Tu as décroché le Prix du Public lors des Octaves de la Musique pour le clip délirant de ‘KOKO’ face à des artistes comme Stromae, BRNS, Suarez, Girls in Hawaii ou bien encore Antoine Chance. Tout roule pour toi en cette année 2015 ?

J’espère que cette année sera la mienne, d’autant plus qu’elle ne fait que commencer ! J’ai été très surpris de gagner face à des artistes de cette trempe. Je dispose peut-être d’un public moins large, mais sans doute plus fidèle !

Pour tourner cette vidéo, tu avais choisi une comédienne, Aurélie Lannoy. Dans « Rainbow », tu te mets en scène. Tu sembles tout disposé pour la danse. Qui en a eu l’idée et pourquoi ce choix délibéré ?

Je voulais me mettre à nu ! En plus, je trouve que cette option correspondait bien à la chanson. Afficher ma propre vulnérabilité à travers un clip était une bonne idée.

Le concert du 17 avril à la Rotonde a très vite été sold out. Ton single est régulièrement  diffusé sur les ondes. Comment gères-tu cette soudaine célébrité ?

Je n’ai pas l’impression d’être aussi célèbre que tu crois ! Par contre, rencontrer les gens après un concert, recevoir des mails d’encouragement ou encore des vidéos décalées où certains se filment dans leur voiture occupés d’écouter ma musique, est très plaisant. C’est ce qui m’enchante, véritablement.

Il y a une vraie dynamique scénique qui se forme aujourd’hui. Au début, tu étais seul alors qu’aujourd’hui vous êtes six sur les planches… Les choses évoluent y compris dans le visuel.

Oui, tout à fait ! Pour ce disque, j’avais envie de m’entourer de musiciens. Mais pas seulement. Former un groupe afin de créer une dynamique susceptible d’emmener la musique au-delà de ce que peut procurer un disque. Certaines chansons live auront de facto une couleur différente. La scène est magique ; elle permet un réel partage avec le public.

Tu es un artiste pluridisciplinaire, mais la musique a toujours été en toi ?

Depuis tout petit, la musique a toujours pris une grande place dans ma vie. Je ne dirais pas qu’il s’agit d’une drogue, parce que l’addiction est dangereuse. Je parlerais plutôt d’un besoin. Elle transporte et permet un voyage en dehors de soi !

Tu as participé au festival dourois ‘La Vie en Rock’, en 2014. Ce festival est destiné à rechercher des fonds pour la lutte contre le cancer du sein. Apporter ta collaboration à des actions caritatives, est-ce important pour toi ?

Les organisateurs me l’ont demandé avec beaucoup de sincérité. Il était donc important d’y répondre positivement. C’est une maladie qui nous touche tous, un jour ou l’autre, de près ou de loin. Il y a tellement de progrès encore à faire dans ce domaine. Ce sont des aventures humaines face auxquelles on ne peut pas rester insensible.

As-tu contribué à d’autres manifestations de ce type ?

Non, pas pour l’instant. Ce n’est pas non plus mon rôle ! Mais pourquoi pas, si elles peuvent aider des gens à concrétiser des projets comme celui-là.

L’industrie du disque traverse une crise sans précédent. Penses-tu qu’un jour, on pourra oublier ce support physique ?

Je ne suis pas sûr ! Le vinyle fait un retour en force par exemple. L’industrie du disque propose des produits sous des formes plus abouties, comme les éditions limitées ou ‘collector’. Le support physique a une symbolique sentimentale que le digital ne parviendra jamais à égaler !

Une question que je pose systématique aux chanteurs francophones… Pourquoi chanter en anglais ?

Pourquoi pas finalement ! Il s’agit d’une forme de langage. Si j’avais été peintre, j’aurais pu choisir l’huile, l’aquarelle ou encore le crayon. J’ai choisi une langue que j’aime. Je la connais et la maîtrise. Je prends beaucoup de plaisir à écrire et en jouer. J’aurais bien plus de difficultés à réaliser cet exercice dans la langue de Verlaine.

Comment enisages-tu ton futur musical ?

Je me vois progresser et enregistrer encore quelques disques ! Enfin, j’espère… Peut-être aussi, ferais-je autre chose… J’essaie de ne pas me projeter. J’aime le présent. Ce qui me permet d’envisager l’avenir plus sereinement !





 
MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement