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La métaphore de la métaphore

Écrit par Grégory Escouflaire - vendredi, 31 décembre 2004
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Pinback
31-12-2004
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Pas bavard, le Rob Crow… Après une nuit mouvementée à écumer les bars louches de Bruxelles, il est devant nous, les yeux mi-clos et la barbe de trois jours. On est venu lui parler de ce nouvel album, " Summer In Abaddon "… De quoi, de qui, comment ? Sous ses airs d'ours mal léché, Rob Crow semble être un grand sentimental. Sympathique, même… Quoique si on avait su, on lui aurait sorti notre questionnaire Star Wars (paraît qu'il est fan). La prochaine fois. D'ici là, plongeon du côté obscur de Pinback. Et obscur, ça rime avec biture. Donc acte !

Je crois qu'il est important que les gens soient informés. Ainsi, personne ne reste dans l'ignorance, et on évite les malentendus. Et les bagarres.

Que peux-tu donc nous dire sur ce troisième album ? Fût-il difficile à réaliser ?

Ouais, parce que Zach et moi, on a des avis complètement divergents sur la manière dont on veut jouer, et on n'a pas les mêmes goûts musicaux.

C'est le conflit qui vous inspire ?

Il est clair, nous avons toujours fonctionné de la sorte. Et c'est pour ça que c'est chouette… Parce qu'on ne s'attend jamais à tel ou tel résultat, c'est tout à fait aléatoire, du genre : " Wow, c'est bizarre ! ". C'est cool, j'aime bien ! (rires)

Et à part la composition de cet album, qu'avez-vous fait ces deux dernières années ?

On a tourné un peu partout, travaillé sur d'autres projets, et je me suis marié.

Il paraît que tu envisages une collaboration avec Chino Moreno des Deftones… Sans blague ? ! ?

Ouais, c'est vrai ! J'étais à Sacramento il y a quelques semaines, je bossais sur un truc en compagnie de ce type qui joue de la batterie dans Hella, un de mes groupes préférés avec Lightning Bolt. Chino Moreno était dans le coin et il m'a proposé de chanter sur un de ces nouveaux projets ; et j'ai accepté… Il s'appelle Team Sleep. Mais j'ignore s'ils vont conserver ce que j'ai fait ! (il se marre) D'ailleurs je n'ai jamais écouté les Deftones.

Parlons de ce nouvel album, " Summer In Abaddon "… C'est beau, c'est limpide.

Livide ?

Non : Limpide !

Ah, merci !

C'est aussi votre album le plus mélancolique.

Merci beaucoup. On aime bien être mélancoliques. C'est ainsi qu'on se sent, en général.

Vous êtes plutôt dépressifs ?

Je suis tout le temps déprimé, mon vieux… Mais je parle pour moi, là : je ne sais pas pour Zach… D'ailleurs je ne sais même pas où il est et ce qu'il fait en ce moment ! (rires) J'espère qu'il va bien en tout cas.

Avez-vous composé tous les morceaux de cet album en duo, comme d'habitude ?

C'est à chaque fois différent : l'un d'entre nous apporte une idée, l'autre aussi ou bien improvise dessus… Mais l'écriture, ce n'est rien que nous deux. En live on a un groupe, mais Pinback c'est Zach et moi.

Est-ce important pour vous de travailler ainsi ?

C'est clair, parce que s'il y avait d'autres personnes, ils finiraient sans doute par se suicider ! (il se bidonne, semble-t-il mal remis de sa cuite de la veille)

Est-ce le signe que vous n'aimez pas vous ouvrir à l'influence d'une tierce personne, d'autres musiciens ?

C'est déjà assez difficile rien qu'à nous deux, parce qu'on n'arrête pas de se prendre la tête. On n'a besoin de personne d'autre ! Depuis le début on s'est toujours dit que cette formule fonctionnerait mieux ainsi : à deux, on se débrouille plutôt bien, on sait tout faire… A part le mastering, pour lequel on est vraiment des manches ! (rires)

Où trouvez-vous l'inspiration pour vos textes ? Parce que votre écriture s'avère très impressionniste… et parfois hermétique.

Chaque phrase peut être interprétée sous différents angles, mais mises bout à bout elles prennent tout leur sens… C'est vrai que d'un premier abord c'est un peu abscons, mais si tu les assembles, elles forment un tout… C'est difficile à expliquer. Chaque phrase est une métaphore d'une métaphore et ainsi de suite… Tu piges ?

Exemple. Quand tu chantes : " It's too late/I see no sign of fortress ", c'est quoi la métaphore de la métaphore ?

C'est une phrase de Zach, donc je ne peux pas vraiment te répondre… Mais sache que c'est sans doute une des phrases les moins abstraites de l'album ! Elle évoque simplement un sentiment de frustration : parfois c'est dur de se sentir à l'aise, quand t'as pas dormi (NDR : tu l'as dit…), que t'es à la masse, quand t'es loin de chez toi… C'est ça, l'idée.

Ressens-tu souvent ce sentiment ?

Ouais, en ce moment ! (rires)

C'est quoi le problème ? ! ?

Ca n'a rien à voir avec toi, rassure-toi ! Le fait de parler à des gens, justement, ça me réconforte… C'est juste que je suis loin de chez moi, et que j'ai peur que mon avion crashe au retour ! (rires) Ce n'est pas toujours gai de se barrer de chez soi si souvent. T'as juste envie, parfois, de dormir dans ton lit, et pas dans des hôtels…

En formant Pinback, tu pouvais pourtant t'y attendre…

Je l'ai toujours espéré, mais j'ai toujours cru que personne n'en avait rien à caler de ma musique ! Je ne pensais pas qu'un jour on s'intéresserait tellement à moi ! (rires)

N'es-tu pas heureux que des gens apprécient ce que tu fais ?

Evidemment, c'est énorme ! C'est vraiment super. Sauf que ma femme me manque.

Alors l'amour t'inspire pour écrire des chansons ?

Non ! (rires) Je n'en ai pas besoin pour me sentir inspiré… L'amour est un sentiment que j'arrive à exprimer sans effort : c'est pourquoi je n'éprouve pas le besoin d'en parler via ma musique.

Par contre vous faites souvent référence à des villes dans les titres de vos chansons… Pourquoi donc ?

Quand on a commencé la composition on sauvait toutes nos idées sur ordinateur, et comme il fallait nommer chaque fichier, Zach s'est amusé à pointer des noms de ville sur une carte d'Europe accrochée au mur… " Pourquoi pas Tripoli ? ", " Vendu ! " : voilà toute l'histoire.

C'est très décevant…

Merci ! (il se marre)

Et les photos des pochettes, alors ? Les éléments naturels semblent vous intéresser.

Exact ! C'est une manière pour nous de rendre l'écoute de Pinback aussi pure que possible.

Mais encore ?

Le naturalisme. C'est difficile à expliquer… Je ne sais pas ! (rires)

" Abaddon ", c'est quoi ? Un endroit, une ville ?

Juste un état d'esprit. Rien chez Pinback n'est à prendre au sens littéral…

Alors que signifie la référence de la métaphore de la référence à " Abaddon " ?

Plein de choses ! Une expérience cathartique. Un job d'été. Une balade en ULM. Jouer de la batterie dans un groupe de reprises de Venom…

Pour toi la musique est cathartique ?

Clairement… Si elle ne l'était pas je n'en ferai pas !

Péterais-tu un câble si tu ne jouais pas de musique ?

Bien sûr. Je ne saurais pas quoi faire de moi…

Une petite balle, entre les deux yeux ?

Non ! (rires) Mais je préfère jouer de la musique que faire quoi que ce soit d'autre, c'est clair !

Est-ce la seule chose qui compte, pour toi ?

Ouais… Sauf d'être avec ma femme, évidemment !

 





 
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