Les Nuits Plasma 2017 : la programmation (update 23/10/2017)

L’édition 2017 des Nuits Plasma se déroulera ...Lire la suite...

Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites ...Lire la suite...

La thérapie du Folk Implosion...

Écrit par Bernard Dagnies - jeudi, 01 mai 2003
Image
The Folk Implosion
01-05-2003
{jumi [includes/jumies/fp_intro.php]}

Au cours des trois dernières années, Lou Barlow a vécu des moments difficiles. Sebadoh provisoirement au frigo, il comptait beaucoup sur son Folk Implosion pour revenir dans le parcours. Mais son opus éponyme, paru en 1999, a été mal reçu par la critique. En outre, son fidèle bassiste John Davies, avec lequel il avait fondé Folk Implosion et en compagnie duquel il partageait l'écriture, a pris du recul par rapport au monde de la musique. Dans ces conditions, pas difficile de comprendre que Lou n'avait plus le moral et se soit tapé une déprime. Heureusement, le troisième opus de Folk Implosion figure déjà parmi les musts de l'année. Intitulé " The New Folk Implosion " il devrait lui permettre de voir le bout du tunnel. Enfin, c'est tout le mal qu'on lui souhaite.

En empruntant Imaad Wasif chez Alaska, Lou semble avoir fait le bon choix. Après 10 jours de répétition, le trio est parti en tournée avec les Melvins. La mayonnaise a pris instantanément. Chaque concert est devenu un exutoire pour Loobie. Et lorsque le groupe est rentré de ce premier périple, il a décidé de poursuivre l'aventure et s'est mis à écrire de nouvelles chansons. Le New Folk Implosion était donc né. Lou s'épanche : " Le thème de cet elpee reflète ce que j'ai vécu au cours de cette période difficile. De cette obligation à me surpasser pour en sortir. Du besoin de trouver une main tendue. Les lyrics des chansons traduisent cet état d'âme et les questions qui taraudent mon for intérieur. Comment comprendre, appréhender le changement ? Et chaque fois que je joue une de ces chansons 'live', c'est un pas de plus vers la guérison. J'avais un besoin vital de me remettre à écrire, à jouer. J'ai enregistré cet album en sachant que nous partirions en tournée. Cet objectif m'a aidé à en sortir. Mais aussi les véritables amis, en qui j'avais confiance… "  

Folk Implosion semble à nouveau remis sur rails. Mais que devient Sebadoh ? L'aventure est-elle provisoirement ou définitivement terminée ? A-t-il l'intention de la reprendre un jour ? Loobie demeure fort évasif sur le sujet : " Je ne sais pas. J'y pense beaucoup ; mais j'ignore où et quand. Pas pour l'instant en tout cas ; mais peut-être lorsque je jugerai le moment opportun… " Dans le passé, chacun des groupes ou projets montés par Barlow véhiculait sa propre identité. Sentridoh canalisait ses expérimentations lo-fi, réalisées sur son quatre pistes, chez lui. Sebadoh correspondait davantage à la face folk et rock de son répertoire, alors que fruit d'un énorme travail studio, Folk Implosion reflétait surtout sa face pop/rock la plus avant-gardiste, n'hésitant pas à intégrer la technologie la plus moderne. Depuis la sortie de 'The New Folk Implosion', on a l'impression que les différences ne sont plus aussi nettes. Il rétorque : " Je ne suis pas tout à fait d'accord. Folk Implosion épouse une forme plus pop, alors que Sebadoh privilégiait la face la plus expérimentale. En fait, elles changent constamment. Je ne souhaite pas m'imposer des règles. Plus je vieillis, plus je pense que l'esprit expérimental implique une approche intello. L'expérimentation devrait être naturelle, sans qu'un processus ne soit préétabli, ni qu'elle soit le fruit d'une décision consciente. J'aime les jolies chansons basiques. J'aime les sonorités qui flattent l'oreille. Et j'aime assister à la combinaison de tous ces éléments…"  

Deadsy, formation de nu métal, au sein de laquelle on retrouve le fils de Cher, Elijah Blue, a repris dernièrement une chanson de Lou : 'Brand new love'. Il apprécie la démarche. " Superchunk avait été le premier à reprendre une de mes chansons. Il y a également James McNew de Yo La Tengo, Teenage Fan Club… Mais celle que je préfère est celle de Deadsy. Ils ont réalisé un travail remarquable. J'ai été très honoré par cette cover… " Et si cet exercice de style est un flop ? " Il reste un compliment. Je n'ai jamais interdit quiconque de le tenter. Ce qui compte, à mes yeux, c'est d'avoir pris le risque. Et si elle n'est pas trop réussie, ce n'est pas de leur faute, mais de la mienne. Non, ce type de démarche est un compliment… " Imaad Wasif préposé à la guitare, Lou a repris le rôle de bassiste qu'il assumait à ses débuts, au sein de Dinosaur Jr. Pas facile de jouer de la basse et de chanter en même temps. Ce n'est pas le premier musicien qui est confronté à cette difficulté. Et qui l'avoue. Mais il aime le challenge : " Se concentrer sur le rythme me semble facile. Mais conjuguer rythme et mélodie est une autre paire de manches. C'est une technique que je suis toujours occupé d'apprendre. J'essaie de développer un style qui me soit propre. J'aime les instruments à 4 cordes. J'ai d'abord appris à jouer de la guitare, puis de l’ukulélé. C'est un instrument qui ne compte que 4 cordes. J'y suis très à l'aise. Six, c'est trop pour moi. En outre, dans le style que je pratique, c'est amplement suffisant. Mais chanter et jouer de la basse en même temps est une lutte de tous les instants. J'aime les choses difficiles. Elles m'attirent. Plus c'est difficile, plus j'ai envie de m'y frotter ; même si je n'obtiens pas toujours les résultats escomptés. La difficulté est un challenge, pour moi…" 

Deux producteurs (Aaron Espinoza et Micky Pretalia) ont participé aux sessions d'enregistrement de l'elpee. Etonnant de sa part, lorsqu'on sait qu'il a déclaré récemment ne pas trop aimer les disques surproduits. " Tu sais c'est un peu un service que je leur rends. Ce sont des amis ; et il faut bien leur procurer du boulot. Pour moi, travailler avec un producteur est une formalité. Car dans le fond, je prends toutes les décisions finales. Malheureusement, dans le futur, il ne me sera plus possible de faire appel à eux ; car je ne dispose plus autant d'argent qu'avant. Et puis, je pense que travailler seul constituera un nouveau défi pour moi…"  

Parmi les chansons de son nouvel elpee, j'ai un petit faible pour 'Coral' ; un formidable périple dans le Paisley Underground que n'aurait pas désavoué le Dream Syndicate. Loobie semble surpris. " Ah bon, toi aussi ! C'est curieux. C'est celle que nous aimons le moins ; et toutes les personnes que nous rencontrons pensent comme toi. Nous allons devoir nous mettre à la répéter… Le Paisley Underground du Dream Syndicate ? J'écoutais beaucoup ce groupe quand j'avais 17 ou 18 ans. Mais ta réaction peut se comprendre, car Imaad et Robert sont tous deux californiens. " Ben tiens ! L'occasion était donc belle de lui demander ce qu'il aimait et écoutait lorsqu'il était jeune. Il avoue que sa jeunesse a baigné dans la musique sombre, ténébreuse de Cure, Joy Division, Bithday Party, des Bad Seeds, d'Einsturzende Neubauten et plus curieusement du krautrock (NDR : Can, Faust, je suppose). Et puis, il a découvert Black Sabbath. " A l'instar des groupes nés au cours des 60's et des 70's, je trouvais que leur musique était bourrée de fun. Très marrante, quoi ! " Ah bon ! Et il revient une deuxième sur Black Sabbath, lorsque je lui parle de 'Creature of Salt', que j'imaginais fruit de la rencontre entre Nick Drake et King Crimson. " J'aime bien Nick Drake. Moins King Crimson. Il est composé d'excellents musiciens. Mais leur musique et trop complexe. En fait, au départ, cette chanson était acoustique, et on a décidé, en l'électrifiant, de l'interpréter avec plus de pêche, à la manière de Black Sabbath… " Je comprends aujourd'hui beaucoup mieux pourquoi le trio a accompli cette tournée avec les Melvins. " C'est vrai, les Melvins ont surtout été influencés par Black Sabbath et nous par les Melvins… King Crimson était beaucoup plus monochrome (il mime le son). Black Sabbath mettait davantage l'accent sur les lyrics. C'est vrai que leur musique était sombre. Mais pas pour moi… "

Lou a également joué avec les Four Tenors, l'an dernier. Mais qui sont ces Four Tenors ? " J'ai découvert ce groupe punk lorsque j'étais encore en secondaire. Ce fut un de mes premiers concerts. J'étais alors âgé de 14 ans. A cette époque, je considérais alors Steve Westfield, son leader, comme un héros. Un personnage marrant, charismatique qui me faisait, en quelque sorte, rêver. La formation adore se produire en Europe et ses concerts se terminent souvent dans le chaos. Et puis l'an dernier, on a effectué une tournée d'une semaine et demie, deux semaines, ensemble. Steve, Stevo Matthewson et Sophie Williams avaient tout organisé. C'était fantastique et en même temps incroyable de jouer en leur compagnie… "

Il est faux de croire que Loobie serait inspiré par tout ce qu'il déteste. A cet égard, il tient à remettre cette déclaration dans son contexte. " J'avais lu une interview de Robert Altman qui reconnaissait que ses meilleures influences ils les puisaient dans les films qu'il détestait. Parce qu'après avoir assisté à la projection d'un film qu'il déteste, il en conclut que c'est le genre de film qu'il ne tournera jamais… Je ne joue que ce que j'ai envie de jouer ". Tant qu'on est dans le cinéma, les musiciens de Folk Implosion ont participé au tournage d'un film. Bien qu'ils y jouent le rôle de musiciens, ils sont acteurs ! " C'était une aventure intéressante, même si je n'aime pas interpréter un rôle, réciter du texte. Cela paraît fort complexe. Il y a un monde fou qui tourne autour de vous. Beaucoup d'argent investi. Les acteurs travaillent énormément. Ils exercent un métier bizarre, mais qui nécessite une grande force mentale. Et j'ai été impressionné par l'énergie que ce métier exige. Mais, j'ai apprécié de me retrouver sur un plateau, palper l'atmosphère qui gravite autour, observer tout ce qui se passe au cours d'un tournage. Avoir pu expérimenter une autre forme d'art et rencontrer des gens fut pour moi une aventure enrichissante. Mais devenir acteur, merci beaucoup. Il y a trop de tension… "

Loobie entretient deux sites web. C'est cependant son frère qui lui a tout appris. " J'ai un frangin très intelligent. Un génie de l'informatique. Nous avons travaillé ensemble sur les projets, mais c'est lui qui a réalisé la maquette. Il fait tout pour rendre la vie la plus facile aux artistes. Il avait donc choisi le système le plus simple, le plus direct, à utiliser. Et il m'a enseigné la manière de créer des fichiers, de calibrer les scans, d'uploader, etc., Je n'y dépense pas toute mon énergie, mais pour rester à la page, il fallait que je me familiarise à cet univers. Cependant j'aime assez bien me consacrer à l'entretien de ces sites…"

Merci à Vincent Devos 





 
MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement