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La passivité est un silence assourdissant

Écrit par Pierre Vangilbergen - mercredi, 22 mars 2017
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Silence is the Enemy
14-03-2017

Actif depuis maintenant sept ans, Silence is the Enemy est parvenu progressivement à se forger une place au sein du paysage belge des musiques dites extrêmes. Mais également à imposer son Fusion Groove Metalcore en mélangeant autant les parcours de ses musiciens que les influences sonores. Après avoir gravi la seconde marche du podium du Loud Program, le quintet bruxellois continue son ascension, poursuivant la marche en soutenant toujours le même dessein : se faire entendre.

« Silence is The Enemy », c’est le titre d’une composition de Papa Roach, mais aussi de Green Day. Vous l’avez choisie comme patronyme. Pourquoi ?

En fait, il date de la naissance du groupe, lors du premier line up, soit vers 2010. A l’époque, l’idée était assez directe : on écrivait des textes qui véhiculaient des messages socialement engagés. Ce côté un peu militant –Voice of the Voiceless– était destiné à inciter les gens à ouvrir les yeux sur des phénomènes de société discutables. Silence Is The Enemy était, pour nous, à la fois accrocheur et évocateur. Ce qui nous a tout de suite bien plu ! Maintenant, au fil du temps, nos thématiques sont devenues plus matures et originales. Notre état d’esprit est moins révolté contre le système. Mais bon, la notoriété du groupe a fait son chemin et le nom est resté. Et donc, non, aucun lien ni avec Papa Roach, ni Green Day !

En octobre 2016, vous avez publié votre premier Ep cinq titres, « The Call ». Apparemment, il y a un concept derrière ce disque…

Après avoir sorti notre maxi single « Ghost », en 2015, on a cherché à développer une identité créative plus forte en créant un univers musical et visuel bien personnel. « The Call », c’est un peu notre ‘call’ : regardez et écoutez maintenant ce vers quoi Silence is the Enemy s’oriente pour la suite. Un peu comme un manifeste, un épisode pilote.

Avez-vous écrit de nouvelles compos ? Et si oui, avez-vous l’intention d’entrer en studio pour les enregistrer ?

On est en plein dedans, en effet! De nouveaux morceaux sont en cours d’écriture. Nous sommes très enthousiastes car on a l’impression d’avoir atteint notre rythme de croisière.

En digérant vos influences ?

L’écriture de « The Call » avait été, quelque peu, un exercice de funambule, où il avait fallu trouver un équilibre entre toutes nos influences. Elles sont nombreuses et, par la force des choses, très hétérogènes. Chaque membre du groupe pourrait donner une réponse différente! Là où l’un citerait Gojira ou Lamb of God, un autre mentionnerait Mastodon et un dernier évoquerait Dark Tranquillity et Soilwork! Maintenant, comme nous avons trouvé la formule qui nous plaît, tout avance beaucoup plus vite.

La base Metalcore de Silence is the Enemy est indéniable. Vous y greffez des touches de Death mélodique, le tout dans une ambiance condensée, voire oppressante. Mais comment décririez-vous votre musique ?

Ce qu’on veut faire ressentir à l’écoute de « The Call », c’est le contraste entre des moments lourds, oppressants, sombres, et des épisodes plus aériens, mystiques et lyriques. La base musicale est effectivement le Metalcore/Death mélodique, dont on apprécie la puissance et la musicalité ; mais on va ensuite puiser dans différents genres pour véhiculer les émotions que nous souhaitons. On a donc intégré, ça et là, des touches de Sludge, de Groove, de Black Metal, de Stoner, de Prog et de Psyché. Afin d’obtenir une musique dynamique et contrastée, des compositions où il se passe quelque chose, où l’auditeur voyage en notre compagnie. En tout cas, de notre côté, on n’a pas envie de se contenter de répondre aux codes du Metalcore. C’est pourquoi on a décidé, dès le départ, de ne se fixer aucune limite en matière d’inspiration lors de l’écriture. Après… c’est très difficile de résumer le tout en quelques mots sans participer à l’inflation des sous-genres dans le Metal ! Si on veut vraiment être précis, on peut affirmer qu’on joue du ‘Fusion Groove Metalcore’.

Silence is the Enemy, c’est aussi la rencontre entre musiciens issus d’horizons différents. Mais qui apporte quoi ?

C’est précisément grâce à cette diversité d’horizons qu’on arrive à puiser nos sources de tous les côtés afin de créer notre propre son. Nous partageons tous une culture Metal. Elle nous réunit. Mais on a également écouté des sous-genres différents dans nos jeunesses respectives. Silence is the Enemy est au carrefour de tous ces parcours. Concrètement, François (chant) amène une touche Punk/Metalcore, André (guitare) un côté Prog/Groove, Thomas (basse) les aspects Stoner et Clément (guitare), la nuance Death mélodique/Black Metal. 

En 2015, vous figuriez parmi les quatre finalistes du Loud Program (NDR : un dispositif d’accompagnement de groupes de la scène rock dur et métal issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles mis en place avec la collaboration du Magasin 4, de l’Entrepôt, de l’Atelier Rock et de l’Alhambra), vous permettant alors de vous produire sur les planches du Botanique et du Festival de Dour. Ce concours vous a-t-il servi de tremplin ?

Oui, c’est en effet vraiment grâce au Loud Program que le groupe a atteint les premiers paliers. Ce qui a débouché sur des contacts avec Court-Circuit, les salles du Botanique et de l’Alhambra. On a aussi rencontré Chris Michez (NDR : chanteur du groupe montois de Hardcore, Do or Die) qui a été notre coach pendant cette période. En très peu de temps, on a accumulé une grosse expérience. La formation a donc réalisé un énorme bond en avant à la fin de l’année 2015. S’en sont suivies des prestations au Durbuy Rock et au Dour Festival en 2016, et on voit maintenant que les événements ne sont pas prêts de s’arrêter!

Au début de cette année, Wolves Scream et Reach The Shore lançaient un concours dont le vainqueur assurera leur première partie à l’Ancienne Belgique. Sur six candidats finaux, vous êtes malheureusement arrivés seconds. Pas trop déçus ?

Un peu déçus, évidemment, vu que ce sera une superbe date ! Et la perspective de partager cette scène avec Wolves Scream et Reach The Shore –des amis, il faut le souligner– était vraiment belle. Mais ce sont les règles du jeu et on arrive juste sur la deuxième marche du podium ; ce qui nous donne juste envie de bosser encore plus! En prenant du recul, cette compétition a été une chouette expérience pour nous : on était ravi de voir tout ce support, toutes ces personnes qui nous ont soutenus tout au long des épreuves. On s’en est certainement sorti grandi. Et puis, le 18 mars prochain, nous serons présents afin d’assister aux prestations de ces deux excellents groupes qui se produiront pour leur double release party. On invite d’ailleurs tout le monde à faire de même. La soirée s’annonce énorme! Quant à nous, ce sera pour la prochaine fois : au rythme où les choses avancent, on finira bien par faire l’Ancienne Belgique, tôt ou tard!

Des concerts sont prévus dans un futur proche ? Et lors des festivals d’été ?

On a repris la route du local de répétition pour rôder notre set live et on démarre les hostilités le 5 mai au Klinker, à Aarschot, en ouverture de Darkest Hour. C’est également une grosse date pour nous. Et là, pour l’instant, on démarche afin de dénicher des contrats à partir de début mai. On se tient en même temps disponible auprès des salles et programmateurs qui voudraient nous booker. On vient d’intégrer le catalogue du Programme Rock de la Fédération Wallonie-Bruxelles ; ce qui devrait nous filer un sérieux coup de boost !

En cette période d’anxiété, de peurs et voire même de paranoïas, tout en se référant au nom du groupe, est-ce que le silence est vraiment un ennemi ? Pour reprendre l’expression connue : le silence des pantoufles est-il plus dangereux que le bruit des bottes ?

Forcément, c’est dans l’air depuis un an. On a d’abord eu les attentats, le radicalisme, l’exclusion, et puis récemment les dérives politiques, la corruption, les scandales à répétition… Ce sont des événements dont il faut parler. Laisser le silence s’installer, c’est abandonner la parole à celles et ceux qui l’ouvrent le plus fort. Et ceux-là ont rarement les avis les plus nuancés... Maintenant, il faut lancer un véritable débat et permettre de vraies discussions avec les gens. Ces phénomènes font peut-être beaucoup de bruit virtuel et excitent tous les Keyboard Warriors de Twitter et Facebook qui s’évertuent à balancer de grands coups de post chocs du style ‘ouvrez les yeux’ ; mais ces déclarations se perdent entre des petites annonces pour guitare et des photos de vacances. C’est le vrai silence, celui de la vraie vie, qui est assourdissant… Après, rompre le silence, ne se limite pas seulement à un idéalisme politique et social. Cette attitude implique un engagement concret dans la vie quotidienne, à titre individuel. Certains vivent dans l’angoisse ou la censure permanente, sont harcelés au travail, malmenés par leur conjoint, victimes d’injustices… et eux aussi auraient besoin de cette prise de parole, besoin d’être entendus. Là aussi le silence est clairement l’ennemi…





 
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