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Electronica pour rire

Écrit par Dider Stiers - vendredi, 30 juillet 1999
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Plaid
31-07-1999

Pour enregistrer "Rest Proof Clockwork", le duo britannique explique avoir concocté une sorte de ‘funky music pour gamins’. Electronique, chaud, accessible, traditionnel dans un certain sens et non dépourvu d'humour, ce disque a même failli emprunter une orientation plus clubby. Ed Handley et Andy Turner sont étonnés que ce phénomène ne se soit pas produit. C'est qu'ils adorent les surprises dans le travail!

Ce nouvel album porte-t-il la griffe ‘Warp’, d'après toi?

Ed Handley : je n'irais pas jusqu'à le prétendre. Nous aimons certains artistes qui ont signé sur Warp et nous nous tenons au courant de leurs travaux. Certains nous ressemblent peut-être un peu plus que d'autres ; mais en général, chaque signature sur Warp a son identité propre. Dès lors, ce disque n'est pas identifiable immédiatement comme un album Warp ; je ne crois pas.

Votre griffe, c'est quoi alors? L'expérimentation?

Hum, pas vraiment. Je crois que ce domaine est plutôt exploré par des gens comme Autechre ou Squarepusher. Nous sommes plus traditionnels dans pas mal de domaines. Par exemple, nous utilisons de bons vieux synthés pour développer des harmonies et des mélodies.

Vous êtes plutôt des compositeurs?

Oui, même si ce terme peut véhiculer un sens un peu pompeux, nous sommes des compositeurs. En fait, nous ne sommes pas de super instrumentistes. Sur cet album, nous avons d'ailleurs travaillé en compagnie de vocalistes, d’un guitariste, un bassiste, un percussionniste et des dj's. Nous sommes aussi déjà occupés de bosser sur de nouveaux morceaux avec un type qui fait du rap et de la poésie. Il sera probablement sur le prochain album. Mais c'est normal : puisque nous faisons pratiquement tout nous-mêmes, nous ne manions pas un instrument mieux qu'un autre.

Premières fois

La première fois qu'Ed et toi vous vous êtes croisés...

Andy Turner : c'était à l'école, dans l'est de l'Angleterre. Quand nous étions ados, nous écoutions les premiers disques de hip hop. C'est aussi sur la scène hip hop que nous effectué nos premiers pas. C'est ainsi que j'ai vraiment connu Ed. De là, nous nous sommes intéressés à une certaine soul, au funk et au jazz. C'est peut-être la raison pour laquelle aujourd'hui, nous sommes très ouverts à tant de genres différents.

Avant de vous cacher sous Plaid, un pseudo avec lequel vous avez notamment épaulé Björk lors d'une tournée, vous étiez les deux tiers de Black Dog...

Nous avons produit des disques pendant 6 ou 7 ans sous ce nom. Nous avons enregistré 4 albums, réalisé pas mal de remixes et quelques Ep's. Il y a trois ou quatre ans, nous nous sommes séparés de Ken Downie qui a continué sous ce nom et a même sorti un album, je crois, intitulé "Music For Adverts And Short Films". Nous ne partagions plus la même conception de l'évolution musicale du projet. Au départ, Ed et moi voulions que le patronyme disparaisse aussi ; mais après mûre réflexion, nous ne nous sommes plus opposés à la poursuite de l’aventure Black Dog, menée par Ken…

Vous expliquez ne pas collectionner les disques ; d'où vous viennent vos influences dans ce cas ou du moins votre inspiration?

C'est vrai, comme nous ne faisons plus des masses de ‘dj'ing,’ nous n'achetons pas des tonnes de disques. Notre inspiration vient dès lors des situations que nous vivons dans la vie de tous les jours. Manifestement, notre musique est plus issue d'émotions que d'autres styles de musique que nous aurions voulu adapter à notre sauce. Bien sûr, ces influences sont présentes, mais nous ne sommes des émules de personne.

Comment en êtes-vous arrivés à ce ‘funk pour gamins’?

A l'origine, nous pratiquions la musique comme hobby. J'étais dj et Ed écrivait déjà un peu, à partir de beats hip hop. Quand nous avons commencé ensemble, nous nous intéressions à pas mal de styles, sur la scène britannique et sur celle de Detroit. Mais la musique électronique nous semblait manquer cruellement de mélodies. Tout était fort basé sur les éléments rythmiques. L'acid, les raves... C’est ce qui nous a poussé à opter pour cette direction…

Vous travaillez toujours en duo?

Nous travaillons souvent séparément, en fait. J'imagine que c'est le cas pour nombre de formations électroniques. Notre studio commun est articulé autour d'un gros ordinateur ; dès lors, on ne peut pas vraiment y travailler à deux en même temps. Certains titres sont le fruit de collaborations, d'autres sont le résultat d'idées développées séparément. Chacun dispose de son matériel, ce qui nous facilite le boulot. Et puis, on peut plus facilement se laisser aller à la fantaisie ; quand on collabore, il y a toujours des compromis à faire...

Et après?

Déjà une idée du prochain album?

Andy Turner : Il devrait comprendre du matériel audio-visuel. Nous travaillons aussi sur des animations et l'idée est de sortir un Dvd par exemple.

Vous n'enregistrerez donc jamais de dance ?

Nous avons vaguement essayé, mais c'est vraiment pas notre truc. Quand nous optons pour une orientation précise, systématiquement, on emprunte la tangente. C'est assez difficile à faire d'une part, et ça mène rarement à la musique la plus originale ensuite.

Vos sets ne sont donc pas particulièrement dansants!

Parfois quand nous jouons live, nos sets plus abstraits provoquent un peu de confusion dans l'esprit des gens. C'est compréhensible, d'autant que nous en avons déjà joués en club. Actuellement, nous sommes très attentifs aux endroits où nous nous produisons, et nous adaptons notre setlist en conséquence.

Vous l'emmèneriez où, votre musique?

Sur un site ensoleillé, genre une île des Caraïbes. Dans un endroit pas trop peuplé... Avec du soleil en tout cas. Nous attendons toujours qu'on nous propose un gig dans un coin comme celui-là. En Jamaïque par exemple ou à la Barbade, mais nous n'avons pas encore eu cette chance...

(Article paru dans le n° 75 du magazine Mofo d’août 99).





 
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