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Comme un Yéti dans l’eau…

Écrit par Philippe Blackmarquis - dimanche, 06 janvier 2013
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Organic
06-01-2013

‘Under Your Carbon Constellation’ constitue une des meilleures productions belges de 2012. Elle est signée par le groupe Organic. Un véritable OMNI (NDR : objet musical non-identifié) qui combine post-rock, électro, progressif, psyché, stoner, new-wave et postpunk. Excusez du peu ! Créé par Raphaël Haubourdin aux voix, claviers et programmations (également dans Graceland) et Joris Oster à la basse et aux programmations, (aussi chez Silver Riot), ce groupe bruxellois inclassable pourrait bien devenir le nouveau dEUS pour notre petit pays ! Une occasion idéale de les rencontrer.

« On n'aime pas travailler avec des œillères », précise d'emblée Joris Oster. « C’est pourquoi notre album est hybride, voire surréaliste, en proposant beaucoup de couleurs différentes. » Raphaël Haubourdin ajoute : « C'est parce qu'on écoute énormément de styles musicaux ; et comme on fait les choses naturellement, sans essayer de sonner comme d'autres groupes, le résultat est varié, tout en respectant un fil rouge, quand même. »

Un des piliers de la musique d'Organic repose sur la basse de Joris Oster. Omniprésente, elle s'inspire de maîtres comme Peter Hook (Joy Division, New Order) mais aussi Chris Squire (Yes). Polymorphe, elle peut se transformer en guitare solo, façon stoner ou metal, grâce à une armada d'effets. Les arrangements élaborés par le duo lorgnent clairement vers le post-rock ou le krautrock. « On aime beaucoup Neu!, Can, Hawkwind ou plus récemment Fuck Buttons ; tous ces groupes qui font évoluer la musique en la déstructurant et en expérimentant », confie Haubourdin. « On a aussi assimilé certains aspects du prog, mais pas les côtés chiants. » En effet, les solos kilométriques ont été évités pour faire place aux sonorités et structures plus complexes susceptibles d’évoquer King Crimson (‘21st Century Schizoid Man’!), mais aussi Porcupine Tree !

Pas de guitares chez Organic ; cependant, la basse, la batterie et les synthés remplissent à ce point l'espace sonore que cette absence ne se ressent pas. Les claviers sont vintage, avec des vieux synthés comme le Casiotone mais aussi beaucoup de plug-in. Ils sont tour à tour atmosphériques ou bruitistes mais toujours intéressants. On décèle çà et là quelques touches d'un émulateur Mellotron, qui renforce le côté délicieusement prog. La batterie, quant à elle, a une présence extrêmement claire adoptant un côté réaliste typiquement krautrock. Notons, que, sur scène, c'est Olivier Justin qui assure les parties de drums. Ajoutez-y une touche de new-wave, synth-pop des années '80, et vous obtiendrez une musique inédite, totalement novatrice. La voix de Raphaël Haubourdin est également très originale. Versatile, elle peut être tout en retenue, comme celle de Franz Treichler (The Young Gods) ou devenir incisive, voire ‘éructante’ à la manière d'un Bertrand Cantat ou d'un Kristoffer Grip (Agent Side Grinder). « En fait, quand je compose, j'écris quelques bases, je me mets dans la peau d'un personnage lors d’une situation précise ; et puis, je me lâche. Ainsi le résultat peut en effet partir dans tous les sens. »

Comme nul n'est prophète en son pays, Organic a dû se tourner vers l'étranger, plus précisément vers un label suédois de musique alternative (Complete Control Production ou CCP) pour être signé. « On leur a envoyé nos morceaux et ils ont aimé, surtout un de nos titres en français : 'Johnny Craque'. » Aujourd'hui, ‘Under Your Carbon Constellation’ est disponible en CD mais aussi sous la forme d'un magnifique double LP vinyle, enrichi de plusieurs titres en bonus.

La pochette mérite quelques mots d'explications, que nous fournit Oster. « Elle représente un Crabe Yéti, un crustacé entre homard et écrevisse, qui niche dans les profondeurs abyssales de l'océan Pacifique sud. Merveille de l'évolution, cet animal a été découvert en 2005 par un biologiste français, Michel Segonzac, à qui nous avons dû demander l'autorisation pour reproduire la photo. »

Cette photo et le titre de l'opus sont en accord parfait avec la thématique qui transcende les chansons du duo. « On est inspiré par la nature, par sa grandeur, sa force, sa complexité. On aime particulièrement l'eau, donc l'océan », raconte Haubourdin. « C'est une vision très post-rock, voire même écologiste : on appréhende l'humain petit face à la Terre, comme un 'singe tout nu'. En corollaire, on fustige la société de consommation. La dictature de l'argent, aussi. Elle est occupée de détruire la Terre à coups de pelleteuses. »

Après quelques concerts, dont un accordé au Botanique, en première partie de Graham Coxon, Organic recherche des 'bons plans' pour tourner en Belgique et à l'étranger. En attendant la suite, nous avons en nos mains cet album étonnant, extrêmement brillant. Véritable jaillissement créatif, il foisonne de trouvailles et gagne à être réécouté plusieurs fois pour être apprécié à sa juste valeur. Comme un bon vieux Yes. A acheter et à écouter d'urgence !

Pour écouter l'album en streaming : https://soundcloud.com/organic-music-1/sets/album-cd

L'album sera disponible en Belgique chez Mandaï distribution www.mandai.be à la mi-janvier.

Photo : Xavier Marquis

http://www.thisisorganic.be

 





 
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