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Notre passion va nous conduire au cimetière…

Écrit par Didier Deroissart - lundi, 18 août 2014
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Ozvald
18-08-2014

Dans le cadre du festival ‘La Vie en Rock’, un événement destiné à financer la recherche contre le cancer, une vingtaine de groupes ou artistes avaient accepté de laisser tomber leurs émoluments pour la bonne cause. Dont Ozvald, une formation issue de la région du Centre. Giuseppe, le leader, et les musicos de son backing group, ont accepté de subir le feu de nos questions.

Outre Giuseppe Petolillo, le line up réunit le gratteur et doux rêveur Stéphane Panozzo (NDR : paradoxalement drummer de formation), le bassiste Fabrice Giacinto et le batteur Maxime Pasquini. Et une violoniste qui remplace intérimairement Laurence Leclercq. Une suppléante manifestement talentueuse, puisque après deux répétitions, elle s’était déjà complètement fondue dans l’ensemble. Faut dire qu’elle a suivi une formation classique. Le combo vient de graver un Ep 5 titres baptisé « United Opposites ». Et Giuseppe est évidemment le mieux placé pour nous présenter sa troupe.

Guiseppe : Ozvald est né il y a deux ans. J'ai tourné pendant une quinzaine d'années en compagnie de mon ex-groupe Al Dente ; et j’avais vraiment envie de vivre une nouvelle aventure. Ozvald est cependant né des cendres de mon ancien band. Je voulais tourner la page et notamment remplacer les cuivres par un violon. Il y a longtemps que je rêvais de ce changement. De m’investir dans quelque chose d'un peu différent. Les compos, je les avais déjà écrites et arrangées. Chez moi. J'ai rencontré Stéphane. Batteur, qui s’est reconverti à la guitare. Il m'a aidé pour réaliser les maquettes et surtout les parties de drums. Puis le bassiste, Fabrice Giacinto, et enfin le batteur Maxime Pasquini, via un intermédiaire. La violoniste attitrée, Laurence, je l’ai croisée par hasard. On a ensuite beaucoup bossé sur les maquettes ; et dès qu’elles étaient terminées, j'ai appelé les musiciens pour entamer les répétitions. On a accordé notre premier concert en septembre 2013. Il y a un peu moins d’un an qu’on se produit en ‘live’. Nous en sommes encore à nos balbutiements. L'Ep est paru en févier. C'est donc tout frais. Les musiciens sont issus de la région de Mons et La Louvière.

Une région en pleine ébullition ?

Guiseppe : Elle regorge d’excellents musiciens. C'est peut-être parce qu’on vit dans une zone sinistrée où la population trouve un exutoire dans ses passions, comme celle de la musique. Sincèrement, pour exercer ce boulot-là en Belgique, il faut être mordu. Heureusement, nous le sommes tous. Si certains membres du band ont un job alimentaire en parallèle, la musique demeure notre leitmotiv. Vivre de sa musique en Belgique est très difficile. Aussi, on cherche avant tout à se faire plaisir. Former une bonne équipe de copains qui partagent un même projet. Et comme il y a une belle entente dans le groupe, on prend plaisir à jouer ensemble.

Votre patronyme comporte un ‘z’ au lieu d’un ‘s’. Une raison ?

Guiseppe : Ce nom, je l’ai créé. Inventé, si tu préfères. Il reflète une autre face de ma personnalité. Il y a une planète au milieu de la pochette. De quoi imaginer un voyage intergalactique. En direction d’un astre quelconque qui gravite au sein de l'univers.

Es-tu un adepte de l’expérimentation ?

Guiseppe : J'adore mélanger les styles. Faire preuve d’audace. Et manifestement, dans le domaine de la recherche, il y a encore de la marge. A notre échelle, le violon apporte une touche mélancolique, classique et lyrique à nos compos. Et les guitares dissonantes s’intègrent parfaitement à l’ensemble. Mais on souhaite approfondir le concept. De plus en plus. Et j’espère que je pourrais encore me produire sur les planches, quand je serais vieux ou retraité. Pour partager ma passion. Je suis conscient que pour être bien dans ma tête et escompter décrocher un peu de bonheur, j'ai besoin de la musique. Elle m’apporte énormément. C'est ma thérapie, une addiction. Lorsque je prends une pause d’un mois, je suis à côté de mes pompes. Notre passion va nous conduire au cimetière…
Stéphane : Je partage le point de vue de Guiseppe, mais il est très difficile de survivre dans ce milieu…

Quand j’écoute vos compositions, je pense au Grand Nord, et en particulier à l'Islande ?

Guiseppe : On me l’a déjà signalé. Au sein des pays nordiques, les artistes osent davantage que chez nous. Mais leurs chansons ne sont pas diffusées à la radio. Donc des groupes novateurs, dont la musique est riche et qu’ils ne craignent pas de défendre, même s’ils ne bénéficient pas de distribution ou de support sur les ondes. Les Nordiques sont en avance sur nous dans pas mal de domaines. Leur culture est basée sur le respect. Nous avons beaucoup à apprendre d'eux. Dans ces pays, il y a moins de 'bordel' qu’ici. Tout est pensé dès le départ. L'éducation est une valeur fondamentale. Les programmes scolaires sont organisés en conséquence. Si l’enfant jouit d’une grande considération, il est également préparé au sens des valeurs humaines. Ce qui est totalement différent de notre système adopté dans notre vieille Europe.

Après avoir intégré du violon, dans votre musique, n’avez-vous pas l’intention de vous frotter aux instruments atypiques, comme la scie ou glockenspiel ?

Guiseppe : On y pense. Et peut-être aussi une harpe. Mais le violon est déjà trituré par des tas d’effets spéciaux ; ce qui plonge notre musique au sein d’un univers particulier.

Quel processus d’écriture respectez-vous chez Ozvald ?

Guiseppe : Je me réserve les textes, mais pour certains morceaux j’ai bénéficié du concours du chanteur d’un autre groupe, Frédéric Viseur. Je suis également responsable de la musique. Pour les arrangements j’ai reçu un fameux coup de main de Stéphane. Notamment ceux réservés aux maquettes. Et tout particulièrement pour les parties de batterie. On a aussi testé quelques guitaristes, et finalement j’ai demandé à Steph de s’y coller, car il s’y débrouille plutôt bien.

Question plus classique, puisqu’elle concerne vos influences…

Guiseppe : Elles sont multiples. J’ai écouté Jimmy Hendrix à l’âge de 5 ans. Il m'a marqué. Tout comme ces artistes majeurs issu des 70’s. Led Zeppelin, notamment, que mon frère aîné m’a permis de découvrir. Et puis toute cette vague progressive, dont le King Crimson de Robert Fripp. Que je considère comme un grand maître. Chaque fois qu’il s’est produit en Belgique, j’étais présent. C'est ma référence incontournable ! Malgré mes goûts éclectiques, je considère Hendrix, Fripp et Metheny comme des maîtres. Ce sont les trois références qui ont forgé mon style. Mais aujourd’hui je me suis ouvert à d’autres courants, dont l’opéra. Il y a toujours moyen de tirer parti d’autres genres.
Stéphane : Mes goûts sont assez variés, également. J’apprécie le rock, le funk, la prog et le jazz fusion. J'ai participé à l'ancien projet de Guiseppe.
Maxime : Je suis aussi très ouvert. Même au classique, au rap et au rock. Et puis comme batteur, j’ai un faible pour Muse et Red Hot Chili Peppers.
Hélène : À trois ans, j’écoutais Mozart. De la musique classique. A cause de la culture inculquée par mes parents. Et tout particulièrement ‘La Flûte Enchantée’. En double cassette. Mon violon est devenu, au fil du temps, le socle de mes influences. Puis j’ai écouté les Beatles, Michael Jackson et surtout Björk et Sting. Des artistes incontournables. Mais je ne considère pas ces artistes comme influences majeures. Simplement, ils m’ont apporté une ouverture d’esprit. Je signale quand même que je ne suis qu’une remplaçante…

La qualité du son, c’est une priorité pour vous ?

Stéphane : C’est le relais nécessaire entre notre musique et l’auditoire. Il est indispensable que l’ingé-son soit au diapason, sinon on est grillés.
Guiseppe : C'est également une marque de respect vis-à-vis du public. Il est important qu’on puisse reproduire en ‘live’, ce qu’on a démontré sur disque.

Quel est le dernier concert auquel vous avez assisté ?

Stéphane : Celui de Ben Harper au Cirque Royal, il y a un mois. Sans quoi, c’est la prestation de Fink qui m’a le plus fait flasher. La grande classe !
Guiseppe : Je dispose de moins de temps qu’auparavant, pour aller applaudir d’autres groupes ou artistes. Le peu qu’il me reste, je le consacre à mon projet. J’ai quand même eu l’occasion d’assister à un set de Balthazar. Il y a une certaine violence dans leur démarche. Elle est totalement différente de la nôtre. Je ne connaissais absolument pas ce band ; mais j’ai vraiment apprécié leur show.

Question bateau, quels ont les disques qui vous ont le plus marqués ?

Stéphane : Celui de Fink. Il existe un feeling authentique dans sa musique. Il est autodidacte et se sert d’une guitare dont les cordes sont en nylon. J'aime bien sa démarche. Il parvient à communiquer une grande profondeur à ses compos, alors que sa musique est rudimentaire. Mais d’une grande pureté…
Guiseppe : Perso, j’estime le que le meilleur album paru au cours de ces 20 dernières années, c’est le « Grace » de Jeff Buckley. Il n’est plus de ce monde, mais il a influencé un tas de monde…





 
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