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Ce n’est pas Jimi Hendrix qui a écrit “Hey Joe”!

Écrit par Jean-Claude Mondo - mercredi, 28 février 1996
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Omar & The Howlers
28-02-1996

Omar Kent Dykes, c’est le leader d’Omar &The Howlers, une formation née à Hattiesburg, dans le Mississippi, en 1973, qui s’est établie à Austin, dans le Texas, trois ans plus tard. Ce qui ne l’empêche pas d’enregistrer régulièrement, des albums solo. La formation vient de publier son 10ème elpee, ‘World wide open’ (chez Provogue), sans doute son meilleur à ce jour.

Omar puise l’essentiel de son inspiration dans les bayous et marais louisianais pour créer un ‘hoodoo rock’ personnel qu’il décrit comme suit : "Je dirais: du côté du blues/rock, pas tout à fait blues, pas tout à fait rock, avec des éléments de rockabilly, de R&B et de swamp rock. Mais j'aime surtout le blues. J'ai grandi en écoutant Bo Diddley, Jimmy Reed et Creedence Clearwater Revival. Bo Diddley, j'adore son style, son rythme. John Fogerty on se contacte par le téléphone. Il m'a un jour demandé de partir en tournée avec lui. Ce n’était pas possible, mais j'aurais aimé accepté sa proposition. Peut-être une autre fois? Beaucoup de gens me comparent à Howlin' Wolf. Je l'ai beaucoup écouté ; et c'est sûr qu'il figure parmi mes principales influences. Mais les plus marquantes, je les ai puisées en Grande-Bretagne. En 1962, j’avais 12 ans. Les groupes anglais –les Animais surtout, mais aussi les Beatles– ont changé le monde (NDR : il a repris ‘She's a woman’ sur ‘Monkey Land’). Au début, les Stones étaient aussi supers ; mais le son disco qu'ils dispensent aujourd'hui, c'est pas trop mon truc..."

La révélation pour Omar, a été sa première guitare. "Mon père me l'a offerte pour Noël. A 12 ans, justement. Au départ, j'étais très déçu, parce que je souhaitais un gant de base-ball! Mais après quelques jours, je ne voulais plus pratiquer de sport et je me suis enfermé avec ma guitare... "

Omar est né à McComb, dans le Mississippi, exactement au même endroit que Bo Diddley. "C'est presque la Louisiane, à une trentaine de kilomètres seulement, c'est le même paysage. J'ai toujours été attiré par la musique des swamps et bayous. J'aime aussi la musique de Baton Rouge. C’est un endroit où je me suis souvent produit, dans le passé. Celle de la Nouvelle Orléans aussi, même si c'est pas mon style. J'aime surtout Jimmy Reed, Hound Dog Taylor et Tony Joe White.

Le musicien qui a le plus frappé Omar, sur la scène comme dans la vie, est un vrai géant du blues. "Oui, c'est probablement BB King. Un grand musicien, mais aussi et avant tout un gentleman... Quand tu le côtoies, il te met tout de suite à l'aise. Il est très prévenant. Il prend le temps de rester auprès de toi et manifeste beaucoup d'humanité. Un homme merveilleux. "

Depuis 1976, Omar vit à Austin. "Il y a quasi 20 ans que notre famille s’y est établie. Là-bas, la scène musicale est incroyable! C'est très, très vivant, mais dur aussi. Les bars ? Il y en existe des tas. Je les ai presque tous fréquentés, notamment le plus célèbre, Antones, où je me produis encore parfois. Austin, c'est chez moi. "

Riffs à la AC/DC

Les trois derniers elpees ont été enregistrés en studio. Ils semblent plus orientés vers les chansons. "Je compose pas mal et j'ai passé plus de temps en studio pour travailler mes morceaux." Pour les mettre en relief, pour enrichir le son, Omar a fait appel à d'autres musiciens comme Nick Connolly à l’orgue Hammond, Robert McEntee et Bradley Kopp aux guitares et Gary Primich à l'harmonica. "Nick Connolly est vraiment un gars super! Il est très bien considéré aux USA et est fort demandé pour participer aux sessions studio. Nick possède son propre trio, basé sur l'orgue, assez jazz, genre Jimmy Smith. J'ai parfois joué live avec lui, mais il y a déjà longtemps. Pour les guitaristes, j'ai un style de prédilection ; mais pour certaines chansons, j'aime inviter des amis qui proposent des idées différentes et bien meilleures que les miennes ; c'est le cas de Robert McEntee excellent à la slide et surtout au dobro. Bradley Kopp, lui, c'est un rocker, il s’est réservé les parties les plus dures. Gary Primich est un pote et un remarquable harmoniciste. Il avait déjà participé à l’enregistrement de ‘Muddy Springs Road’. Tu vois: j'aime jouer en compagnie de mes amis les plus proches."

Pour son prochain opus, Omar affirme qu'il invitera encore plus d'invités, mais qu’il adoptera un profil sans doute plus rock, plus abrupt. "On y rencontrera peut-être aussi des riffs à la AC/DC!" (NDR : ah bon !) Mais est-ce tellement étonnant quand on sait que le gaillard a aussi repris le classique ‘Hey Joe’? "Tellement de monde imaginent que c’est Hendrix qui l'a écrite. Je n'avais pas 15 ans quand je l’ai entendue. C'était par un groupe californien : les Leaves. J'aime bien la version d'Hendrix bien sûr, mais je préfère l’originale, imprimée sur un rythme plus rapide "

Omar ou Béjart ?

"Pour le moment, je suis assez populaire en Europe. Les States sont tellement vastes, hétérogènes. Chaque Etat est un autre pays. Los Angeles est tout à fait différent de la Nouvelle Orléans qui est toute différente de New York! On me connaît dans les Etats du Sud : Texas, Louisiane, Mississippi, Tennessee, Georgie... Mais, le blues aux States ne jouit pas d’une popularité générale, à l'inverse de la pop, du disco, de la techno. Pour danser, il y avait le R&B, la soul music de Wilson Pickett, Aretha Franklin. C'était super. La techno se limite à des machines. C'est synthétique, et perso, je pense que c'est vraiment une musique sans âme."

Pour conclure, comme on Omar a plus qu'un air de famille avec Maurice Béjart, on lui a demandé s'il accepterait de se faire passer pour le danseur aux ‘Dance awards’, si celui-ci, malade, lui demandait de le remplacer au pied levé? (NDR : manifestement, Omar ne connaît pas Béjart). "Si le gars est sympa, je suis partant, je mets un smoking et j'y vais, pourvu qu'on ne me demande pas de danser... Aux USA, on me prenait souvent pour Wolfman Jack, mais il est mort récemment. C'est vrai qu'il y a parfois des gens qui vous ressemblent. J'ai une anecdote à ce propos: l'autre jour à Austin, je me rends dans un club voir William Clarke et son groupe. William est aussi balèze que moi, et il porte toujours ses lunettes noires. Eh bien Jacob, mon fils de 3 ans, a couru vers lui en criant ‘Daddy, Daddy!’ "

(Article paru dans le Magazine Mofo n°40 de février 96)

 





 
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