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Make up your own fuckin' mind!

Écrit par Bernard Roisin - mardi, 30 mars 1999
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The Black Crowes
31-03-1999

Les Black Crowes ont sorti le meilleur de leurs albums de nostalgie seventies dont ils se défendent être les représentants : "By Your Side". Heureusement, ces jeunes hippies américains qui traînent derrière eux une carrière chahutée vieille de dix ans déjà ont un discours autrement plus convaincant quand il traite des remous puritains qui secouent (hé, hé) leur pays...

Pour l'un de vos albums, "Amorica", vous aviez commis une pochette choquante ornée d'une photo d'un monokini aux couleurs du drapeau américain d'où dépassaient quelques poils pubiens... Quelle est ta réaction face à ce qui s'est passé aux Etats-Unis pour Bill Clinton?

Chris Robinson : Je ne suis pas vraiment surpris que des gens baisent, que le président baise... Je ne suis pas tellement étonné par ce qui se passe non plus. Aux States, c'est le règne de la fausse moralité qui prévaut: les couples dorment dans des lits séparés... Je ne regarde pas les infos. Je ne crois pas au gouvernement américain, je crois aux gens. Les politiciens manipulent pour leur propre bénéfice. Ils sont pires que les rock-stars. Il faut être diablement machiavélique pour devenir président. Tout le monde semble surpris qu'il ait menti: savez-vous combien de gens mentent là-bas à Washington? C'est devenu ‘l'American Way Of Lying’! Aucun politicien ne dit la vérité car elle est trop dangereuse. Quand on ose la dire, il y aura toujours quelqu'un pour ne pas être d'accord. Et cette situation, les politiciens veulent absolument l'éviter parce qu'ils ont besoin du vote de tous. Je n'ai besoin du vote de personne. Pour qu'on ne s'attarde pas sur les sujets importants, les médias et le gouvernement tentent de dévier notre attention vers des histoires de grosses dondons à cigare.

Pourquoi n’en parles-tu pas dans tes chansons?

Chris Robinson : Ce consumérisme, cette rapacité est un mensonge pour moi, et je ne veux ne rien avoir à faire avec lui. C'est pourquoi je ne m'intéresse pas aux nouvelles.

Mais en tant que personne médiatisée, tu pourrais avertir ton public de...

Chris Robinson : Pourquoi? Je parle de ma politique en matière de relations humaines et d'émotions. Si je commence à dire aux gens ce que j'en pense et ce qu'ils doivent faire, je deviens alors moi-même un politicien. ‘Make up your own fuckin' mind’! Je dis ce que je pense, mais je ne pense pas que ce soit forcément bien pour tout le monde... Chacun doit avoir son propre jugement.

Tous les soucis rencontrés par le groupe vont finalement donner un certain sens de la sérénité?

Chris Robinson : Oui. Comme le reste. Au plus longtemps on reste sur cette planète, au plus de merde on doit traiter... Moi, je peux écrire des chansons à ce propos, mais des chansons qui peuvent signifier quelque chose à quelqu'un dans une situation similaire. Et nous passons tous par là des périodes différentes ou identiques de la vie. C'est ce qu'on appelle apprendre, la sagesse en quelque sorte.

Croyez-vous que l'accomplissement total d'un album, peut se faire uniquement dans la douleur et l'effort?

Steve Gorman : Pas nécessairement. Travailler dur peut aider mais ce n'est pas nécessaire. On se sent bien mais après être passés par la douleur, la confusion et l'angoisse. C'est la vie.

Chris Robinson : Les seules personnes qui sont constamment heureuses sont les chrétiens ou les gens qui se sont fait lobotomiser. Le reste du temps, c'est... je fais face!

Croyez-vous que la nostalgie des seventies vous a aidés dans votre carrière?

Steve Gorman : Non, parce que s'il existe une nostalgie pour les années 70, j'imagine qu'elle va rapidement céder sa place à une autre pour les années 80.

Chris Robinson : C'est ce qui se passe...

Steve Gorman : Si les gens qui écoutent nos albums se rappellent leur jeunesse, c'est leur perception de notre musique.

Chris Robinson : Notre musique n'a rien à voir avec les seventies. On a beau porter les cheveux longs et des boucles de ceinture imposantes... Les gens du heavy metal avaient les cheveux longs lorsque nous avons débarqué. Et je déteste le heavy metal.

Que pensez-vous de tous ces vieux groupes qui se reforment?

Steve Gorman : Ca dépend. Si on se réunit pour le chèque, les gens le voient. C'est leur choix, leur formation et leurs chansons. C'est mieux qu'un autre groupe les imitant pour chanter la même chose. L'âge n'est pas un problème dans le rock si tu as conscience de l'âge que tu as et que tu n'entres pas en compétition avec toi-même. Avec toi à 21 ans ou avec quelqu'un qui a cet âge alors que tu en as déjà 10 de plus. Mick Jagger aurait dû grandir il y a bien longtemps je crois. Il pourrait, en tant que plus grand frontman du monde, être un peu plus sincère, je pense.

Voyez-vous des liens entre vous, les Stones, Aerosmith et Ten Years After?

Chris Robinson : Nous nous sentons plus proches de Bob Dylan ou de Neil Young.

Steve Gorman : Ils enregistrent des disques qui leur ressemblent et c'est sans doute la raison pour laquelle ils sont toujours populaires. Ils restent sincères.

Quel bilan tirez-vous de vos dix ans d'existence?

Chris Robinson : Le bilan est... que quelque chose a survécu, ce qui n'est pas rien... Il est bon de savoir que nous avons fait ce que nous avions envie de faire et que nous sommes toujours là. C'est comme quelqu'un qui atteint la maturité, qui se retourne et voit dix ans dans le rétroviseur en se disant qu'il peut réellement jouir du moment présent parce qu'il sait que c'est ici et maintenant. Et qu'il espère survivre à d'autres épreuves et connaître d'autres joies.

 

Interview parue dans le magazine Mofo n° 71 de mars 99.





 
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